Publié par Spleen36 à 13:48:55 dans Fantasmes et rêveries | Commentaires (7) | Permaliens
Le fauteuil grenat semblait posé au milieu de nulle part, comme flottant entre sol et nuages. Une lueur de projecteur timide, diffusée par les bougies qui l'encadraient, occultait le reste du décor de la pièce. Mais y avait-il un autre décor ? Et dans quelle pièce me trouvais-je ? Il ne m'en souvient plus... Ce meuble écarlate, lui, est demeuré en ma mémoire, car il accueillait bienheureux, les formes arrondies d'une partie de votre corps parfait.
Je me tenais dans une obscurité que vous aviez voulue. Vous ne pouviez me voir et pourtant saviez sans erreur l'endroit précis où je m'étais installé. Vos bras reposant sur les accoudoirs, les jambes sagement croisées, vous preniez un malin plaisir à me laisser dans l'incertitude de votre gestuelle. Vos pieds faisaient danser langoureusement les escarpins aux talons vertigineux dont vous les aviez parés. Mon regard ne pouvait cependant s'empêcher de les quitter pour flâner le long de vos jambes rehaussées de soie noire. Le bout de mes doigts semblait déjà connaître la douceur des caresses qu'en promenade ils auraient pu y faire, jusqu'à cette jupe fendue laissant entrevoir le galbe de vos cuisses... Le bout de votre langue parcourait lentement vos lèvres incarnat, comme un rayon de soleil taquine le coquelicot au milieu des blés. Un diamant brillant de mille éclats, comme une offrande posée sur votre gorge, mettait en valeur la naissance de vos seins, dont je pouvais deviner la courbure par l'échancrure de ce chemisier diaphane aux boutons négligemment ouverts. Au rythme de votre respiration, votre poitrine tendait par intermittence le tissu et il m'était permis de deviner vos impudiques auréoles brunes, durcissant de désir et saillant sous l'étoffe ...
Votre regard d'un bleu improbable, bien que ne pouvant me voir, semblait me transpercer. Votre main gauche vint dessiner votre oreille avec la lenteur qui sied au tracé d'un arrondi parfait. Puis elle caressa votre joue, venant se poser sur votre bouche entrouverte pour en parcourir de l'index le rouge tracé. Une phalange s'insinuant dans l'ouverture, vous vîntes lécher ce doigt, l'aspirant comme une gourmandise. Ce lent va et vient sembla faire naître en vous d'autres envies et c'est votre main droite qui rejoignit votre gorge pour s'introduire en frôlement entre les deux pans du boutonnage. Suivant la somptueuse vallée du sillon médian de votre buste, vous finissiez par titiller en agaceries cette partie sensible que je voyais poindre et croître à l'instar de votre désir. Un doux mouvement de vos cuisses fit chanter les bas qui gainaient vos jambes. Vous provoquiez ainsi la multiplication des délicieux picotements qui commençaient à envahir votre sexe pieusement dissimulé sous votre jupe. Votre main droite, comme ne semblant plus y tenir, quitta son merveilleux office, aussitôt remplacée par sa jumelle. Elle entama une descente vers les enfers lubriques et chaleureux qui brûlaient au siège du fauteuil. Lentement, très lentement, au point d'une torture, elle fit remonter le tissu de la jupe tandis que vos cuisses s'ouvraient comme un bouton de fleur laissant entrevoir ses pistils à l'amant butineur. Je pouvais enfin apercevoir votre sexe... Cicatrice d'amour offerte, lisse et doux, dont la corolle, sous l'impulsion de votre tentation s'ouvrait, humide de votre appétence. Comme une phalène aveuglée par la lumière, vos doigts alors papillonnaient autour du point de votre convoitise, décharges électriques transperçant votre peau. Puis, enfin, après de longues minutes, ces doigts apaisant se posèrent aux portes de votre paradis. Je vous observais impudique, dépoitraillée de caresses, jambes écartées, la main comme animée d'une vie propre dans le seul dessein de satisfaire votre appétit de plaisir. J'étais positivement fasciné par cette danse frénétique qui agitait votre bouton d'amour. Tantôt rythmée d'une folle sarabande, tantôt langoureuse et érotique comme un tango. Votre regard jadis si perçant, si troublant, se voilait peu à peu semblant vous conduire vers d'autres horizons où nul autres ne peut avoir de place. Votre souffle s'emballait, et vos lèvres si mutines il y a peu laissaient échapper les soupirs montant de votre gorge. C'est bientôt votre corps tout entier qui ondula sous les magiques caresses que vous vous prodiguiez. La pression ne semblant plus être suffisante pour vous satisfaire, je vis soudain vos doigts se perdre, s'introduire dans votre cachette humide et enflammée. Allant, venant, s'insinuant, s'échappant, se posant, se divisant, connaissant bien mieux que quiconque les lieux qui vous pâment. Il me semblait possible de palper cla tension érotique qui vous environnait et dans laquelle vous vous abîmiez. Puis soudain, dans une folle étreinte, vos cuisses emprisonnèrent cette main délicieuse tandis que les yeux refermés un frisson de plaisir parcourait tout votre être et un cri de bonheur échappait à votre maîtrise...
Assis dans la pénombre en spectateur unique de vos ébats onanismes, je brûlais de désir, le sexe tendu vers cette chair si blanche sur laquelle les lueurs des chandelles venaient de dessiner un savoureux orgasme. Le corps alangui, semblant rassasié de jouissance, vos paupières laissaient de nouveau filtrer les néons bleus éblouissant de votre regard, tandis que je percevais votre offrande: " Pour toi, cadeau ! "
Je n'ai depuis plus jamais regardé de la même manière les fauteuils grenat...
Publié par Spleen36 à 12:09:50 dans Fantasmes et rêveries | Commentaires (6) | Permaliens
C'est toujours un peu tristounet cette grisaille quotidienne du métro. Mais si, tu sais bien, quand tu quittes ton appartement le matin, dans la froide blancheur du givre de l'hiver, après avoir pris un p'tit déj toujours pareil, avoir pris une douche toujours trop chaude ou trop froide et après avoir glissé un bisou à la femme qui partage ta vie (on en reparlera un autre jour...).
Bref, ces matins là ont constamment un goût de déjà vu. On croise des automates, des pantins qui, comme toi, s'en vont au boulot (Hai hi, Hai ho!) le regard dans le vide, la mine triste...
Alors hier matin, jeudi, j'ai pris un peu de liberté avec l'horaire. Moi qui aime bien être au boulot avec 30 minutes voire une heure d'avance (hé oui, quand on aime ça...), je suis parti avec pas mal de retard de chez moi. Pas mal, ça veut dire environ une heure. Donc, le bus, puis le métro...
Installation au terminus, avant que la rame ne s'ébranle et le nez plongé derechef dans le bouquin du moment ("Le sang des farines" Jean-François Parrot). Tatac tapoum tatac tapoum tatac ta poum...
2 stations plus loin, mes yeux glissaient de ma lecture à un pied féminin chaussé d'un escarpin vernis du plus bel effet. C'était un joli pied d'ailleurs. Non, que je sois un fétichiste de la chose, mais j'avoue avoir un faible pour ces femmes chaussées de talons aiguilles qui mettent davantage en valeur un corps et ses courbes gracieuses (j'ai pas dit "grassouillette", faut suivre !). Bref, ce petit peton provoquait une certaine distraction à ma lecture... d'autant qu'en levant les yeux, je m'aperçus (avec un s ou sans... je ne sais plus, va falloir que je révise la grammaire pour venir écrire ici...) que ce pied était attachée à une jambe attachée elle-même au reste d'un corps surmontée d'une tête (Pff la nature est vachement bien faite quand même !). La damoiselle était on ne peut plus jolie. Blondinette à longs cheveux bouclés, un joli ovale cernant un visage attirant mis en valeur par un maquillage discret mais très adapté à lui donner encore plus d'éclat. Outre ses escarpins dont je vous parlais plus haut, elle était vêtue d'un long manteau noir et blanc, ouvert, d'un pull échancré en laine blanche et d'un pantalon noir...
Ouvrant à son tour un livre qu'elle sortait de son sac (Zola), elle plongeait elle aussi dans sa lecture.... tatac tapoum tatac tapoum tatac tapoum
Je dois dire que j'ai eu du mal à conserver mon attention sur ce que je lisais. Mes yeux n'arrêtait pas de glisser insensiblement vers cette charmante liseuse inconnue installée presque en face de moi. Et lorsqu'enfin mon regard venait se poser de nouveau sur les pages couvertes de ce qu'il faut bien appeler des lignes noires pleines de non-sens (ben oui, j'ai du tout relire depuis...), il me semblait que son regard glissait vers moi...
Bon, pas de quoi être fier. Dégaine plutôt moche (là c'est de moi que je parles ami, mais tu l'auras deviné...) Pas rasé depuis 2 jours, un pull informe avec un trois quart usé, ... on fait mieux dans le genre séducteur. C'est certain, j'ai plus d'allure en costume-cravate, mais avec le temps qu'il fait, j'avoue que je préfère m'habiller plus chaud et confortable.
Mais on s'égare...
Revenons à cette jolie inconnue qui commençait à obséder mon regard et à accaparer mes pensées...
C'est à l'arrêt dans je ne sais plus quelle station que nos yeux se sont croisés... et que nos regards se sont bloqués rivés l'un à l'autre. Waoh... il y a longtemps qu'un regard de femme ne m'avait autant serré le coeur. L'impression de mettre les doigts dans la prise... Sentir la chaleur te monter directement de la poitrine aux joues... un coup de boule en pleine poitrine qui te coupe le souffle...
Heureusement qu'elle n'avait pas les yeux bleus: je m'y serais noyé !!! Tellement hébété que je n'aurai même pas pensé à agiter les bras pour tenter de nager un peu.
Je n'avais jamais remarqué combien c'était long une seconde... alors quand il y en a plusieurs les unes derrière les autres... je te raconte pas !!! C'est drôle cette impression que d'un seul coup tout s'arrête autour de toi, que la vaine agitation de tes contemporains n'est qu'un banal accessoire à l'histoire que toi tu es en train de vivre... comme si tu t'étais détaché du monde qui t'entoure et que tu n'en étais plus un des acteurs...
Lequel de nous a détourné les yeux le premier ??? Je ne me rappelle plus...
La demoiselle est descendue à la station "Palais Royal", se dirigeant vers la correspondance avec la ligne 1...
Moi ??? Ben je suis resté dans la rame comme un con ! Appelons un chat un chat. Quand t'as l'air ballot à ne plus savoir quoi faire ou quoi dire face à une aussi charmante jeune femme, y'a pas d'autres mots !
Je sens que je vais décaler mes horaires de travail à partir de la semaine prochaine... La probabilité de la croiser de nouveau est faible, mais... pourquoi pas ?
Et là, il se passera quoi ? Hein ?
Tu peux me le dire copain lecteur ? Ou bien tu me laisses planté comme un abruti dans mes pompes, la bouche ouverte avec un filet de bave qui dégouline aux coins des lèvres...
Je sais, le thème du truc, là haut c'est "Fantasmes et rêveries"... et pourtant je commence par te raconter un truc qui m'est réellement arrivé !!! Et qui, depuis, me fait pas mal rêver... avant de fantasmer.
Commentaires bienvenus, si vous avez des idées... n'hésitez pas.
Et même sans idées, merci d'avoir partagé ces lignes avec moi... C'était un bath cadeau de Noël, vous ne trouvez pas ? (oui, je sais, là je joue l'égoïste et je parle pour moi !)
Joyeux Noël et reviens quand tu veux, la porte est ouverte...
Publié par Spleen36 à 17:02:40 dans Fantasmes et rêveries | Commentaires (0) | Permaliens
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