S'il fallait le faire,
J'arrêterais la Terre,
J'éteindrais la lumière
Que tu restes endormi.
S'il fallait pour te plaire
Lever des vents contraires,
Dans un désert sans vie
Je trouverais la mer...
Et s'il fallait le faire,
J'arrêterais la pluie,
Elle fera demi-tour
Le reste de nos vies.
S'il fallait pour te plaire
T'écouter chaque nuit
Quand tu parles d'amour,
J'en parlerais aussi...
Que tu regardes encore
Dans le fond de mes yeux,
Que tu y vois encore
Le plus grand des grands feux.
Et que ta main se colle
Sur ma peau, où elle veut.
Un jour si tu t'envoles
Je suivrais, si je peux...
Et s'il fallait le faire,
Je repousserais l'hiver
A grands coups de printemps
Et de longs matins clairs.
S'il fallait pour te plaire
J'arrêterais le temps,
Que tous tes mots d'hier
Restent à moi maintenant.
Que je regarde encore
Dans le bleu de tes yeux,
Que tes deux mains encore
Se perdent dans mes cheveux,
Je ferai tout plus grand,
Et si c'est trop ou peu,
J'aurais tort tout le temps
Si c'est ça que tu veux...
Je veux bien tout donner
Si seul'ment tu y crois,
Mon cœur veut bien saigner
Si seul'ment tu le vois,
Jusqu'à n'être plus rien
Que l'ombre de tes nuits,
Jusqu'à n'être plus rien
Qu'une ombre qui te suit.
Et s'il fallait le faire...
Publié par Spleen36 à 21:39:32 dans Charivari quarantenaire | Commentaires (2) | Permaliens
Ayant avec lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer, sans être inconvenant,
Tendre corps féminin ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.
C'eût été mon ultime chant, mon chant du cygne
Mon dernier billet doux, mon message d'adieu
Or malheureusement les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable, à l'odieux.
C'est la grande pitié de la langue française,
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cet incomparable instrument de bonheur.
Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminin, c'est fort malencontreux
Que ta fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.
Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus, familier, coutumier
Il est inexplicable, il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier
Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota du même terme, en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.
Misogyne à coup sûr, asexué sans doute
Au charmes de Vénus absolument rétif
Etait ce bougre qui, toute honte bue toute
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.
La malepeste soit de cette homonymie
C'est injuste Madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.
Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne, effaçant d'un coup des siècles d'avanie,
A cette vraie merveille un joli nom chrétien
En attendant Madame il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autre moyen et que je les connais
Et que je les connais.
N'y voir aucune vantardise de ma part... :-)
Chanson de Georges Brassens
Publié par Spleen36 à 18:26:41 dans Charivari quarantenaire | Commentaires (1) | Permaliens
Tes lettres en courbes sensuelles
S'assemblant en courriers à la chaleur palpable
Décrivant l'univers d'un amour virtuel,
Détaillant à loisir nos ébats improbables.
Tes mots exigeant de passions
Fort justement choisis, rasoirs de précision,
Me font bouillir le sang et l'imagination
Enflammant mon désir, attisant l'émotion.
Ton corps se fait clavier
Où se posent mes doigts
Courant de légèreté
Pour faire naître l'émoi.
Je caresse les touches
Comme le grain de ta peau,
J'en ai l'eau à la bouche
J'en ai comme le cœur gros.
J'espère t'emporter
Dans les mêmes voyages
Que tu as suscités
Au fil de tes messages.
Etreintes imaginaires
En force décuplée
Vers le ciel est ouvert
L'écran de mes pensées.
Publié par Spleen36 à 13:49:56 dans Charivari quarantenaire | Commentaires (4) | Permaliens
Le piège de nos vies voulant se calculer
A mordu dans mon âme, y laissant son empreinte
Et je laisse avec peine les heures s'écouler
J'ai perdu mon latin, à tes humeurs feintes.
J'ai soustrais les dentelles, sur ton corps exposées
Pour y glisser ma bouche et la multiplier.
Coefficient « baisers », sans aucune retenue,
Je voulais pour tableau, la soie de ta peau nue.
Sur ta géométrie, j'ai posé les mesures
De mes doigts étourdis de sensuelles courbures
Les globes de tes seins, l'arrondi de tes hanches,
Tes jambes en compas qui m'accueillent et m'épanchent.
Si chaque millimètre parcouru sur ton corps
Dissimulait peut être l'envers du décor,
L'algèbre des soupirs que nous avons mêlés
M'a semblé si limpide qu'il m'a illusionné.
Puis les démonstrations magistrales et claires
Muèrent en équations, en problèmes austères.
Il semblait chaque jour plus dur de déchiffrer
Les sens mathématiques des voies de tes pensées.
J'ai du bout de mes doigts dessiné les abscisses
Où j'ai posé mes maux sagement ordonnés
Combien d'hivers encore faut-il que je subisse
Pour sentir à nouveau nos cœurs s'addictionner ?
Publié par Spleen36 à 19:50:34 dans Charivari quarantenaire | Commentaires (4) | Permaliens
Mes jours s'embrument en des brouillards épais
Aux saveurs d'amertume, aux parfums de regrets
Pesants comme des enclumes, au temps de mon passé
Je vois que se rallument des souvenirs défaits.
A mes actes manqués, à mes décisions prises,
Aux gestes inachevés par défiance des méprises,
Aux paroles oubliées, emportées par la brise,
A celles non prononcées, par peur ou par sottise.
Tant de choix j'ai du faire, pas toujours à raison
Aveugle en la matière, profane en réflexion,
Illusions délétères de n'être qu'un brouillon
Que des regards sévères jugent à l'unisson.
Je n'ai jamais su croire, surtout pas en moi-même,
Muselant mon histoire et craignant l'anathème.
Cette envie de vouloir, ce désir de blasphème ?
Reposés au tiroir de mes colères vaines.
Que serait mon destin, si jamais, d'aventure,
J'avais serré les poings et osé les morsures ?
Si confiant en demain et sans peur des fractures
J'avais sur mon prochain agoni des injures ?
Et si j'avais osé ? Et si j'avais aimé ?
Et si j'avais su prendre, sans jamais rien donner ?
Serais-je aujourd'hui l'homme que tu as aimé,
Comme tu aimes et oublies, sans passion ni regrets ?
Publié par Spleen36 à 19:57:08 dans Charivari quarantenaire | Commentaires (5) | Permaliens
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