Chercher l'insoupçonnable.
Trouver l'improbable.
Tourner et retourner en tous sens les mots, les chiffres, les faits.
J'ai parfois l'impression de m'épuiser en vain, tandis que les fêtards s'épuisent en vin.
Lorsque le sacrifice des heures passées à tenter d'assembler les pièces du puzzle confine à l'inutile.
Lorsque les morceaux ne s'emboîtent pas comme ils devraient.
Lorsque les conjugaisons sont mauvaises.
Lorsque les accords sont « désaccord ».
Quand les mots tôt refusent de démarrer.
Quand les mot tard manifestent en colère.
Quand la valse à trois temps devient la valse à mille temps.
Lorsque les chiffres dansent, sans rien calculer d'autre.
Quand les lettres s'élisent en déba[t]s filés.
La pendule m'aiguille, la montre me remonte.
Pourtant l'obscurité tout entière m'enveloppe sans m'affranchir (de quoi devenir timbré).
Parallèle à ma vie.
Chaque chose à sa place, mais pas dans le bon ordre.
Cette impression bizarre que tout arrive... mais pourtant jamais au moment opportun...
Tout vient à point.... mais qui sait, ma tendre ?
Publié par Spleen36 à 11:20:41 dans Tranches de vie | Commentaires (2) | Permaliens
Il subsistait dans la lumière
Des fragrances de sa peau
Comme un sirop au goût amer
Dont le vide se faisait l'écho.
Le soleil noir se déformait
A la rencontre des persiennes
Ayant abrité nos secrets,
Ayant murmuré nos antiennes.
Les draps conservaient de son corps
La silhouette presque irréelle,
Pour souligner dans le décor
Une présence sensuelle.
Les résonances de ses soupirs
Dansaient des valses hypnotiques
Comme pour venir adoucir
Un renouveau hypothétique.
La serrure barricadée
Me lorgnait, narquoise et cruelle.
Plus jamais Elle ne passerait La porte,
aux lueurs des chandelles.
Ne restera que sur mon cœur
Le dessin de ses lèvres chaudes,
La cicatrice d'un bonheur
Que nous vivions tous deux en fraude.
Publié par Spleen36 à 14:29:03 dans Obsédé textuel | Commentaires (7) | Permaliens
Lassitude,
Lorsque le corps se vêt en parure d'habitudes
Quand l'Amour s'assoupit en une douce quiétude
Mon esprit vagabonde sous d'autres latitudes
Pour vivre à vos côtés d'érotiques interludes...
Alanguie,
Je vous retrouve là, au creux de votre lit.
Je ne suis jamais las de votre corps exquis
Que j'aime à recouvrir de baisers imprécis
Qui partent assouvir vos trésors, vos folies...
Vaporeuses,
Mes lèvres vagabondent sur votre peau laiteuse
Comme parcourant le monde en routes merveilleuses,
Appliquées à la tâche, se voulant consciencieuses,
Vous laissant augurer ma langue, la danseuse...
Libertine,
Vous réclamez sans cesse la touche masculine,
Mettant fin au prélude de ma bouche taquine,
Mais j'aime ces caresses qui vous rendent féline
Comblant mon appétit, gonflant votre poitrine...
Callipyge,
De votre anatomie découvrant les prodiges
Le galbe de vos jambes me donne le vertige,
Votre chute de reins, créée pour la voltige,
Fait de moi envers vous, Madame, un homme lige...
Indocile,
Votre corps réagit à ces émois tactiles,
Le souffle raccourci, les soupirs volubiles,
Le sexe réceptif à mes baisers subtils
De toute réalité vous fait perdre le fil...
Délicat,
Je m'attarde un instant sur la soie de vos bas,
Avant de revenir, appliqué, aux ébats
Au centre de vos cuisses, à la place de choix
Où ma langue se glisse poursuivre les débats...
Haletante,
Vos mains dans mes cheveux se veulent gouvernantes,
Ni assez, ni trop peu, vous êtes négociante,
Sous ma bouche reptile, vous êtes ondoyante,
Entretenant le feu qui brûle à votre ventre...
Démonstrative,
Vous vous laissez happer, délicieuse dérive
Par cette jouissance, ultime, définitive,
Vous avouant vaincu devant mon offensive
Qui vous laisse repue, satisfaite et lascive...
Patienter,
Maîtresse imaginaire, j'aime à te retrouver,
Pour ces moments fébriles d'intense volupté
Te croiserais-je un jour, permets moi d'espérer,
Nous n'aurons de commun que ces instants secrets....
Publié par Spleen36 à 16:30:07 dans Obsédé textuel | Commentaires (2) | Permaliens
Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit: je vous attends
Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend
Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit: je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.
Jacques Brel
http://www.youtube.com/watch?v=M-nyLvIuHDU
Publié par Spleen36 à 19:51:33 dans Tranches de vie | Commentaires (2) | Permaliens
Les vrais amis sont ceux qui voient au-delà des apparences et qui ne vous jugent pas.
Ca, tu le sais bien et tu ne te trompe pas sur les gens.
Mais quand on les appelle au secours, encore faut-il un peu leur expliquer pourquoi...
au lieu de laisser des traces de soi montrant qu'on existe encore et ne plus répondre à personne quel que soit le moyen de communication....
Si seulement t'étais à la porte d'à côté...
Expérience personnelle
Publié par Spleen36 à 08:49:00 dans Tranches de vie | Commentaires (5) | Permaliens
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