Les « donc… », les « heu… », et les « voilà… »
Témoins improvisés de moments délicats,
Respirations subtiles des mots qui s’improvisent
Au fil des émotions que la passion attise.
Balancement de ta voix qui cherche un peu la sienne,
Hésitante et timide, chaste ou épicurienne,
Seule, derrière un micro en position « record »,
A n’avoir préparé que les mots de l’exorde.
La suite du propos, tu l’inventes à l’envi
Au hasard des idées qui naissent et prennent vie
Imaginant déjà, derrière le monologue
L’écho de mes réponses donnant vie au dialogue.
Combien de fois en boucle ai-je écouté ces phrases
Que m’apportent des mails diffusés par Pégase ?
Te rêvant près de moi, devinant ta chaleur,
Respirant ton parfum tout près des haut-parleurs.
Je manque de ton corps et j’espère tes lèvres,
Qui cisèlent tes paroles en dentelle d’orfèvre.
Sur elles poser ma bouche et pouvoir te faire taire
En un baiser profond, sans autre commentaire.
Publié par Spleen36 à 14:16:47 dans Obsédé textuel | Commentaires (3) | Permaliens
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Guillaume Apollinaire
Publié par Spleen36 à 14:00:46 dans Obsédé textuel | Commentaires (2) | Permaliens
Qu’ils aient le parfum de l’enfance,
L’odeur des cahiers mal écrits
Ou la lumière des vacances
Sur des photos sépia jaunies.
Qu’ils aient le goût des fruits sauvages,
Le bruissement de la forêt,
Ou la forme d’un coquillage
Abandonné par les marées.
Qu’ils soient une musique slave,
Cœur d’un moment de nostalgie
Ou bien une coulée de lave
Gorgée d’amour à l’infini.
Qu’ils soient le regard de l’enfant
Qu’on fut dans presque une autre vie
Confus de voir passer le temps
Et augmenter notre myopie.
Qu’ils fassent parfois monter la pluie
Pour brouiller l’éclat de tes yeux
Ou que tes lèvres s’ouvrent et rient
En cascade de sons mélodieux.
Qu’ils s’invitent sans prévenir
Au détour d’un souffle de vent
Ou bien qu’ils aiment entretenir
Leur présence quotidiennement.
Où que soit l’alcôve cachée
Où on aimerait les enfouir
Je sais que les plus beaux souvenirs
Ne meurent jamais.
Publié par Spleen36 à 15:03:53 dans Epistolaire | Commentaires (1) | Permaliens
1|
Depuis le 23-12-2005 :
173981 visiteurs
Depuis le début du mois :
2146 visiteurs
Billets :
191 billets