Quel plaisir de revoir le soleil briller dans le ciel parisien !
On en avait presque oublié qu'on était encore au mois d'août ! ! !
Voilà enfin, un temps propice à faire de la moto.
Enfin je peux rouler sans sentir une petite mare pernicieuse qui se forme sur la selle, juste à l'entrejambe... De quoi te faire croire que tu as déjà des problèmes de prostate et attirer les regards attristés des gens que tu croises et qui pensent invariablement : « Tiens, il a des problèmes d'incontinence... A son âge, si ce n'est pas malheureux ! »
Je te rassures ami lecteur, ma prostate ne se porte finalement pas si mal !
C'est donc le retour des beaux jours, mais aussi, force est de le reconnaître, le retour à la maison du « francilien parisien ».
Il s'agit d'une espèce particulière qui fréquente la région parisienne 11 mois sur douze, effectuant une migration vers le sud une fois par an, soit au mois de juillet, soit au mois d'août.
Pendant cette migration, le « francilien parisien » se déstresse et oublie petit à petit ses conditions de vie habituelle. Lorsqu'il est de retour à la maison, il se comporte donc comme s'il étant encore en migration, oublieux des règles de précaution les plus élémentaires. Surtout, surtout lorsqu'il se trouve dans ou sur un engin motorisé.
Ainsi, les clignotants passent à la trappe, les voies de circulation se révèlent trop petite puisqu'il roule à cheval sur deux d'entre elles et j'en passe. Grosse nouvelle cependant, durant la belle saison, il a goûté aux joies du deux roues motorisé en posant ses fesses sur un scooter de location et s'est donc fait plaisir en se disant qu'il allait en acheter un pour Paris et ainsi réduire la pollution et circuler plus vite.
Alors, pour mieux mettre en application ses méconnaissances, il n'hésite pas à slalomer entre les différen
tes files de voitures, voire entre les voitures elles-mêmes, dans un seul et unique but : se trouver en première place de la file! Peut-être a-t-il le sentiment que, devançant ainsi la horde de boîtes de conserve sur roues, il échappera plus facilement à l'inévitable collision vers laquelle il roule et se rapproche chaque jour ?
Il emprunte donc en toute décontraction la moindre place libre qui lui permettra de progresser de quelques mètres, n'hésitant pas à faire un signe mécontent au conducteur automobiliste qui ne veut pas s'écarter de 5 cm pour qu'il puisse passer ou encore à rabattre délibérément le rétroviseur de l'importun qui l'empêcher d'avancer coûte que coûte. Droite, gauche, toujours en avant, toujours plus vite parce qu'il prend de l'assurance le bougre ! ! !
Les yeux rivés vers la place libre juste devant le feu rouge, la bave aux lèvres, l'esprit fixé sur la conversation téléphonique qu'il est en train d'effectuer, l'appareil coincé dans le casque...
Moi, je m'en fous, je suis en moto...
Cela devrait me rassurer ? Hé bien non !
Parce que quand tu circules dans Paris avec une moto de 400 kg, tu as forcément un peu moins d'agilité que les conducteurs de scooters qui t'arrivent dans tous les azimuts, tel un essaim d'abeilles circulant dans les allées de la ruche. Alors tu passes ton temps à surveiller non seulement les voitures et les camions qui, mais tu en as l'habitude, font un peu n'importe quoi, mais aussi tous ces autres engins à deux roues pour lesquels les voies parisiennes sont un slalom géant qu'il convient de parcourir en faisant le plus petit temps tout en espérant que ce chrono ne sera pas enregistré par les services de la Préfecture de Police. Zen, restons zen...
Heureusement que j'ai la radio sur la moto et que j'aime la musique cool....
Le gouvernement et les pouvoirs publics tirent à boulets rouges sur les motards, mais franchement, quand on voit comment circulent les deux roues parisiens, je crois bien qu'ils ont raison !
A moins que le comportement ne soit fonction de l'engin utilisé, auquel cas, il conviendrait peut être de marquer au fer rouge les conducteurs de scooter, afin que tout le monde s'écarte à leur passage, de peur d'attraper ce syndrome aigu de l'inconscience routière...
Il y a des jours comme ça où je rêve de grands espaces, de solitude routière, d'immensités désertiques...
jusqu'à ce qu'un scoot me déboule par la droite, m'obligeant à monter sur les freins, en espèrant que le sccoter qui est derrière moi arrivera à s'arrêter aussi, vu que je ne peux pas faire un écart car j'ai un autre scoot qui me double par la gauche, au-delà de la ligne continue.... 8-s
J'espère qu'à la prochaine révision mon concessionnaire ne me prêtera pas un scooter... :-(