Dans sa robe diaphane, à la terrasse du café,
Elles noircissait des pages entières de mots tendres entrelacés.
Elle se racontait des histoires de princesses et de chevaliers
Mais en se défendant d'y croire pour ne pas s'y faire piéger.
Elle semblait tellement perdue dans ses pensées,
Le tourbillon du monde passait près d'Elle à la frôler,
Le temps pour Elle semblait s'être arrêté
Seules vivaient les pages de ses cahiers.
En sirotant, gourmande, un café trop sucré,
Son regard se noyait dans son monde secret,
Avant que le stylo ne coure sur le papier
Pour y poser, soigneux, des mots bien alignés.
Ses rêveries solitaires devaient la rassurer
Il n'y avait pas de risque qu'Elle ait le cœur blessé
Pas de coups, pas de bleus, pas d'amours torturées
Un bonheur idéal si loin de la réalité.
Je l'ai regardé faire et je n'ai pas osé
M'approcher de sa table, lui offrir un café,
Lui parler simplement sans intentions cachées
Il me semblait qu'Elle en aurait été fâchée.
Après un point ultime, son stylo s'est posé
Elle a posé sa dîme pour régler son café
Elle a quitté ma vie comme Elle était entrée
Belle, inconnue et... perdue dans ses pensées...