Pour Flo...
A la croisée du virtuel et du réel,
Se cachent des mondes mystérieux et éphémères
Certains y tressent des mots au parfum de dentelle
D'autres y crachent leur venin à la saveur amère.
Les doigts glissent sur le clavier
Hésitant, frénétiques, dispendieux ou timides
Selon qu'ils sont, par le cœur, commandés,
Ou sous la coupe d'une langue perfide.
Le regard se pose sur la lucarne en verre
Pour y chercher souvent un peu de réconfort,
Pour trouver un soleil en plein cœur de l'hiver
Ou pour éluder l'ironie du sort.
On ne se méfie pas du pouvoir des phrases
Que l'on prend sans défiance et pour argent comptant
On n'imagine pas que derrière l'emphase
Se dissimule parfois le fiel de mots tranchants.
A poser trop de murailles en nous
Plus rien ne nous atteint, ni peines, ni tourments
Et si l'on se protège pour mieux parer les coups
On perd la spontanéité des plus beaux sentiments.
L'équilibre est fragile, il danse sur un fil
Qui risque de se rompre si l'on n'y prend pas garde,
Nous faisant tournoyer en une chute inutile
S'enfonçant sans répit dans une ombre blafarde.
Prendre le merveilleux, s'emparer des mots tendres
Oublier les outrages, faire fi des vilenies,
Savoir que des gentils sont là pour vous comprendre
Et laisser les fâcheux crier leurs avanies.