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Charivari quarantenaire

Les états d'âme qu'un quadra...génère

Pour Emma, rose trop vite fanée... | 30 janvier 2006

Là dans ta veine, tu le sais,
Il y a le sommeil qui va descendre
Et puis sous le soleil qui naît
Nous ne pourrons plus nous comprendre,
Je ne peux plus rien te donner
Et tu ne peux plus rien me prendre,
Monsieur Dealer je te connais
J'ai bien envie de te descendre

Petite sœur, poignets fragiles,
Petite voix cassée, absente,
Deux grands yeux fixés sur l'exil
Petite fleur légère, cassante

Dans cette chambre un peu baroque,
Un peu sordide et un peu sale,
Entre les Indes et le Maroc,
Dans ce clair-obscur de vestale
Tu restes là me regardant,
Les mains tremblantes sous la toile,
J'ai vu la Mort à dix-sept ans
Sous cette lumière verticale

Il y avait un goût amer
Dans cette pièce froide et close,
Pas de jetée et pas de mer,
Pas d'aurore tirant vers le rose

Le dealer finira tranquille,
Loin des hôpitaux, ces cliniques,
Protégé par les imbéciles,
Par le système et par les flics
Dans un décor très décadent,
Avec ton fric, avec ta peine,
Avec ta mort, avec ton sang,
Ta solitude, avec tes veines

Petite sœur, poignets fragiles
Petite voix cassée, absente
Deux grands yeux fixés sur l'exil
Ce matin là... dans l'ambulance

Berceuse pour une shootée, Bernard Lavilliers

Publié par Spleen36 à 19:37:03 dans Obsédé textuel | Commentaires (4) |

L'effleure du mâle | 25 janvier 2006

Dans la douce tiédeur de cette étrange alcôve
Dans ce calme nocturne lorsque nos corps se lovent
Dans les traces furtives de baisers enfiévrés
Qui découvrent et suivent votre corps sublimé

Dans des volutes éphémères j'ai esquissé
Des mots d'amour sur votre chair abandonnée
Faisant monter votre désir, vos volontés
De succomber aux plaisirs de volupté

Dans des caresses folles et désorientées
Dans mes doigts qui vous frôlent et vous font chavirer
Un plaisir indicible  prend naissance et vous pâme
Orgasme digital qui vous foudroie Madame

L'effleure du mâle

Publié par Spleen36 à 12:53:14 dans Obsédé textuel | Commentaires (4) |

Le matin où elle a préféré un ailleurs... | 24 janvier 2006

Mon cœur semble tout froid, une page est tournée,
Voici venu pour toi le temps de t'envoler.
Comme une chrysalide que tu vas déchirer
Dans la chaleur timide d'un soleil de mai.

Et encore une fois la plume est en ma main
La page blanche et nue semblant me dire « Viens ».
Les phrases se dessinent dans mon cerveau meurtri
Et dans mon cœur blessé de ta nouvelle vie.

Je voudrai m'empêcher de noircir des feuilles
Mais, quand je pense à toi les mots viennent tout seuls.
Je voudrais tout écrire, mais si je le faisais,
Il n'y aurait sur la terre plus aucune forêt.

Parler de ce satin qui recouvre ta peau,
Qui empêche mes mains de trouver le repos.
Décrire cet azur dans le fond de tes yeux,
Vrai miroir de couleurs parant les jours heureux.

Raconter, en prenant garde de les trahir,
La douceur de tes chants et tes éclats de rire.
Peindre en délicatesse les courbes de ton corps
En folles arabesques, sans nul autre décor.

Formuler en deux mots tes élans de tendresse,
Qui rassurent tes peurs que la vie ne te blesse.
Murmurer tes propos lorsque ton corps exulte,
Lors de jeux érotiques réservés aux adultes.

Relater les multiples de toutes tes expressions
Arpégeant au piano la gamme des émotions.
Faut-il donc que l'amour soit vraiment si cruel ?
Les souffrances qu'il engendre vous paraissent irréelles.

Peut-il, comme le phénix, renaître de ses cendres
Au contact de soie d'une âme sans malice ?
Ou alors plus profond, sans relâche, descendre
Vous faisant boire la lie, tout au fond du calice ?

Y a-t-il une réponse aux questions éternelles ?
Faut-il souffrir autant pour être heureux ensuite ?
Faut-il que le silence berce votre sommeil
Pour mieux entendre enfin le bonheur qui s'ébruite ?

Je ne suis même plus un frisson dans un rêve,
Et même pas un souffle aux portes de tes lèvres.
Je vais ranger ma plume dans le fond de mon âme,
Et perdre dans la brume la lumière de mes flammes,

M'envelopper de froideur, glisser dans les abîmes,
Me protéger le cœur de peur qu'on ne l'abîme.
Il ne me restera que l'impression étrange
D'avoir, sur mes nuages, un jour, croisé un ange,
D'avoir touché du doigt l'étoile d'une âme sœur,
D'avoir de Vénus, fugacement frôlé le cœur.

Ces vers alexandrins que j'ai tissé pour toi
En employant des mots qui ne t'atteignent plus,
Qui te semblent plus beaux, chantés par d'autres voix,
Ecrits par d'autres mains, aux frôlements inconnus,
Je les veux comme jamais rien ne fût plus sincère
Un dernier testament, avant que de me taire.

Publié par Spleen36 à 12:33:47 dans Obsédé textuel | Commentaires (7) |

Premier amour | 23 janvier 2006

On va faire un peu dans la nostalgie aujourd'hui.
Tu sais, le genre « Premier grand amour avec balade main dans la main, baisers avec la langue dedans et caleçon à priapisme intégré ».
Ben moi, mon premier grand amour c'est pas ça ! Mais alors, pas du tout ! ! !

Je te parle pas du tout premier. Non, non, celui-là c'était à la maternelle et je m'étais alors battu avec mon meilleur copain, à grands coups de cartables, pour savoir lequel de nous allait lui demander un baiser à la récré. Je  t'avoue que j'avais perdu (« L'autre » avait été perfidement rejoint par son p'tit frère, grand maître du maniement sournois de hochet en plastique dur). Et puis même si j'avais gagné, ma timidité m'aurait empêché d'aller réclamer l'enjeu de ce pugilat. Je savourais ma revanche quelques temps plus tard quand la coquine aux grands yeux papillonnants fit languir à n'en plus finir le jouteur fourbe, se révélant finalement bien plus intéressée par les bonbecs que ce fils de boulanger pouvait lui procurer que par des papouilles buccales à l'abri des regards indiscrets.

Non, mon premier grand amour, je l'ai rencontré à heu... 12 ans (Vache, ça file...). J'étais alors en 6ème et développais un complexe certain sur mon physique d'échalas vêtu à la mode des marchés de l'époque : pantalon à pattes d'éph, chemises cols « pelle à tarte » et Clark aux pieds. Même pour le gala annuel des clowns de seconde zone t'oserais plus t'habiller pareil aujourd'hui ! Me demandes pas une photo, je les ai toutes brûlées dans un grand feu de joie le jour où, avec ma première paye, j'ai enfin pu aller m'acheter de quoi me vêtir de façon décente : santiags, jean et chemise de cow-boy avec le stetson assorti. Quand j'y repense c'est pas la meilleure chose que j'ai faite non plus...

Bref, c'est donc en 6ème qu'un jour une petite nouvelle s'est pointée dans la classe. Et quand je dis petite, ce n'est pas par hasard, car elle était haute comme trois pommes à genoux. D'ailleurs cela lui valu rapidement le surnom de « Miniature ».
Blonde comme les blés, avec de grands yeux bleus, fine, élégante et un sourire....je te raconte pas... Tu vois le loup de Tex Avery, avec la langue qui se déroule sur la table ? Hé ben tu m'imagines dans la même posture et tu seras encore loin de la vérité.

Son prénom ? Là tu franchement deviens indiscret ! Bon, allez, parce que c'est toi, je te révélerai qu'elle s'appelait S.
Oui, je sais, j'aurai pu dire X, Y ou Z mais non, c'est S. parce que son prénom commençais par S. Ben oui, si son prénom avait commencé par un L. je t'aurai dit L. Mais là comme son prénom commençais par S., je l'appellerai donc S. Ceci dit, peut être que je cherche à t'enduire d'erreur et que son vrai prénom commençait par L. mais ça, va falloir t'accrocher pour le savoir...
Il n'y a guère que S. qui se reconnaîtra.

Bref, à cet âge ingrat où, en plus de mon complexe d'apparence, les boutons d'acné commençaient sérieusement à me faire réfléchir à une belle carrière dans les ordres ou dans la mercerie, je tombais complètement fou amoureux de ce charmant modèle réduit de femme qui venait de s'introduire dans ma misérable existence de cafard rampant (oui, je sais, là j'en rajoute un peu...)

4 ans ! ! ! 4 longues années passées en classe avec S. toujours à portée du regard. On était copain, certes, mais... O tempora O mores (ça doit être ça, non ? Que les latinistes me viennent en aide !), pas de balades, pas de bisous, pas de jeux de mains, de jeux de langue... J'appris à mes dépens ce que voulait dire le mot « platonique » (et pourtant dans « platonique » il y a ... « plat » [A quoi tu pensais, là ?], ça aurait dû m'intriguer). En plus de platonique, il y avait un autre hic, celui de : « sens unique ». Ben voui, parce que elle, elle ne m'as jamais calculé comme autre chose que le mec franchement pas terrible (ça s'est arrangé depuis, merci), très très timide (ça par contre, ça ne va pas mieux), un peu décalé de la réalité et qui passait plus de temps à rêver qu'à vivre.

Alors je me suis mis à écrire des poèmes. Tu sais, des poèmes de quand c'est qu'on est ado, amoureux, un peu révolté contre le monde, amoureux, avec les grandes rêveries solitaires qui vont bien  et puis... amoureux, encore et toujours. Je découvrais les poètes et surtout les chanteurs, parce que je trouve qu'un beau texte gagne souvent à être accompagné d'une douce mélodie. J'admirais (et j'admire encore) Jacques Brel, qui savait comme personne chanter ses amours malheureuses. Et je couchais sur le papier mes rêves, mes délires, mes attentes, mes révoltes, mes envies, mes désirs, mes amours, mes chimères, mes mots, mes maux...
Mes écrits lui étaient destinés. Bien sur, tu t'en doutes ce n'étaient pas des déclarations d'amour franches et directes, non, non, il fallait plutôt lire entre les lignes. Je suggérais, je proposais, j'insinuais, je circonvoluais, je labyrinthais, j'énigmais...
Toujours cette impossibilité pour moi d'exprimer mes tourments et mes sentiments de manière directe. Trop peur des éclats de rire qui savent si bien déchirer les cœurs mal protégés... Je lui remettais donc régulièrement des enveloppes sous des prétextes à la con du genre « Tiens, j'ai écris ça... t'en penses quoi ? ». Puis, plus tard, je confiais au facteur mes missives rimantes, persuadé que ce brave homme était vêtu d'une armure d'une épaisseur respectable apte à me protéger à distance des fameux éclats de rire évoqués plus hauts. Bien à l'abri derrière cette carapace humaine, je remerciais consciencieusement cet employé modèle, ce chevalier en habit bleu et mobylette jaune, en achetant chaque année 3 calendriers à un de ces coreligionnaires.

Après nous être perdus de vue quelques années, j'ai revu S. environ 14 ans plus tard. Je venais de divorcer (on en parlera une autre fois, si tu veux bien, aujourd'hui, ça fait beaucoup) et elle, vivait seule. Là encore, je n'osais rien lui dire de ce qui me brûlait intérieurement lorsque je pensais à elle. Et pourtant, elle me fit la confidence qu'un jour, une de ses amies, lisant mes poèmes, que S. avait affichés sur les murs de sa chambre (quand même), lui avait dit : « Le mec qui a écrit ça, il doit être fou amoureux de toi ! ».
« Ben oui Mamzelle ! ! ! » pensais-je alors en mon for intérieur (qui tient plus de Fort Alamo que de Fort Tifiant), mais cependant, je me contentais de répondre que oui, effectivement, cela avait dû être approchant.... et je laissais glisser mes yeux en dehors des siens... Lâche ! ! !

10 ans de plus au compteur aujourd'hui.
120 mois qu'à eu lieu notre dernière entrevue.
3650 jours que je n'ai plus de nouvelles d'elle. 
87600 heures, au cours desquelles d'autres femmes sont passées dans ma vie, dans mes bras et sur mon cœur en y laissant leurs traces douloureuses...

Et pourtant, la nuit dernière j'ai rêvé d'elle, de S., comme cela m'arrive de temps à autre. Lorsqu'un sommeil apaisé vient me mettre son visage devant les yeux et ses rires dans les oreilles...

S. si un jour tu passes par Blogland, et que tu te reconnais dans ces lignes, fais-moi un signe du clavier.

Je voudrai bien un jour te dire, en te regardant dans les yeux : « Je t'ai aimé... à la folie !»

Dans ma pipe je brûlerai
Mes souvenirs d'enfance,
Mes rêves inachevés,
Mes restes d'espérance
Et je ne garderai
Pour habiller mon âme
Que l'idée d'un rosier
Et un prénom de femme...     
Jacques Brel

Publié par Spleen36 à 08:42:36 dans Charivari quarantenaire | Commentaires (4) |

Dimanche | 20 janvier 2006

J'ai découvert récemment un chanteur dijonnais qui vient de sortir son premier album. Il s'appelle Yves Jamait.

Un genre de jazz manouche à base de guitare et de textes à mi-chemin entre le mal être et la dérision.
Le week end arrive alors je vous fait profiter d'une chanson intitulée "Dimanche"

Le vois-tu venir mon Amour
Ce dimanche avec sa gueule moche
Ce cancrelat qui tourne autour
De ce jour triste comme un son de cloche
Au Temps suspend mes heures de vole
Eprouve mon cœur de patine
Quand la déprime me racole
Que ces maux de passe me chagrinent

Entends-tu la marche funèbre
De cette semaine qui crève
A cette détresse une trêve
Poser ma bouche sur tes lèvres

Caresses-moi, caresses-moi,
J'ai le ventre gonflé de larmes
Ce soir où la vie me rétame
Caresses-moi, caresses-moi,

Caresses-moi, caresses-moi,
Ne laisses pas ce jour vieillir
Sans poser avant qu'il n'expire
Tes mains sur moi, Caresses moi

C'est un dimanche comme tant d'autres
Qui déjà me vide le cœur
Une petite bête noire se vautre
Impunément sur mes humeurs
J'ai la déprime à fleur de peau
Et l'automne dans les entrailles
Pas une bière placebo
Ne peut soigner ce qui m'entaille

Et toujours la marche funèbre
De cette semaine qui crève
A cette détresse une trêve
Poser ma bouche sur tes lèvres

Caresses-moi, caresses-moi,
J'ai le ventre gonflé de larmes
Ce soir où la vie me rétame
Caresses-moi, caresses-moi,

Caresses-moi, caresses-moi,
Ne laisses pas ce jour vieillir
Sans poser avant qu'il n'expire
Tes mains sur moi, caresses-moi

Publié par Spleen36 à 15:11:27 dans Obsédé textuel | Commentaires (3) |

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Passage obligé ?


Prendre en souriant ce que me donne la Vie.

Me repaître avec gourmandise
de ces petits plaisirs quotidiens
et de ses grandes joies ponctuelles.

Côtoyer le pire et en sortir vainqueur.

Tantôt l'œil en éclat de rire,
tantôt l'âme en vague au cœur,
tantôt les mains pleines de plaisir,
tantôt le sourire ailleurs.

Bienvenue dans ce jardin
Bonne lecture

Et merci de modifier le paysage
par vos commentaires.

Et si l'envie vous vient de m'en dire plus :

Spleen36@hotmail.fr

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