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Charivari quarantenaire

Les états d'âme qu'un quadra...génère

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Premier amour | 23 janvier 2006

On va faire un peu dans la nostalgie aujourd'hui.
Tu sais, le genre « Premier grand amour avec balade main dans la main, baisers avec la langue dedans et caleçon à priapisme intégré ».
Ben moi, mon premier grand amour c'est pas ça ! Mais alors, pas du tout ! ! !

Je te parle pas du tout premier. Non, non, celui-là c'était à la maternelle et je m'étais alors battu avec mon meilleur copain, à grands coups de cartables, pour savoir lequel de nous allait lui demander un baiser à la récré. Je  t'avoue que j'avais perdu (« L'autre » avait été perfidement rejoint par son p'tit frère, grand maître du maniement sournois de hochet en plastique dur). Et puis même si j'avais gagné, ma timidité m'aurait empêché d'aller réclamer l'enjeu de ce pugilat. Je savourais ma revanche quelques temps plus tard quand la coquine aux grands yeux papillonnants fit languir à n'en plus finir le jouteur fourbe, se révélant finalement bien plus intéressée par les bonbecs que ce fils de boulanger pouvait lui procurer que par des papouilles buccales à l'abri des regards indiscrets.

Non, mon premier grand amour, je l'ai rencontré à heu... 12 ans (Vache, ça file...). J'étais alors en 6ème et développais un complexe certain sur mon physique d'échalas vêtu à la mode des marchés de l'époque : pantalon à pattes d'éph, chemises cols « pelle à tarte » et Clark aux pieds. Même pour le gala annuel des clowns de seconde zone t'oserais plus t'habiller pareil aujourd'hui ! Me demandes pas une photo, je les ai toutes brûlées dans un grand feu de joie le jour où, avec ma première paye, j'ai enfin pu aller m'acheter de quoi me vêtir de façon décente : santiags, jean et chemise de cow-boy avec le stetson assorti. Quand j'y repense c'est pas la meilleure chose que j'ai faite non plus...

Bref, c'est donc en 6ème qu'un jour une petite nouvelle s'est pointée dans la classe. Et quand je dis petite, ce n'est pas par hasard, car elle était haute comme trois pommes à genoux. D'ailleurs cela lui valu rapidement le surnom de « Miniature ».
Blonde comme les blés, avec de grands yeux bleus, fine, élégante et un sourire....je te raconte pas... Tu vois le loup de Tex Avery, avec la langue qui se déroule sur la table ? Hé ben tu m'imagines dans la même posture et tu seras encore loin de la vérité.

Son prénom ? Là tu franchement deviens indiscret ! Bon, allez, parce que c'est toi, je te révélerai qu'elle s'appelait S.
Oui, je sais, j'aurai pu dire X, Y ou Z mais non, c'est S. parce que son prénom commençais par S. Ben oui, si son prénom avait commencé par un L. je t'aurai dit L. Mais là comme son prénom commençais par S., je l'appellerai donc S. Ceci dit, peut être que je cherche à t'enduire d'erreur et que son vrai prénom commençait par L. mais ça, va falloir t'accrocher pour le savoir...
Il n'y a guère que S. qui se reconnaîtra.

Bref, à cet âge ingrat où, en plus de mon complexe d'apparence, les boutons d'acné commençaient sérieusement à me faire réfléchir à une belle carrière dans les ordres ou dans la mercerie, je tombais complètement fou amoureux de ce charmant modèle réduit de femme qui venait de s'introduire dans ma misérable existence de cafard rampant (oui, je sais, là j'en rajoute un peu...)

4 ans ! ! ! 4 longues années passées en classe avec S. toujours à portée du regard. On était copain, certes, mais... O tempora O mores (ça doit être ça, non ? Que les latinistes me viennent en aide !), pas de balades, pas de bisous, pas de jeux de mains, de jeux de langue... J'appris à mes dépens ce que voulait dire le mot « platonique » (et pourtant dans « platonique » il y a ... « plat » [A quoi tu pensais, là ?], ça aurait dû m'intriguer). En plus de platonique, il y avait un autre hic, celui de : « sens unique ». Ben voui, parce que elle, elle ne m'as jamais calculé comme autre chose que le mec franchement pas terrible (ça s'est arrangé depuis, merci), très très timide (ça par contre, ça ne va pas mieux), un peu décalé de la réalité et qui passait plus de temps à rêver qu'à vivre.

Alors je me suis mis à écrire des poèmes. Tu sais, des poèmes de quand c'est qu'on est ado, amoureux, un peu révolté contre le monde, amoureux, avec les grandes rêveries solitaires qui vont bien  et puis... amoureux, encore et toujours. Je découvrais les poètes et surtout les chanteurs, parce que je trouve qu'un beau texte gagne souvent à être accompagné d'une douce mélodie. J'admirais (et j'admire encore) Jacques Brel, qui savait comme personne chanter ses amours malheureuses. Et je couchais sur le papier mes rêves, mes délires, mes attentes, mes révoltes, mes envies, mes désirs, mes amours, mes chimères, mes mots, mes maux...
Mes écrits lui étaient destinés. Bien sur, tu t'en doutes ce n'étaient pas des déclarations d'amour franches et directes, non, non, il fallait plutôt lire entre les lignes. Je suggérais, je proposais, j'insinuais, je circonvoluais, je labyrinthais, j'énigmais...
Toujours cette impossibilité pour moi d'exprimer mes tourments et mes sentiments de manière directe. Trop peur des éclats de rire qui savent si bien déchirer les cœurs mal protégés... Je lui remettais donc régulièrement des enveloppes sous des prétextes à la con du genre « Tiens, j'ai écris ça... t'en penses quoi ? ». Puis, plus tard, je confiais au facteur mes missives rimantes, persuadé que ce brave homme était vêtu d'une armure d'une épaisseur respectable apte à me protéger à distance des fameux éclats de rire évoqués plus hauts. Bien à l'abri derrière cette carapace humaine, je remerciais consciencieusement cet employé modèle, ce chevalier en habit bleu et mobylette jaune, en achetant chaque année 3 calendriers à un de ces coreligionnaires.

Après nous être perdus de vue quelques années, j'ai revu S. environ 14 ans plus tard. Je venais de divorcer (on en parlera une autre fois, si tu veux bien, aujourd'hui, ça fait beaucoup) et elle, vivait seule. Là encore, je n'osais rien lui dire de ce qui me brûlait intérieurement lorsque je pensais à elle. Et pourtant, elle me fit la confidence qu'un jour, une de ses amies, lisant mes poèmes, que S. avait affichés sur les murs de sa chambre (quand même), lui avait dit : « Le mec qui a écrit ça, il doit être fou amoureux de toi ! ».
« Ben oui Mamzelle ! ! ! » pensais-je alors en mon for intérieur (qui tient plus de Fort Alamo que de Fort Tifiant), mais cependant, je me contentais de répondre que oui, effectivement, cela avait dû être approchant.... et je laissais glisser mes yeux en dehors des siens... Lâche ! ! !

10 ans de plus au compteur aujourd'hui.
120 mois qu'à eu lieu notre dernière entrevue.
3650 jours que je n'ai plus de nouvelles d'elle. 
87600 heures, au cours desquelles d'autres femmes sont passées dans ma vie, dans mes bras et sur mon cœur en y laissant leurs traces douloureuses...

Et pourtant, la nuit dernière j'ai rêvé d'elle, de S., comme cela m'arrive de temps à autre. Lorsqu'un sommeil apaisé vient me mettre son visage devant les yeux et ses rires dans les oreilles...

S. si un jour tu passes par Blogland, et que tu te reconnais dans ces lignes, fais-moi un signe du clavier.

Je voudrai bien un jour te dire, en te regardant dans les yeux : « Je t'ai aimé... à la folie !»

Dans ma pipe je brûlerai
Mes souvenirs d'enfance,
Mes rêves inachevés,
Mes restes d'espérance
Et je ne garderai
Pour habiller mon âme
Que l'idée d'un rosier
Et un prénom de femme...     
Jacques Brel

Publié par Spleen36 à 08:42:36 dans Charivari quarantenaire | Commentaires (4) |

23-01-2006  20:55  23-01-2006 20:55
ohh..  De  M identité certifiée Sujet:  ohh.. Url: [Liens]
mais c'est beau aussi chez toi.. touchante histoire, un peu comme un bout de rêve.. tout comme j'aime! A bientot! ;)
23-01-2006  12:40  23-01-2006 12:40
Ah zut !  De  Eva... identité certifiée Sujet:  Ah zut ! Url: [Liens]
S... Ce n'était donc pas moi. Solange, Sylvie, Salomé, Suzanne, Séverine, Sonia, Sandrine, Sophie, Saturnine, Séraphine ? Bises.
23-01-2006  12:31  23-01-2006 12:31
Ca c'est...  De  she identité certifiée Sujet:  Ca c'est... Url: [Liens]
... de l'écriture de blog juste comme j'aime, puis c'est une belle histoire aussi, finalement pas si triste, même si elle est super nostalgique. Ah les rêves... Moi, cette nuit, j'ai rêvé que j'avais un lapin gris répondant au nom d'Arthur (non, ne me dis pas qu'il faille y voir un signe ;o)
23-01-2006  10:02  23-01-2006 10:02
jolie histoire  De  Nikoo identité certifiée Sujet:  jolie histoire Url: [Liens]
et narrée avec talent et douceur...j'aime beaucoup, à bientôt !

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Prendre en souriant ce que me donne la Vie.

Me repaître avec gourmandise
de ces petits plaisirs quotidiens
et de ses grandes joies ponctuelles.

Côtoyer le pire et en sortir vainqueur.

Tantôt l'œil en éclat de rire,
tantôt l'âme en vague au cœur,
tantôt les mains pleines de plaisir,
tantôt le sourire ailleurs.

Bienvenue dans ce jardin
Bonne lecture

Et merci de modifier le paysage
par vos commentaires.

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