(Les V.E.D.E.T.T.E.S / Grand con)
Le monde évolue en vrille vers
son anéantissement, très bien. Tout va être très compliqué, il n'y aura plus de
place, on va étouffer, le soleil va s'éteindre. Mais d'ici là, faut-il célébrer
la mort et mimer la course vers la perte ? La plupart des comportements
humains ont une visée nihiliste. Celle de Pete Doherty est un fleuron spectaculaire.
Il parle tout de suite de drogues, du genre le concert aurait été bien meilleur
si j'avais été drogué. Mais on s'en fout ! Dis-moi donc quel est ton poète
préféré, sors de cet enfer !
Sur la route derrière la scène deux vigiles poussent devant eux un gamin qui tient son visage dans ses mains. Ils lui font passer quelques barrières et il semble se révolter contre le traitement d'éviction du festival qui est en train d'avoir lieu. Après l'avoir croisé et marché quelques instants je l'entends pleurer très fort. Le sauvetage n'est pas mon fort, plus égoïste que moi tu meurs mais là il pleure vraiment trop. Je m'approche. Toute la tristesse de l'univers éclate dans ses yeux. Personne n'y prête attention, on doit penser qu'il est saoul. Les vigiles en question l'ont pris dans la foule alors qu'il dansait peut être un peu trop violemment et lorsqu'il leur demande des explications, ils lui arrachent son bracelet sans lequel il ne peut plus rentrer sur le site. Il est effondré, balbutie des explications, a l'air sincère. Et il pleure comme s'il avait huit ans ou qu'il était dans le moment clé d'une psychanalyse (ce qui revient au même finalement). Il pleure comme s'il allait être seul pour plusieurs années dans ce champ breton et que ses amis allaient faire la plus grande fête de la décennie. Calimero à côté de lui n'est qu'un simple oiseau à ce moment là. Je parviens à lui trouver un passe, le voilà sauvé pour un temps.
Vanessa Paradis a mangé quelques
kebabs ces derniers temps, elle a à nouveau des joues, danse comme une coquine
et chante très bien même si les morceaux sont complètement détruits par M et sa
wah wah ringarde.
Les Hives mettent tout le monde d'accord pour la fermeture. « Nous sommes
le gel dans vos cheveux ! Nous sommes le sucre dans votre café ! Nous
sommes les Hives. Ce que nous faisons dans la vie : des tubes
internationaux ! La prochaine chanson s'appelle Idiot Walk... »
Sur le chemin du retour, la
Beauce et ses espaces VIDES comme d'immenses trous de mémoire.
Texto de la fille au prénom de nectarine « En Avignon piscine et théâtre.
Je suis bien contente. »
Publié par arnaultglamorama à 13:22:35 dans Glamorama and more | Commentaires (0) | Permaliens
(Les V.E.D.E.T.T.E.S / MDMA)
La sortie de l'album des Vedettes
est prévue le 13 octobre, il s'intitulera « Disque N° 1 ». Fête avec
les gens excellents du label Cinq Sept. Katerine et Gonzales en coulisse, ca
promet...
Au festival des Vieilles Charrues qui a accueillit 215 000 personnes en
quatre jours. Parmi elles des gens qui s'attachent entre eux pour ne pas se
perdre ou pour traîner le cadavre de leur partenaire, autant dire que l'alcool
coule à flot c'est juste terrifiant. Un type erre à six heures du matin avec un
pack de vingt six bières. Un groupe se donne pour mission de déterrer des
arbustes de deux mètres de haut et remplit cette même mission avec un sérieux
impressionnant et presque martien vu leur taux d'alcoolémie. Tour dans un
tourbus Gibson avec des underage dont une brandit une épaule au
petit cœur tatoué au stylo Bic par un Pete Doherty que vous pourrez entendre
très vite sur ce blog dans une épopée de gonzojournalisme exécutée par votre
serviteur.
Publié par arnaultglamorama à 01:23:11 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par arnaultglamorama à 23:23:55 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
(CSS / Give up)
Plusieurs vraies illuminations.
Au nord ouest dans les montagnes de Magaliesberg, cent fois plus vieilles que l'Himalaya
et formées à partir d'un volcan intérieur de la terre. Une sorte d'Auvergne à l'envers.
Au loin, le flanc sombre d'une imposante colline découvre une myriade de points
et de traits géométriques. En s'approchant c'est une rangée de soldats que l'on
croit disposée parfaitement et prête à tomber sur des ennemis plus nombreux. La
perfection de la formation puissante et implacable ne laissera aucune chance de
sortie de terrain aux guerriers qui lui feront face. Ce sont plusieurs hectares
d'Aloe Marlothii qui font illusion dans le silence de leur posture. Mais les
collines voisines sont vierges de ces arbres et je crois voir des soldats
préparés et éduqués par Sun Tzu, ici, dans l'hiver de l'Afrique du Sud. Une
armée nombreuse et silencieuse d'une force démente.
Réserve animalière de Pilanesberg à la tombée de la nuit. Le chauffeur du 4x4 coupe
le moteur et le véhicule glisse doucement dans le froid du crépuscule à mesure
que le bruit du moteur s'estompe. C'est qu'un animal s'approche, aussi
silencieux que nous, à vingt mètres.
Deux cornes de kératine, un corps lourd et agile. C'est un rhinocéros noir, un
des plus rares au monde. La bête est agressive, solitaire, furieuse. Et
silencieuse. Les deux billes des yeux sont figées, les pattes foulent le sol
sans bruit et le corps file droit dans l'herbe, par petites accélérations sans
dévier sa course, comme si celle-ci le conduisait au bout du temps dans le fin
fond du fin fond du plus lointain futur, comme si ses chromosomes laissaient
présager sa route depuis la préhistoire qui a vu naître sa race. Il a tout son
temps le rhinocéros noir, il est absolument inattaquable ; un coup de corne et vous êtes propulsés à cinq
mètres au dessus de lui. Un éléphant ? Il attaque au foie. Un des animaux
les plus cités par Lautréamont. Le peintre vénitien du dix huitième Pietro
Longhi et son tableau « L'exposition du Rhinocéros », chef d'œuvre de
la scène de genre montrant le premier rhinocéros vu par des européens et exposé
dans une foire. L'autoportrait discret de Longhi, seul à regarder vraiment l'animal,
à droite, à côté d'une femme accompagné par son gigolo officiel...
Au théâtre lyrique de Johannesburg
c'est la fête. La restauration du lieu a coûté vingt millions d'euros et est
plutôt réussie. Le lustre dans la salle est imposant, cliquant à bon escient.
Miss Afrique du Sud 2007 est accompagnée par son gigolo qui finalement est
peut-être son petit ami officiel. Elle est blanche, a dû trop grossir depuis l'élection,
la vie est dure, elle voudrait être dure avec la vie mais elle est trop
gentille, elle n'avait pas envie de venir à cette soirée ou alors elle pensait
à cette soirée depuis plusieurs jours pour redorer un blason fané, elle essaye
de capter le regard et l'objectif des photographes sans succès...ils sont trop
occupés par l'arrivée de mister Afrique du Sud 2008 qui profite de son quart d'heure
de gloire auréolé de gel coiffant proéminant et mis en valeur devant des
caméras excitées. Miss Afrique du Sud 2008 arrive bientôt, elle est noire et
belle. Bonheur d'être dans une soirée VIP sans reconnaître le moindre VIP à
part les corps ciglés (miss et mister). Madame la femme du producteur, robe
rouge éclatante, ses seins ont cinquante ans et donnent tord à l'utilisation du
viagra (plusieurs types jettent des pilules après lui avoir parlé). Elle se
taperait bien un journaliste français madame la femme du producteur, elle est
enchantée, demande sans cesse si j'ai une question pour elle, fait signe aux
serveurs de remplir ma coupe de champagne et m'explique dans un sourire figé la
sortie de prison de Mandela. « J'étais avec ma mère devant la télévision
et on voyait ce terroriste entouré de gens qui l'applaudissaient dans la rue et
on se disait que les gens étaient devenus fous et qu'ils ne comprenaient pas
que Mandela était dangereux. » Je pense qu'elle voit un peu que cela me
choque. « On a beaucoup évolué depuis et nous avons encore des efforts à
faire ».
Mesdemoiselles les filles du producteur. Samantha la brune, Natasha la blonde.
«- Je suis dans une école de commerce à Dublin.
-Je suis dans une école d'art dramatique à Capetown. »
Elles multiplient l'image de la réussite de leur père dans l'avenir en se
divisant la base de son métier.
« -Alors toi tu vas gagner beaucoup d'argent et toi tu ne sais pas encore ! »
On rit et comme je me plains de ne pas avoir vu de lion dans le parc de Pilanesberg
elles me disent qu'elles en ont un depuis qu'elles sont toutes petites. A
Capetown on peut se baigner, la vie est facile et papa qui est roux a beaucoup d'argent. Un
photographe s'approche oui pourquoi pas. Ma tête au milieu des deux grandes
robes et la journaliste du Parisien dans notre groupe est choquée et me
demandera plus tard ce qui peut bien m'intéresser dans les filles de vingt ans.
Après avoir mangé avec un grand plaisir du crocodile et sans que cela en soit
la cause, j'achète un petit collier bleu pour A. , cadeau que je ne lui
donnerais pas.
Publié par arnaultglamorama à 00:00:48 dans Glamorama and more | Commentaires (0) | Permaliens
(Ladytron / Runaway)
Très facilement j'aurais pu être
un homme d'affaire. Très bien pu passer ma vie dans des hôtels de Bangkok, de
Pékin, de Montréal à regarder défiler les chiffres mondiaux de la bourse. Cela
aurait été une attitude agressive et posée dans le calme du luxe : cuir,
bois, marbres, étoffes. On s'occupe de
moi, tout est doux et froid. Pétales de roses rouges sur le lit immense, sur le
peignoir crème, rose jaune unique au milieu du miroir de la salle de bain,
télévision plasma allumée sur CNN quand je rentre dans la suite. Qu'est ce que
je fais ici ? Il faut voir pour le magazine un spectacle africain qui se
jouera à Paris en novembre et rester quelques jours pour découvrir une Afrique
du sud très américaine qu'une violence sourde a bâtit et qui coule
continuellement. La semaine dernière il y a eu des émeutes.
J'écoute : vols à main armée, dispute généralisée, hausse de tous les
prix, explosions de camions blindés, meurtres à la chaînes et commémorations
affiliées, baisse de tous les prix, accidents terribles et inévitables, bruit
et fureur, douze pour cent de la population a le sida, virevoltes sauvages,
rebroussements de chemin, enfer violent et intégré à la réalité, attaques au
bâton, attaques à la machette, exhibitions en tous genres, mort de la vie.
Je lis au huitième étage de l'hôtel Michelangelo de Johannesburg l'avant propos de l'Antéchrist du philosophe allemand moustachu prénommé
Friedrich : Une expérience issue de sept solitudes. Des oreilles nouvelles pour une
musique nouvelle. Des yeux nouveaux pour des lointains extrêmes. Une nouvelle
conscience pour des vérités jusque-là restées muettes. ET la volonté d'une
économie de grand style : rassembler sa force, son enthousiasme...Le respect
de soi ; l'amour de soi ; la liberté absolue envers soi...
Il faut bien quelqu'un pour
décrire les sept solitudes en question. Action.
Publié par arnaultglamorama à 19:26:37 dans Glamorama and more | Commentaires (0) | Permaliens
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