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Glamorama and more

la musique la nuit

Une affiche géante et les enfants du tiers monde | 27 mai 2008

(The Ting Tings / That's not my name)


De retour à Paris, que s'est-il passé ? Tout le monde a couché avec tout le monde et tout le monde est sous la pluie et tout le monde va voir Mgmt mercredi.
J. :  “I have a giant poster rue Royale. It's for CC.
So cool !”
Je m'explose un orteil contre une chaise chez moi. Je claudique donc car nous avons là une fracture. Au journal on est déjà dans l'été : Solidays, Rock en Seine...

Dans les allées, dans les voitures, au cœur des appartements, c'est le défilé des monstres joyeux. Ils ne cessent de procréer, de régurgiter, de suer.  Les ambitieux catégoriques, les angoissés du lendemain, les malheureux par pratique, les enfants du tiers monde, les amateurs d'ennui, les fétichistes introvertis...et elles, les employées très tristes, les figures du parti, les étudiantes mal lunées, les pirouettes des beaux quartiers, les impératrices droguées de la nuit, les jambes en l'air sans soupir. Il faut quand même se coltiner leurs allures, leurs courbes mentales, leur dose de bile quotidienne. Vrai cercle social dans lequel ils veulent vous verser. C'est la guerre vous dis-je, toujours en avance sur vous. Vite relire Lautréamont...

Publié par arnaultglamorama à 18:59:17 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Papa qui sort de maman et Pâques au tison | 25 mai 2008

(Lio / Amoureux solitaires)


Sur ce même bateau, le Ineke IV (en provenance de Madeira), on a une vue directe sur le bateau où Sharon Stone fait une petite fête. Ah tient P Diddy, et là à droite Linda Evangelista. Comment passer de l'autre côté, juste pour voir ? Il suffit d'enlever ses chaussures et de faire un sourire si vous êtes une fille. C'est ce que fait Anne-Grue (ne riez pas, vite dit en anglais ca fait angry, en colère). Elle a crée elle-même sa robe (rouge à pois blancs), elle est plutôt très jolie, elle se faufile, c'est drôle. Elle vient de Copenhague, a vaguement fait un court métrage, tout le monde à Cannes a une excuse. Elle me raconte qu'elle se met à parler en anglais aux danois à cause de la fatigue, elle peut tenir comme cela une conversation de plusieurs minutes avant que les compatriotes ne retrouvent leur langue maternelle dans la joie de l'alcool et des drogues. Sa copine est très moche donc non, finies les idioties, elles ne dormiront pas dans ma chambre, je le leur fait croire un moment pourtant, par pure ironie. Genre de filles qui fonctionnent par couple avant, bien sûr, de se déchirer. « Je veux bien que tu baises ma copine mais je regarde », ou encore « on est inséparables, si tu me prends tu la prends aussi ». Les deux cousines, les sœurs en été, nocturne familial, titres de tableaux du dix huitième... Guerre des guerres, pour les siècles... faire sortir cousine du bras de la cousine, mettre tout en œuvre pour que le corps d'une fille traverse celui de sa mère, enlever papa de maman, maman de papa...
Après une difficulté certains deviennent pervers, alcooliques, dépressifs. Je deviens minimaliste dans mes comportements, je fais moins d'erreurs, je suis plus sûr de mes actions. Je m'abstiens et j'évite. Voilà, j'ai des comportements d'évitement (merci au catéchisme psychanalytique).
Sun Tze toujours (quittez ce blog si vous n'en pouvez plus des citations) : « Tels étaient nos Anciens : rien ne leur était plus aisé que de vaincre ; aussi ne croyaient-ils pas que les vains titres de vaillants, de héros, d'invincibles fussent un tribut d'éloge qu'ils eurent mérité. Ils n'attribuaient leur succès qu'au soin extrême qu'ils avaient d'éviter jusqu'à la plus petite faute. »

La fille qui a écrit sur ses fesses, en très grand : « FAITH ».

Entendu sur le bateau :
«-Regarde, il y a Robert Smith !
-Non, c'est Camille Bazbaz. »

Les filles qui pour trouver la force de vernir leurs ongles des pieds demandent de la cocaïne et qui justifient le proverbe radical fondé sur le modèle de Noël au balcon, Pâques au tison : « Coke à treize heures, coke à quatre heures du mat. »

La fille de Lio qui montre ses parties intimes.

Publié par arnaultglamorama à 21:57:02 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Bernard Menez et Maradona | 20 mai 2008

La plus belle fête à Cannes cette année ? La soirée des quarante ans de la quinzaine des réalisateurs dans une villa dont j'ai malheureusement oublié le nom. La quinzaine est née à la suite des évènements de mai 68. Bon. On oublie un peu mai à l'arrivée de la soirée : sponsors Agnès B, BMW...il y a des cadavres dans des grands sacs en plastique au milieu de la pelouse à moins que ce ne soient des grands fauteuils modernes en forme de coussins. Il y a une femme qui danse très tôt, elle est sous acide très probablement mais ce n'est pas grave. On danse sur France Gall (alors tu te rappelleras tout ce que je te dis là tout ce que je te dis là touin touin touin). Je demande grâce à l'aide de sa fille brune à Bernard Menez de faire mon message de répondeur (ah les heureux possesseurs de mon numéro personnel...). On convient que le cinéma des années soixante dix était plus libre, plus drôle, plus aéré. Certaines attachées de presse sont vraiment drôles quand la nuit est tombée. Il y a des lumières roses et des gens qui se mélangent. Il faut ensuite aller au Baron Baron en taxi (3 minutes, 15 euros). Est-ce que Maradona sera à la soirée de Kusturica ce soir ?
Pourquoi  Jeanne Balibar n'est-elle pas venue sur le bateau Arte hier soir ? Jolie moquette, vue imprenable derrière le palais (mettez dans l'ordre que vous voudrez), interdit de fumer, cocktails campari champagne banane pourquoi pas après tout, Camille Bazbaz écoute son nouveau disque sur le ponton, des gens très influents parlent avec moi du cinéma français et on tombe d'accord sur mille idées et opinions, un photographe explique qu'il sort son livre à compte d'auteur et je lui dis que je ne suis pas d'accord (les photographies de groupes sont excellentes, il faut que ce livre soit vu par le plus grand nombre de personnes), deux canadiennes se demandent qui elles vont sucer ce soir en remettant en place leur soutien gorge et leurs grandes robes rouges et en me demandant : « Pourquoi ce bateau ? ».

Publié par arnaultglamorama à 20:52:27 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Un conte de noël et un cinéma érotique | 18 mai 2008

Les feux correctement arrangés dans les jardins de la villa Mai sur les hauteurs de Cannes. Je pense très intensément à Pierre Bonnard (le peintre du Cannet  1867-1947) qui aurait détesté ce genre de fête. Oui il faut fêter le film d'Arnaud Desplechin « Conte de Noël » même si je ne suis pas enchanté par celui-ci (papa maman, le frère qui incarne le mal, oui bon, les seins et les jambes et les lèvres fabuleuses de Chiara mais on s'arrête là, il n'y a plus la fougue des parades amoureuses de « Comment je me suis disputé », Arnaud se Olivier-Assayise). Champagne par rivières, hamac géant, attachées de presse en furie, les gens se cachent sous les grandes nappes blanches des tables pour prendre de la drogue (speed majoritairement). La piscine où il ne faut pas tomber.  Les amphétamines qu'il faut refuser. Pas trop de temps pour écrire. Monté les marches bien sûr : petite mécanique bien réglée elle aussi, les filles sont belles et Bono accompagne le président Sean Penn, aussi petit que lui. Au final Cannes est un village des mille et une nuits (lumières partout jusque dans le centre de la nuit et dans le lointain de la mer : les bateaux comme des étoiles).
Valse avec Bashir (Folman): beaucoup à dire, va avoir un prix, passé la journée avec lui, mon meilleur reportage à ce jour (il se finit par la phrase « Regarde on vole », et dans le fond un feu d'artifice fou, merveilleuse terrasse verte du Grand Hôtel).
Serbis
(Mendoza), la scène de fellation du festival, jolies images, se passe dans un cinéma érotique des Philippines.
Gommora (Procacci) : le film qui fait parler de lui, pas vu pas vu.
Le nouveau Woody dans deux heures.

Publié par arnaultglamorama à 13:11:50 dans Glamorama and more | Commentaires (2) |

Les Ray ban et les condoléances | 13 mai 2008

(Love / Alone again or)


Mais pourquoi pas le smoking ? Et les Ray ban ! La vendeuse veut que je reste plus longtemps dans le magasin, elle n'a pas comprit que je savais ce que je voulais, elle tient absolument à me dire que je peux repasser si jamais il faut régler les lunettes, me donne une garantie, fait des courbettes, s'ennuie probablement. Trop négligé les habits, l'allure de manière générale durant pas mal d'années. Oh je n'ai jamais été hippie, mais le style indie a ses limites.
Quelqu'un me dit : « Mes condoléances » au moment de partir pour Cannes. Un autre me demande les noms d'attachées de presse de certains films pour entamer la conversation. Je me souviens que lorsque j'avais quinze ans je regardais à la télévision la montée des marches chaque soir durant quelques minutes et puis j'éteignais, trop passionné à l'époque par le cinéma pour supporter de ne pas être à Cannes durant le festival. Aujourd'hui quoi ? Plus lucide, plus à même d'accepter la fête pour la fête, plus sûr de soi. Et ouvert à la fiction à l'intérieur même de l'existence. On ne va pas vous la faire, vous en êtes là aussi n'est ce pas : le film se déroule partout où vous choisissez de positionner votre corps.
Souvent j'ai envie que A. soit là, vous avez de la chance que votre narrateur se retienne et vous épargne ce qu'il faut bien appeler la mélancolie. La transparence, très peu pour moi, voilà bien un concept des plus médiocres.

Publié par arnaultglamorama à 20:52:52 dans Glamorama and more | Commentaires (4) |

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