(The Ting Tings / That's not my name)
De retour à Paris, que s'est-il
passé ? Tout le monde a couché avec tout le monde et tout le monde est
sous la pluie et tout le monde va voir Mgmt mercredi.
J. : I have a giant poster rue
Royale. It's for CC. So cool !
Je m'explose un orteil contre une chaise chez moi. Je claudique donc car nous
avons là une fracture. Au journal on est déjà dans l'été : Solidays, Rock
en Seine...
Dans les allées, dans les voitures, au cœur des appartements, c'est le défilé
des monstres joyeux. Ils ne cessent de procréer, de régurgiter, de suer. Les ambitieux catégoriques, les angoissés du
lendemain, les malheureux par pratique, les enfants du tiers monde, les
amateurs d'ennui, les fétichistes introvertis...et elles, les employées très
tristes, les figures du parti, les étudiantes mal lunées, les pirouettes des
beaux quartiers, les impératrices droguées de la nuit, les jambes en l'air sans
soupir. Il faut quand même se coltiner leurs allures, leurs courbes mentales,
leur dose de bile quotidienne. Vrai cercle social dans lequel ils veulent vous
verser. C'est la guerre vous dis-je, toujours en avance sur vous. Vite relire
Lautréamont...
Publié par arnaultglamorama à 18:59:17 dans Glamorama and more | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par arnaultglamorama à 21:57:02 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
La plus belle fête à Cannes cette année ? La soirée des quarante ans de la quinzaine des réalisateurs dans une villa dont j'ai malheureusement oublié le nom. La quinzaine est née à la suite des évènements de mai 68. Bon. On oublie un peu mai à l'arrivée de la soirée : sponsors Agnès B, BMW...il y a des cadavres dans des grands sacs en plastique au milieu de la pelouse à moins que ce ne soient des grands fauteuils modernes en forme de coussins. Il y a une femme qui danse très tôt, elle est sous acide très probablement mais ce n'est pas grave. On danse sur France Gall (alors tu te rappelleras tout ce que je te dis là tout ce que je te dis là touin touin touin). Je demande grâce à l'aide de sa fille brune à Bernard Menez de faire mon message de répondeur (ah les heureux possesseurs de mon numéro personnel...). On convient que le cinéma des années soixante dix était plus libre, plus drôle, plus aéré. Certaines attachées de presse sont vraiment drôles quand la nuit est tombée. Il y a des lumières roses et des gens qui se mélangent. Il faut ensuite aller au Baron Baron en taxi (3 minutes, 15 euros). Est-ce que Maradona sera à la soirée de Kusturica ce soir ?
Pourquoi Jeanne Balibar n'est-elle pas venue sur le bateau Arte hier soir ? Jolie moquette, vue imprenable derrière le palais (mettez dans l'ordre que vous voudrez), interdit de fumer, cocktails campari champagne banane pourquoi pas après tout, Camille Bazbaz écoute son nouveau disque sur le ponton, des gens très influents parlent avec moi du cinéma français et on tombe d'accord sur mille idées et opinions, un photographe explique qu'il sort son livre à compte d'auteur et je lui dis que je ne suis pas d'accord (les photographies de groupes sont excellentes, il faut que ce livre soit vu par le plus grand nombre de personnes), deux canadiennes se demandent qui elles vont sucer ce soir en remettant en place leur soutien gorge et leurs grandes robes rouges et en me demandant : « Pourquoi ce bateau ? ».
Publié par arnaultglamorama à 20:52:27 dans Glamorama and more | Commentaires (0) | Permaliens
Les feux correctement arrangés dans les jardins de la villa Mai sur les hauteurs de Cannes. Je pense très intensément à Pierre Bonnard (le peintre du Cannet 1867-1947) qui aurait détesté ce genre de fête. Oui il faut fêter le film d'Arnaud Desplechin « Conte de Noël » même si je ne suis pas enchanté par celui-ci (papa maman, le frère qui incarne le mal, oui bon, les seins et les jambes et les lèvres fabuleuses de Chiara mais on s'arrête là, il n'y a plus la fougue des parades amoureuses de « Comment je me suis disputé », Arnaud se Olivier-Assayise). Champagne par rivières, hamac géant, attachées de presse en furie, les gens se cachent sous les grandes nappes blanches des tables pour prendre de la drogue (speed majoritairement). La piscine où il ne faut pas tomber. Les amphétamines qu'il faut refuser. Pas trop de temps pour écrire. Monté les marches bien sûr : petite mécanique bien réglée elle aussi, les filles sont belles et Bono accompagne le président Sean Penn, aussi petit que lui. Au final Cannes est un village des mille et une nuits (lumières partout jusque dans le centre de la nuit et dans le lointain de la mer : les bateaux comme des étoiles).
Valse avec Bashir (Folman): beaucoup à dire, va avoir un prix, passé la journée avec lui, mon meilleur reportage à ce jour (il se finit par la phrase « Regarde on vole », et dans le fond un feu d'artifice fou, merveilleuse terrasse verte du Grand Hôtel).
Serbis (Mendoza), la scène de fellation du festival, jolies images, se passe dans un cinéma érotique des Philippines.
Gommora (Procacci) : le film qui fait parler de lui, pas vu pas vu.
Le nouveau Woody dans deux heures.
Publié par arnaultglamorama à 13:11:50 dans Glamorama and more | Commentaires (2) | Permaliens
(Love / Alone again or)
Mais pourquoi pas le smoking ? Et
les Ray ban ! La vendeuse veut que je reste plus longtemps dans le magasin,
elle n'a pas comprit que je savais ce que je voulais, elle tient absolument à
me dire que je peux repasser si jamais il faut régler les lunettes, me donne une
garantie, fait des courbettes, s'ennuie probablement. Trop négligé les habits,
l'allure de manière générale durant pas mal d'années. Oh je n'ai jamais été
hippie, mais le style indie a ses limites.
Quelqu'un me dit : « Mes condoléances » au moment de partir pour
Cannes. Un autre me demande les noms d'attachées de presse de certains films
pour entamer la conversation. Je me souviens que lorsque j'avais quinze ans je
regardais à la télévision la montée des marches chaque soir durant quelques
minutes et puis j'éteignais, trop passionné à l'époque par le cinéma pour
supporter de ne pas être à Cannes durant le festival. Aujourd'hui quoi ?
Plus lucide, plus à même d'accepter la fête pour la fête, plus sûr de soi. Et
ouvert à la fiction à l'intérieur même de l'existence. On ne va pas vous la
faire, vous en êtes là aussi n'est ce pas : le film se déroule partout où
vous choisissez de positionner votre corps.
Souvent j'ai envie que A. soit là, vous avez de la chance que votre narrateur
se retienne et vous épargne ce qu'il faut bien appeler la mélancolie. La
transparence, très peu pour moi, voilà bien un concept des plus médiocres.
Publié par arnaultglamorama à 20:52:52 dans Glamorama and more | Commentaires (4) | Permaliens
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