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Glamorama and more

la musique la nuit

Jean d'Ormesson et Christophe | 07 octobre 2008

(Christophe / Tandis que)



Jean d'Ormesson sur le plateau du Grand Journal de Canal. Il joue son rôle de papi gentil qui sait des choses. On imagine avec une facilité déconcertante les étagères des chambres normandes, picardes et aveyronnaises sur lesquelles reposent les éditions de poche du monsieur. On voit les jupes à carreau de filles rousses et maladroites qui se masturbent en pensant que papi est intelligent et qu'il ne touche plus mamie depuis qu'elles ont des seins. Cela sent le foin et l'urine (ne me demandez pas pourquoi cela sent l'urine, mais avouez le, cela sent l'urine). «Mais oui le temps est très important dans l'œuvre d'un écrivain. Ce n'est pas pour rien si l'œuvre de Proust s'appelle A la recherche du temps perdu et si le dernier livre s'appelle Le temps retrouvé. Et si Heidegger intitule un de ses ouvrages Sein und Zeit, L'être et le temps. »
Mais non Jean, enfin, on est sur le plateau d'une émission regardée tout de même. On ne peut pas dire n'importe quoi. Ben quand même. La bonne traduction est Être et Temps. On est directement dans le propos de l'œuvre grâce à cette formulation. Mais autant pisser des quantités ahurissantes dans un nombre non moins impressionnant de violons plutôt que de vouloir rapporter l'erreur.
Quel rapport entre Être et Temps ? Pourquoi ces majuscules édifiantes ? Le livre en question est il l'ouvrage le plus important du vingtième siècle ? Vous le saurez en suivant les prochains épisodes de Saïnoudzahite. Des révélations foudroyantes...des insinuations de nazisme...un défilé de philosophes présocratiques. Viens voir Saïnoudzahite. Viens.

Soirée du magazine Vice dans un rade appelé « Le week end ». Le principe est d'investir un endroit ringard et d'en faire, le temps de la soirée, un endroit bouillant. C'est marrant de pouvoir acheter des cigarettes en commandant un verre qui coûte moins de trois euros et d'écouter en même temps des djs excellents qui parlent en mettant des disques, comme s'ils étaient les maîtres du monde, ce qu'ils sont (plus précisément, ils sont maîtres de ce monde là). Je suis pour enchaîner Cassie avec Ride.
 J. devrait être ici bien sûr mais elle furète à Londres. Genre de fille que le vent des castings emporte de ci de là hello dans le Temps cutie. « I miss Paris, staying here til the end of november ».

Soirée Chez Moune et dernière soirée chez Moune. Les filles qui s'embrassent là, portes jarretelle et cheveux bruns ? Oui celles là. Pourquoi elles dansent au juste ? Ce n'est pas la peine de se forcer la musique est scandaleuse, il fait noir, la décoration est tout juste sauvée par un joli portrait de Grace Jones au mur. Comment dire ? J'aime pas, on a l'impression que l'endroit est sale. C'est un lieu qui semble avoir été crée par des gens qui pensent que le dernier album de Christophe est un mauvais disque. Comme si le baroque ne pouvait être que raté. On se dit que si on traîne ici notre sexualité va en pâtir, qu'on sera moins intelligents et que cela ne sera même pas dû à l'absorption de drogues (très à la mode le poppers ces derniers temps).
Vite au Baron où la dernière subversion de l'univers a lieu chaque soir (c'est dire l'état de l'univers en question). Oui une dizaine de gens fument des cigarettes. Je m'entends dire à une fille blonde assise derrière « Bonsoir vous auriez une cigarette s'il vous plait ? Juste une. - Oui tiens, tu veux du feu aussi ? » Voilà, j'allume la cigarette de la main gauche. On parle d'argent avec S.

Publié par arnaultglamorama à 20:51:08 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Une villa à Miami et une cabine téléphonique à Paris | 05 octobre 2008

(Oasis / Im outta time)


Il y a tout juste un an j'ai failli mourir. Comme je m'étais cassé le nez tard dans la nuit en courant furieusement vers une cabine téléphonique, il fallait remettre en place la petite cloison bien entre les yeux. Je suppose que la mort arrive ainsi, qu'elle est très idiote, pas importante, absurde. Donc pas d'évanouissement lors du choc qui me voit rebondir au milieu de la route, les mains sur le visage. Mais une hémorragie des plus impressionnantes en sortant du bloc opératoire. Je vomis du sang, il y a apparemment un problème. Retour immédiat dans la salle blanche et froide, le médecin ne sait pas quoi faire, il regarde le sang couler, c'est très délicat car on est tout près du cerveau bien sûr. Au moment où je me prépare mentalement une extrême onction personnelle (j'essaie de réciter Parménide, l'être est, il ne peut pas se faire qu'il ne soit pas, l'être est, le non-être n'est pas, l'être est...), l'anesthésiste prend peur. Il est vraiment terrifié, il n'a pas trop envie d'avoir à faire à un procès de ma famille qui suivrait le deuxième endormissement qu'il va devoir injecter dans l'instant qui suit. Il me regarde comme s'il pensait déjà à ce que cela va lui coûter. Et la réputation. Ce type n'a pas trente ans et il va mourir devant moi et on mettra tout ca sur mon dos, non pas question, je n'ai pas fini de payer la maison à Miami (il n'y a pas encore de crise, sa maison vaut donc encore cher). Je n'avais cependant pas besoin de voir son visage voilé par une peur-terreur pour me rendre compte que la situation était grave. Le chirurgien a fait une erreur c'est bien évident, il est en train d'appeler à la rescousse un de ses amis en catastrophe (bien qu'il ne prononce pas ce dernier mot). Je n'ai rien à faire dans la salle d'opération à nouveau, je devrais être en train de me réveiller gentiment et de m'apprêter à partir de cette clinique de Neuilly. Comme je ne visualise pas le paragraphe entier de Parménide (ce n'est pas le dernier moment de ma vie finalement, mais je n'y vois là aucun signe alors que c'est flagrant, si j'avais du décéder, le paragraphe de Parménide, dans un souffle, serait venu se poser devant mes yeux), je sursaute et commence à m'en prendre à tout ce qui m'entoure. La table d'opération vacille et les instruments volent (adieu stérilisation). Je hurle que l'on m'endorme, je demande si je vais avoir une transfusion, je crache des vagues de caillots violine sur l'infirmière qui appelle au calme toute la pièce. Je pense que c'est la fin et qu'il faut respirer doucement pour accepter une mort franchement déplacée en ce mois d'octobre qui est mon préféré depuis que je suis enfant. Octobre n'est-il pas ce moment où l'été a calmé son feu trop puissant dans le sud de la France ? N'est-il pas ce tournant vers les automnes doux des années quatre vingt et quatre vingt dix ? Ce mois là n'est-il pas majestueux dans sa neutralité essentielle ? Il ne se passe pas grand-chose en octobre n'est-ce pas ? Le Temps lui-même est couché, il s'allonge et s'étire. Il est vraiment en paix et se fout bien du calendrier humain.
L'année dernière octobre voit mon beau grand nez de juif s'exploser contre une épaisseur de verre conséquente, geste imbécile et fougueux que je fais dans l'instant pour faire rire A. qui par la suite sera d'une gentillesse absolue, même si ce mois porte aussi en germe une séparation. Octobre voit donc aussi mon corps frôler la disparition.
Alors que la chimie fait son affaire et que je suis profondément endormi le sang coule toujours, ca coule beaucoup. Je crois que c'est la dernière chose que je crie à l'équipe qui s'affaire autour de mon corps nu. Ca coule beaucoup. Et cela aurait été une bien mauvaise phrase de fin. Pierre Bonnard avait plus de style, couché juste avant la mort et, selon la légende peignant à quelques instants du moment fatal le magnifique tableau « Les amandiers en fleurs », un fond blanc parcellé de tâches fleuries d'amandes en éclosion, disant ces quatre derniers mots : « Un peu plus de blanc par ici. »

Publié par arnaultglamorama à 15:35:41 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

La neige sur mars et les femmes des traders | 01 octobre 2008

(The Charlatans / Oh vanity)


De nombreux établissements bancaires sombrent, on parle de jours noirs, tout le monde est affolé. Les traders à la Défense fument cigarette sur cigarette. Ils appellent au même moment leurs dealers ou laissent des messages. Leurs femmes achètent de la lingerie et donnent des centaines d'euros à des vendeuses souriantes dans des magasins spécialisés en espérant que le soir venu leurs tendres maris stressés vont les honorer et par là même faire entrer dans l'univers un peu d'amour agréable agréable cool. Mais les maris ne sont pas tendus de la bonne manière. Et le flot considérable laissé dans les achats de porte jarretelle et d'objets moins érotiques ne relance pas la micro économie. On va droit dans le mur.
Qu'on se rassure, si le système s'ébroue comme un petit chien qui a mangé trop de sucre, c'est pour mieux qu'on vienne à sa rescousse. Et que l'on se rende compte qu'il n'y a finalement qu'un seul système. Et que l'on rie de sa frimousse au final. Debord a la bonne formule : "Dans le monde réellement inversé, le vrai est un moment du faux."

Au même moment il neige sur mars, les scientifiques sont formels. Après avoir observé de la glace dans le sol, c'est bien l'élément blanc aux cristaux géométriques parfaits, ceux qui faisaient une apparition dans un des derniers beaux textos de A., qui va être analysé par la sonde. Mais comme les petits flocons ont été vus dans le ciel de l'astre, il faut maintenant prouver qu'ils ne se dissolvent pas avant de se poser au sol. Ce n'est pas une mince affaire. Et il faut faire vite, plus que quelques semaines avant que la batterie ne s'éteigne, lassant dans le silence de l'espace sidéral le robot muet. Pour moi je sais que des petits poissons circulent dans de minuscules cours d'eau là haut, c'est ma certitude. Penser à envoyer par mail un dessin scanné de mes visions à la Nasa.

Dans le même temps, géniale collusion de faits aussi poétiques les uns que les autres, K., une jeune fille allemande avec qui j'ai couché il y a quelques temps dans des circonstances que le lecteur, patient, attentif et voyeur, pourra lire un jour ou l'autre dans ce blog si son narrateur arrive (dans un désespoir qui ne dit pas son nom) à se rendre compte que de toute façon A. n'en sera pas jalouse et qu'elle est bien loin de se poser la question d'une fidélité incongrue de son ex petit ami qui l'aime toujours et qui troquerait pour tout l'or et toute la neige terrestre et martienne une entrevue avec elle contre toute liberté sexuelle, cette jeune fille allemande donc embrasse une autre fille, prénommée K., blonde comme elle, sur la route de « l'école » qu'elles empruntent tous les matins dans la ville de Heidelberg. Ce n'est pas que K. soit bi sexuelle «Toi et ton corps parfait manqueront toujours à une fille comme moi », non, elle trouve que la fille est jolie, et puis pourquoi pas le matin comme cela embrasser sa nouvelle camarade ?

Publié par arnaultglamorama à 00:51:12 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Ed Harris et les amis de la mort | 30 septembre 2008

(Oasis / Soldier on)

J'aime qu'Ed Harris nous raconte ses problèmes avec les studios d'Hollywood.
« Très souvent quand je m'adresse aux gens qui financent des films je leur dis : « Les gars, vous avez vu Pollock mon premier film ? » Je ne dis pas que c'est le meilleur film du monde mais c'est un bon film et ca marche, il vieillit bien. « Vous pensez que je suis un putain d'idiot ? » Vous voyez ce que je veux dire...  « Pourquoi pensez vous que je veux réaliser ce film si je ne sais pas de quoi je parle ? » A certains moments vous vous demandez vraiment à quoi ils peuvent bien penser. « Vous aimez le script ? Vous savez qui a écrit ce putain de script ? Et ben c'est moi, avec mes amis. Pourquoi est-ce que je veux cette personne au casting ? Parce que je suis le putain de réalisateur et que je pense que c'est la meilleure personne pour le rôle ! » C'est incroyable le genre d'imbécilités qui vous tombe dessus quand vous essayez de monter un projet, c'est incroyable. ...La prochaine fois laissez moi faire mon travail et fermez là. »
Pas besoin de faire un livre sur les gens qui pourrissent votre existence, et poussez jusqu'à Rimbaud, ne serait-ce que pour le vocabulaire.
« Oui l'heure nouvelle est au moins très-sévère. Car je puis dire que la victoire m'est acquise: les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais ! Il faut être absolument moderne. Point de cantiques: tenir le pas gagné. »
Les amis de la mort, ils sautent au cou, ils sont partout ! A quelqu'un comme ca dans la rue, ou au bureau vous vous approchez doucement et il ou elle peut vous entendre chuchoter : « Tu fais partie d'une sorte d'arriéré particulier toi hein ? Tu entretiens une amitié avec la mort me semble t'il. »

Publié par arnaultglamorama à 20:03:38 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Kaki king et La belle personne | 29 septembre 2008

(The Walkmen / Donde esta la playa)


Concert de Kaki King à la Boule noire. Par moments tout de même le « milieu » dérange. Il n'y a pas beaucoup de spectateurs mais la plupart sont assez mal habillés et prennent maladivement en photo la chanteuse, qui passe la majorité du concert assise. On devine les types qui ont des webzines, celui là par exemple avec son gros ventre qui déclenche son appareil toutes les 2 minutes. C'est un concert spé comme on dit, la fille a du talent et sa guitare est le prolongement de ses doigts assurément mais enfin on s'ennuie assez vite avec Au. et on parle un peu trop fort. Même si elle pense que je suis trop critique, que je l'ai même toujours été, elle partage mes vues et on tombe d'accord tout le temps. J'apprécie sa distance par rapport à la plupart des concepts et, je le crois, des êtres. Je crois aussi qu'on s'en sort pas mal, elle dans sa vie de couple, moi dans mon existence en marge. En rentrant, et comme on habite à quelques centaines de mètres, je lui prête le dvd de Christophe Honoré « La belle personne », c'est bien la moindre des choses. Si le Temps voulait me faire signe et me démontrer que je suis peut être arrivé à cette neutralité parfaite, il ne s'y prendrait pas mieux : je vois la première fille dont j'ai été amoureux, il y a quinze ans. C'est de là qu'il faut repartir n'est ce pas ? Juste avant elle. Quand il n'y avait rien.

Publié par arnaultglamorama à 23:50:53 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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