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Glamorama and more

la musique la nuit

De Vieilles Charrues et un bain | 24 juillet 2006

Pendant que le monde entier est à Bénicassim je suis en Bretagne au Festival des Vieilles Charrues.



Pendant que tout le monde écoute la reprise minable du "Steady as she goes" des Raconteurs par les infâmes Infadels, j'écoute les Futureheads.



Pendant que tout le monde chante Oh Mandy, l'ultra tube du Spinto Band, ce titre se met en chair pour moi. Je m'explique : une chanson c'est avant tout une mélodie (variations, différences, liens subtils) mais cela peut aussi ETRE un corps à un moment donné. Je rentre des Vieilles Charrues et ca me paraît évident, cette fille, c'est cette chanson.
C. est plutôt petite, blonde, école de commerce, la Bretagne, vingt ans...


"-Tu as couché avec elle ?
- Non.
-Si tu en parles ainsi, c'est que tu n'as pas dû la baiser...on commence à pointer une petite fascination pour ce nouveau personnage, tu nous avais pas habitué à cela ces derniers temps...que des rendez vous ratés..
- Vraiment ?
-Assurément."

...elle est amie d'une ancienne stagiaire de Radiofrance, elles n'ont pas de chambre, venez donc dans la mienne, la chance veut que je dispose d'une immense mezzanine en plus d'un grand lit, oui d'accord, oui ok, ca ne te dérange pas mais pas du tout non non tu penses dit le lecteur...

"-Il n'empêche que tu n'as couché ni avec l'une ni avec l'autre.
- T'es lourd."

...le narrateur répond qu'il faut qu'il écoute Oh Mandy des Spinto Band et qu'il essaye de s'imaginer une fille qui serait le point de départ d'une pulsion scopique entétante digne de vertige prenant du refrain de cette chanson.


Oh Mandy, Oh Mandy
Oh Mandy, Oh Mandy
So Dreamy, Oh Mandy
So Killing, Oh Mandy
Oh Mandy, Oh Mandy
Can read me, and has me
Oh Mandy, Oh Mandy's
Completely out of reach

"-Tu vois, out of reach, tu nous fais le coup du truc impossible à avoir, la fille trop mignonne, t'en es encore là franchement ?
-Quand elle a fumé un joint de fleurs pures de majijuana et que j'ai croisé son regard sous une tente entre-ouverte blanche de l'espace presse du festival hier soir même, je peux t'assurer cher interlocuteur privilégié et incongru que c'était "Killing" "Dreamy" et un peu "out of reach" je l'avoue.
-Ca y est encore des références à la drogue..."

Le premier soir, M. et C. arrivent au bar de l'hôtel pour me retrouver et qu'on aille dans la chambre, je la vois arriver de loin...

"Evite ces images, c'est pas non plus une apparition, c'est une gamine de vingt ans."

...aprés les avoir retrouvées au bar de l'hôtel où je suis logé par le festival (prix de la chambre exorbitant quand on sait que plus de 6 000 bénévoles travaillent sur le festival durant les quatre jours, vous connaissez la formule : "Dieu n'existe pas donc tout est permis") nous allons dans la chambre, troisième étage, M. va rendre une visite coquine à quelqu'un que je ne peux pas nommer à un étage inférieur, on est dans ce genre de soirée où tout a basculé, tout est imprévu et le restera toute la nuit.
Elle est timide, on se connait depuis trois minutes et on va dormir dans la même chambre. Elle prend un bain (elle appelle un ami et lui fait écouter le son de l'eau qui coule pour le rendre jaloux, il vient de se blesser au visage et aux jambes, il raccroche probablement achevé par le vice de C.)
En fait elle est à l'aise, ne ferme pas à clés la porte de la salle de bain blanche et fraîche de quatre heures du matin d'une fin de juillet en France.

" - Tu n'es pas rentré dans le bain avec elle ? Elle est vraiment si jolie que ca ?"

Elle dit c'est trop bien, je suis trop bien dans l'eau froide, j'ai dormi dans une voiture la nuit dernière, merci beaucoup, je dis tu aimes les films d'horreur en éteignant la lumière, non, si j'ai peur mais tu n'es pas méchant, en même temps les vrais pervers sont gentils et rassurent leur victime...

"-Là tu ouvres la porte, non ?
- Non parce que je suis en train à ce moment là d'entrer mon numéro dans son portable qui est posé sur mon lit, à quelques centimètres de la salle de bains. Mon nom au dessus du numéro : LE BAIN.
- Ah, alors là d'accord. Mais tu es quand même en train de vendre une peau d'ours."

...CNN dans le fond, le Liban welcome back to the eighties, prend place sur le lit je ne vais pas te manger, la serviette blanche pas si serrée que ca autour de ses seins, M. n'est pas là, on s'en fiche non ? elle confirme en infirmant, comment ca se passe les choix de couleurs de vernis à ongles ? (je mens, je sais que ca doit être assortit aux habits biensûr mais je suis très pervers je veux qu'elle parle de ses pieds en les touchant) eh bien j'étais à la plage, chaussures, couleurs, vert, rose. Ses mains, les cicatrices sur son visage, évidentes, géométriques, ce sont des lignes, pas des marques de blessures, pour être précis elle ressemblent à des formes tracées par Picasso, elle la rendent belle, unique en quelque sorte, au même titre qu'un tableau. Mais aussi son cou, ses chevilles, ses yeux...tu cites tout le temps Rimbaud ? c'est pas un peu compliqué?, je lui dis de relire Rimbaud en pensant qu'il s'adresse directement à elle, petit geste de relâchement elle n'est pas très loin, revient sur le bord du lit, sourit, tourne la tête, on m'dévisage, on m'envisage comme une fille que je ne suis pas ou que je pourrais très bien être en fait....

" - Pourquoi tu ne l'embrasses pas à ce moment là ?
- Pulsion scopique envahissante et surtout : arrivée de M."

M. est un peu étrange, elle veut se coucher. La relation sexuelle n'est pas obligatoire, où commence t'elle, où finit t'elle vous dira t'on ici ou là, j'ai des certitudes sur la question mais il faut croire que je les oublie dans la bataille de pelochons, au milieu des explosions sur les trois corps de bouteilles d'eau, au sein des divers massages, parmi jeux de mains, rires, fous rires qui s'ensuivent. On placera l'érotisme où on voudra dans la scène mais on aura pas droit à un film pornographique, c'est entendu.

"- Tu regrettes non ?
 - Oui, non. Les doigts de C. sur mes épaules, les miens dans ses cheveux, ses petits gémissements, parfait."

Publié par arnaultglamorama à 22:52:44 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Deux casques et Rimbaud | 17 juillet 2006

Le plus beau mot en français est le mot célérité.

Une définition ?

Activité rapide. C'est une affaire qui requiert célérité. Grande rapidité à agir ou à se déplacer. Mais encore : vitesse de réaction, de propagation d'un phénomène ondulatoire. La vitesse de la lumière correspond à la célérité de la lumière dans le vide, traditionnelement notée c. D'après le Système international, elle vaut dans le vide exactement 299 792 458 m/s.

Une citation ? (tu commences à sérieusement nous échauffer avec tes citations.)


Va pour Rimbaud , Génie (le poème Génie) : "O ses souffles, ses têtes, ses courses ; la terrible célérité de la perfection des formes et de l'action."

Un souvenir ? Sur un circuit automobile, c'est la fin de l'aprés midi, la piste est libre. Je suis sur les genoux de mon père dans la monoplace qu'il a qualifié en pôle position quelques heures plus tôt pour la course qui aura lieu le lendemain. On vient de rentrer dans la ligne droite. Deux cent vingt kilomètres heures, j'ai six ans. Les arbres ne défilent pas, il fusent. Nos deux casques trouent le silence au milieu de la piste.

Avant d'entrer dans cette ligne droite on a passé une suite de virages. Il crie mais j'entends tout ce qu'il dit.
"Il faut toujours regarder les roues avant, leur placement. Et prévoir les mouvements d'après. Toujours la tête haute, tu vas toujours porter ton regard loin au devant de la voiture, là bas, regarde. Le volant c'est la suite de tes yeux.

Publié par arnaultglamorama à 14:27:45 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Les muets et un ascenseur | 17 juillet 2006

C., sous MDMA, il y a quelques jours :

" - Tu passes une bonne soirée ?
 - Oui, il y a beaucoup de monde, c'est gentil de la part de J. de m'avoir invité, très bel appartement...
- Tu as remarqué les filles là qui ne font rien ?
- Camus appelle ce genre de personnes les "muets", mais pas parce qu'elles ne parlent pas...
- Pourquoi ?"
Je commence l'explication mais elle n'écoute plus. Son produit est en train de monter en elle, direct dans le cervelet depuis la base du dos, c'est le principe. Aprés avoir avalé du MDMA, on a l'impression qu'on s'est fait avoir, il ne se passe rien, l'univers est vide comme une boîte de nuit un lundi soir, c'est horrible, on est tenté d'en reprendre. Erreur à ne pas commettre ou vous ne dormirez pas de deux jours. Car quarante cinq minutes plus tard, la giclée est puissante, d'un coup, comme c'est le cas sous mes yeux. C. monte au ciel dans un ascenseur fou. Et il n'y a pas de toit.
" - Tu veux pas me faire un calin ?
- Viens là.
- Tu as besoin de rien ?
- Non merci je suis déjà sous coke, il ne faut pas mélanger.
- Mais je parlais pas de ca...tu sais mon produit est pas encore monté mais je t'aime déjà..."

Dans vingt quatre heures elle n'aura plus de sentiments. Le MDMA ouvre la bouteille pétillante du crâne mais elle oublie de refermer celle-ci aprés la soirée. Le champagne de l'esprit chauffe. Et plus de bulles. Plus de sensations, de jugement. Plus de sentiments.
Il y a quelques années j'avais un soir un peu abusé, trois petits triangles blancs en une heure et demi. Une "lesbienne" m'avait alors dit (meilleure phrase de la décennie en cours) :  "Elle est bonne ta langue !" en me regardant entre ses jambes. Les quatres jours suivant j'allais à la radio, au supermarché, à la piscine comme une ombre. J'étais devenu un fantôme. Un truc un peu ridicule, exactement ce qu'est un fantôme, une entité qui passe, à laquelle on ne donne pas vraiment d'importance, qui n'a finalement pas de message-à-faire-passer-à-l'univers. Qui erre.
C'était une bonne expérience : pas de peur, pas d'exaltation, un Houellbecq en plastique. La seule pensée qui sautillait encore dans mon cerveau comme un moustique dans une boue qui s'assèche était douce et neutre, j'étais peut être devenu ce dont toute ma génération a entendu parler : un "scotch" suivant une prise de MDMA. Mais cette idée ne m'évoquait rien, je marchais, j'allais là et là et puis encore là, je me félicitais d'avoir des muscles, des os, même si j'avais perdu mon corps et j'acceptais tranquillement l'idée d'être transparent. Même à essayer de me concentrer pour mettre un peu plus de rapidité dans les mouvements des synapses, je ne recueillais qu'une résignation face à l'état de vide fade de ces jours. Et j'acceptais volontiers d'être ce spectre. J'ai donc été un fantôme.

Quatre jours plus tard et petit à petit, une érection en amenant une autre, je revenais habiter mon corps, je le remerciais de m'avoir attendu tout ce temps. Je me tapais amicalement sur l'épaule. Je me suis même offert un costume, de nouvelles chaussures pour fêter ce retour.

Publié par arnaultglamorama à 00:38:22 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Bono et Chirac | 16 juillet 2006

Bono et ses grosses bottes lors de leur dernier concert parisien, de source sûre. Il faut savoir que la scène se termine par un vol entre le Bourget et Nice où le chanteur de U2 a une maison. L'appareil utilisé, les fonds débloqués restent à ce jour inconnus.

" - Pour l'after-show on fait comme on a dit...restaurant... j'ai quatre vigiles, cela vous conviendra ? Puis on fait monter les rumeurs sur le club on vous irez et on va dans un autre, je vous propose cet endroit à Opéra il paraît que...
- Pas d'after show.
- Mais tout le monde est là, faut être présent en Europe, c'est une grande opportunité Paris, on a même fait la liste ensemble à Berlin avant hier...
- Je veux rentrer à Nice après le concert.
- Comment ca ? Mais il n'y aura plus de vols après le spectacle. C'est impossible. C'est impossible.
- Je m'en fouuuuuuuuuuuuuuuus, ce soir je borde mes enfants dans ma maison à Nice, vous vous démerdez !!!
- Je crains que cela soit impossible Bono.
- Vous allez vous débrouiller, vous n'avez qu'à appeller Jacques Chirac."

Publié par arnaultglamorama à 20:05:04 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Une actrice juive et Empédocle | 16 juillet 2006

Au Saint Jean aux Abesses avec J., le fils d'un comique et acteur et avec le batteur du groupe de rock le plus connu de France (on avait croisé, vous vous en souvenez, le chanteur de ce groupe à une soirée il y a quelques mois, il faisait alors entrer sa petite amie dans la drogue). Vitalité arrive avec une heure de retard mais arrive quand même (Vitalité c'est le dealer). Le fils de l'acteur est dialoguiste, a envie de dire avec qui il sort en ce moment mais reste discret, le batteur me dira que c'est une actrice française de trente cinq ans, juive, que vous connaissez tous et toutes, très belle, grande classe mais que ca n'empêche pas son ami de faire des parties à quatre avec trois mannequins islandaises dans des hôtels.


Plus tard au Truskel ce batteur me raconte :
"La fille me dit - Tu vois vous arrivez à Valenciennes, on a envie de vous choper, on vous veut, c'est normal, moi j'ai une vie de merde - qu'est ce que je suis censé lui repondre, je la baise et le matin je pars et elle se sent comme une merde? non j'ai fait ca deux trois fois, c'est minable, tu peux faire ce que tu veux à la nana, elle te regarde tout le temps même quand tu l'encules si tu veux, je m'en sors bien avec des filles qui sont pas fans, c'est même mieux, j'aurais pas du être en photo dans le livret de l'album."

Cette fille qui embrasse sa copine, se frotte à moi, montre à tout le monde ses bas noirs, elle a une sorte de casque aussi. Plusieurs personnes croient que c'est Daft Punk.


Un gramme de cocaïne, de la chance qu'elle ne soit pas mal coupée, ca évite le manque. Pris tout ca en trois heures, peut être un peu moins.
Je me répète Empédocle d'Agrigente (un pré socratique, cinquième siècle AVJC) dans les toilettes devant le bout de paille blanc, rouge et vert qui fait des allers et venues entre le paquet de Benson and Hedges Silver et ma narine droite, liant ma tête au produit, mon cerveau à la substance, le fond sonore c'est encore ce stupide remix de Bloc Party "I can give you life, i can take it away, she don't think straight oh no no she don't think straight, she's got such a dirty mind..." :

"Comme la roue d'un char tournant tout près du but."

Ou mieux :
"Le feu jaillit brusquement en s'élevant."
(Aussi simple que ca, un putain de feu qui jaillit.)

Ou même :
"Sous le sol beaucoup de feux sont allumés"
( Il suffit de se créer un image de l'intérieur de la terre, vous verrez ca devient évident, il y a des putains de feux, c'est super effrayant!)

On encore, plus dans la scène que vous visualisez à l'instant :
"Tous les membres du Dieu furent ébranlés les uns après les autres."
(Je vous fais pas de dessin.)

Comme dans trois jours je vais au festival des Vieilles Charrues il faut que j'arrive à dormir donc dernière citation, dans l'air de la nuit, chez moi à Nation :
"La terre s'unit à elle-même, l'éther augmente l'éther."
(Parfait pour le sommeil, vous voyez très bien la terre se gonfler d'elle même, s'affirmer. Et le ciel se répandre. Tout est en place pour finir.)

Publié par arnaultglamorama à 19:44:22 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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