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Glamorama and more

la musique la nuit

Vampire Week end et The Dodoz | 05 juillet 2008

(Vampire Week end / Campus)

Solidays avec S. et ses copines. The Dodoz : tournent depuis quelques mois comme des fous, là ils sont face à Micky Green qui joue sur une plus grande scène au même moment. Ils sont excellents, la toute dernière frange des bébés rockers frappe là où ca fait mal. Les gamins sont absolument fous sous le chapiteau, ils pogottent en riant. Vous avez déjà vu des gens qui se sautent les uns sur les autres en arborant une sourire jusqu'aux oreilles au moment même où celles-ci manquent de peu de se faire arracher par un type qui envoie son corps vers votre tête ? La chanteuse est mignonne et puis pas mal en fonction du sourire et de la frange, on ne peut pas savoir. Elle chante juste et son accent français sur les paroles anglaises n'est pas dérangeant, ce qui est rare. Leur pop sent l'été, le foin, la vodka barbe à papa. Les guitaristes tournoient sur eux même, s'entendent bien, sourient. Tout cela est frais et réjouissant.

Il fallait bien que cela arrive, depuis le temps que j'en parle, que je tourne autour, ce n'est pas que je vous bassine avec ca mais je vous balance par-dessus bord, direct dans la flotte non ? Depuis le temps, il fallait bien que cela arrive depuis le temps. Vampire Week end en live ou l'impression d'être dans le présent comme on l'est rarement. C'est pas compliqué on manque de se faire tabasser en rejoignant le milieu de la foule hé ho tu te calmes hé ho toi aussi tu te calmes c'est qui ces tarés là ? putain mon pied connard, putain mon sein connasse putain ta gueule wooooh là ! Les histoires des chansons de Vampire Week end : du charme du charme, elle et lui chabada on est riche et alors on est étudiants et oui on est intelligents et on s'aime et c'est compliqué et on a envie de faire l'amour dans les campus et les filles ne portent pas de soutien gorge sous leur sweat shirt ciglé des initiales de l'université et elles ont des jambes musclées et blanches. Dans Campus "How am i supposed to pretend i never want to see you again ?" L'histoire des musiciens : on est bien propres et on a appris les rythmes africains à la fac. L'industrie musicale est enchantée, les blogs se déchainent pour trouver les plus belles formules, les journalistes sérieux analysent et tout le monde est d'accord : le groupe de 2008 que l'univers retiendra après la vague arty MGMT. Comme leur album est un ensemble de démos bien enregistrées, la classe du live n'est que plus flagrante. « Mettre un préservatif, c'est mieux que l'abstinence ». En français dans le texte. La foule crie. « Nous aussi on est mieux que l'abstinence ». La foule hurle et ne se rend pas compte qu'ils jouent un nouveau morceau très envolé avec ses petits rythmes électro. Des gens tentent de violer d'autres gens dans la masse, les manèges s'arrêtent de tourner sur le site de l'hippodrome, je me casse franchement la gorge en hurlant au public « ah ca c'est pas ton Hoosiers de merde ! ah ca c'est pas ton Radiohead de merde hein ! ah là tu t'endors pas salaud ! » et à la fin du concert je sors du chapiteau à quatre pattes. Dans le vrai sens du terme, c'est-à-dire que je marche sur les genoux et les mains le long de la pelouse en disant que je suis noir désormais et une fille noire s'approche de moi en balayant son doigt devant mes yeux ce qui veut dire que ce n'est peut être pas le cas.
Puis diverses imitations de la pochette de l'album de Crystal Castles pour des photos et live de Vitalic prodigieux sans oublier de se moquer de Rose en répétant car c'est nécessaire tout le long de son single pourri : « Boire de la vodka, boire de la vodka. Boire de la vodka, boireuh de la vodka. Boire de la vodka... ».

Dans mon lit je fais une prière au moment de dormir en demandant au divin une chose précise et en le nommant Dieu de l'Univers.
Demain je vais dans l'hémisphère sud, tout en bas de l'Afrique.

Publié par arnaultglamorama à 19:51:31 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Villes et Vénus | 04 juillet 2008

(Primal scream / All fall down)

Rimbaud toujours : dans la nuit devant le club hier soir c'est exactement la représentation de la scène de « Villes » dans les Illuminations. Tout un groupe de gens arrive en hurlant, ils sont une trentaine. Le moment se présente absolument ainsi.

Les Bacchantes des banlieues sanglotent et la lune hurle. Vénus entre dans les cavernes des forgerons et des ermites. Des groupes de beffrois chantent les idées des peuples. Des châteaux bâtis en os sort la musique inconnue. Toutes les légendes évoluent et les élans se ruent dans les bourgs. Le paradis des orages s'effondre. Les sauvages dansent sans cesse la fête de la nuit.

Publié par arnaultglamorama à 01:39:13 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

La musique savante et le chien fou | 03 juillet 2008

(Broadcast / Evil is coming)

Le récit nombreux des jours de l'amour...non mais tu veux dire quoi par là ? Des souvenirs, des images, des sensations ? Un récit ne peut pas être « nombreux », cela saute aux yeux ou bien tu vas m'expliquer que la grammaire a fait volte face dans la nuit... Les jours de l'amour oui pourquoi pas, le sexe, les baisers, le temps passé avec la personne, non ?

On n'y est pas. Rimbaud a vu juste, la musique savante manque à notre désir. Des tonnes et des tonnes d'imprimés pour en arriver à cette phrase, à ces deux phrases...
Tout ce qu'on nous raconte, tout ce qu'on vit, l'incroyable torrent de sentiments déversés à chaque instant partout. Le passé pffff, cela siffle aux oreilles et donne d'invisibles otites... Si comme le dit Joyce l'histoire est un cauchemar dont j'essaie de me réveiller, l'histoire de l'amour est une suite de rêves poisseux rêvés par tout le monde. Ca colle, ca suinte à qui mieux mieux, comme on dit à Toulouse : ca pègue.
Rien à voir avec ce qui se passe dans mon corps, on me répète des sornettes en salade, moi je parle du corps amoureux...
Voyez comme ils s'ennuient, comme ils se mentent, comme ils sont malheureux en se traînant dans la boue de l'amour.
Ecoutez la musique, ca bascule, Rimbaud pointe son nez à nouveau Oh l'autre monde, l'habitation bénie par le ciel et les ombrages...Une habitation bénie par l'ensemble des apparences, à la fois par le ciel et les ombrages !
De l'air de l'air, musique et chants, on ferme les yeux et on danse. Ce n'est même plus une célébration, c'est l'être qui se pointe. Directement en relation avec le ciel et les étoiles, le rythme ! Il y a des filles qui vous mènent directement dans la danse, elles n'ont rien demandé, lourd fardeau finalement, qu'au singulier elle m'excuse...plutôt belles plutôt belle, diamant droit et lignes parfaites (yeux, joue, cou) : précision de l'univers à partir d'un visage. Vous y êtes quand elle précise l'univers. Sens et révélation de ce sens. Comment ne pas s'adresser à elle quand c'est évident comme un orage qui explose ? Je l'ai trop fait bien sûr...on s'approprie sans cesse, on ne peut s'empêcher, mais enfin tout s'éclaircit.
On va me prendre pour un fou mais enfin je suis un chien fou.

Publié par arnaultglamorama à 21:11:17 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Les jardins de Bagatelle et le récit nombreux des jours de l'amour | 29 juin 2008

(Love / A message to pretty)


Dans le bois de Boulogne je ne cherche pas de transsexuels mais plutôt le chemin de la fête avec NP et LT. Il faut marcher longtemps dans le noir pour arriver aux jardins de Bagatelle. On aperçoit une mansarde cossue d'où parviennent une électro censée et des lumières puissantes. Des gens en peignoir, des filles aux hautes oreilles de lapinou, vous avez compris, c'est une soirée playboy. A l'entrée une fille métisse immense et droite sur des talons hyper immenses dit à deux types : « Pas de carton, pas d'accompagnement, pas de contact, pas de peignoir, pas de lapinou. Vous ne rentrez pas messieurs. Enfin si vous rentrez. Mais chez vous. »
 Foule compacte disposée sur une terrasse géante entourée d'arbres noirs du noir de la nuit. Est-ce qu'ils s'amusent vraiment ? Les tables plutôt bien alignées où trônent des magnums frais sont le lieu de la grande démonstration, il est nécessaire d'acheter un maximum de bouteilles et de le montrer de manière évidente. On se contente de vodkas discrètes. Judith Godrèche est en couverture du numéro d'été que l'on feuillette en râlant qu'il n'y ait absolument aucune chatoune à mater à l'intérieur. Que font les blacks aux portes de la nuit ? (ils entourent les tables les plus proches de l'extérieur de la scène) Ils empêchent les intrus de rentrer et les convives de se droguer dans tout ce qui est fourrés, petites clairières, troncs d'arbres, hamacs naturels.
C'est le moment de danser une vingtaine de secondes sur A punk de Vampire Weekend et de respirer la fausse fumée qui se mélange à la vraie humidité du lieu. Beigbeder se faufile vers les platines et enchaîne avec Polnareff, pourquoi pas. Il a vraiment la classe : lunettes gigantesques et peignoir rouge écarlate, il a l'air d'un pape et d'un roi.

Plus tard au Showcase pour la soirée Jalouse rocks Paris force est de constater que c'est raté. Pas beaucoup de monde et puis de toute façon l'endroit est trop grand. The Virgins multipliés par les images sur le mur du club, filles délurées qui poussent hors des lieux les filles qui s'ennuient, une DJ qui se cache dans un coin de la scène parce qu'elle a le trac ou parce qu'elle ne veut pas voir qu'il n'y a tout de même pas grand monde. Comme j'ai évolué de manière fabuleuse je ne fais pas ici référence à une soirée passée dans ce même lieu avec A. il y a quelques temps, les plus malins s'en souviennent, tout est écrit un peu plus loin ici. Comme j'ai évolué de manière fabuleuse je ne prends plus la peine d'expliquer la raison de la présence du titre de Love que vous êtes en train d'écouter.

Au matin, se répétant durant les minutes de réveil de mon corps, ces mots de Hölderlin, dans leur opacité grammaticale et leur force transcendantale :
« Le récit nombreux des jours de l'amour ».

Publié par arnaultglamorama à 17:56:06 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Une engeance supérieure et l'invention d'un langage | 25 juin 2008

(Love / My little red book)

Soirée foudroyante. Les meilleurs moments en pleine semaine finalement. Les groupes Brooklyn, Neïmo, adorables, bosseurs, connaissent les combines, les contrats, les fêtes. Monde absolument hors du monde où chaque note de musique a une importance capitale, où chaque groupe est une position dans l'univers. Pas un point de vue ni une proposition artistique mais bien une engeance supérieure, fondamentale.

Les expressions que j'utilisais avec A. et qui tombent à plat désormais, merveille classique de l'invention d'un langage avec la personne que vous aimez. Comme consolation, pensée de tout ce que nous avons évité et de ce que nous avons fait ensemble et qu'il est rageant de devoir pousser dans le passé. Beaucoup de mal à faire comprendre, même ici finalement et même à elle, l'ampleur qu'elle a eu pour moi. Mais pourquoi m'acharner ? Pour ses rires, son humour, sa beauté furieuse, son style. L'été sans elle miraculeusement sauvé par les circonstances (voyage en Afrique du Sud).

Dans le creux de la nuit je me dis : « C'est exactement la vie que tu as voulu avoir ».  

Publié par arnaultglamorama à 23:39:02 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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