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Glamorama and more

la musique la nuit

Gabrielle Hallez (Tarnac) et Franz Kafka | 21 janvier 2009

(Saint Etienne / London belongs to me)



Troisième jour consécutif avec Bach et sa divine (forcément) Messe en Si. Dès la sortie du métro on dirait que ma marche va aboutir au bouton du petit poste radio de la chambre. J'allume et j'écoute. J'ai toujours aimé les répétitions, mouvement fondamental venant de l'enfance : caché retrouvé caché retrouvé. On laissera à la cohorte gentille de psychanalystes le soin de forcer ici la théorie : lâcher reprendre lâcher reprendre pour mieux s'habituer à un objet, le consacrer, le connaître. Depuis trois jours donc je fais la même chose en me forçant à écouter ce disque qui me repousse, qui a lieu sans moi. Je n'ai jamais écouté de musique classique. Ce n'est pas vraiment un regret, bien plutôt une erreur finalement. Bon sang je ne suis pas là dedans, c'est une sensation très précise d'exclusion du paradis. Le disque tourne, Valérie Bonnard est en pleine forme, il se passe sérieusement quelque chose que je ne peux pas appréhender.

Guy Debord m'est plus familier, c'est une vraie plongée dans le cœur de la nuit (merveilleuse édition récente Quarto chez Gallimard).
En 1956 il est question de fragmenter psychogéographiquement l'agglomération Londonienne. C'est-à-dire de dériver dans la ville, d'y trouver des ambiances, de faire une carte très précise de Londres en y  expliquant les rapports entre ce qui s'y vit et l'état mental, l'humeur de l'être qui traverse les rues et les lieux. La définition exacte : « Entre les divers procédés situationnistes, la dérive se définit comme une technique du passage hâtif à travers des ambiances variées. (...) Le concept est lié à l'affirmation d'un comportement ludique-constructif, ce qui l'oppose en tous points aux notions classiques de voyage et de promenade.»
Le but ?
« La solution offerte exercera une influence radicale sur des activités de toutes sortes : plastiques, politiques, littéraires, sociales, journalistiques, érotiques, populaires, militaires, philosophiques, cinématographiques, aristocratiques, pédagogiques, commerciales, religieuses, culinaires, architecturales, etc. »

J'aime que Gabrielle Hallez, mise en examen dans l'affaire de Tarnac, ai eu une pensée pour Kafka.
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/01/20/tarnac-l-une-des-supposes-terroristes-temoigne_1143981_0.html

Publié par arnaultglamorama à 18:53:00 dans Glamorama and more | Commentaires (2) |

Information Presse du 19 janvier 2009 | 20 janvier 2009

Il y a des choses qui se passent de commentaires et que les surréalistes auraient pu utiliser assurément (j'ai gardé les fautes d'orthographes) :


Information Presse du 19 janvier 2009

 

 Votre chien vous rembourse une partie de votre forfait remonté mécanique

 

C'est en effet, ce que propose la société Gardicanin, qui propose des formules de garde d'animaux, à ses clients partant aux sports d'hiver. Sur présentation de la preuve d'achat, la société rembourse 10€ à ses clients leur confiant la garde de leur chien ou chat. « Dans un contexte économique difficile, nous souhaitons faire un geste à nos clients en améliorant, à notre manière, leur pouvoir d'achat » déclare Julien Muller, fondateur de gardicanin.

 

Voila une initiative qui vous donnera le sourire sur les pistes enneigées pendant que votre compagnon vous attendra bien sagement dans sa famille d'accueil... sur le canapé !

 

Pour plus de renseignements, rendez vous sur www.gardicanin.fr ou par téléphone au 0.826.620.705.

 

A propos de Gardicanin

 

Créée en 2006 par Julien MULLER, jeune bénévole de 24 ans, Gardicanin (www.gardicanin.fr) est la société leader  dans la  garde et promenade d'animaux en France. Plus de 6.000 clients ont déjà bénéficiés de ses services et plus de 97% se déclarent satisfaits.

Gardicanin est la seule société à inclure une assurance développée sur mesure pour cette activité nouvelle en partenariat avec l'assureur Générali et Europe Assistance.

Enfin, Gardicanin est également recommandée par la SPA et réalise un don de 5€ pour chaque prestation dans le but d'améliorer la condition de vie des animaux en refuges.

Publié par arnaultglamorama à 10:23:52 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Rimbaud ou Camus ? | 18 janvier 2009

(Saint Etienne / Are we gonna be alright ?)


Debord écrit à son ami Hervé Falcou en 1950 :
« Nous aurons vécu à une époque merveilleusement tragique, un temps lyrique, mais un temps très dur, qui interdit le bonheur dans le réel parce que nous ne voulons plus nous contenter des vieilles joies et parce que nous n'avons encore rien changé à la conception du monde d'une multitude au front de taureau. »
Cinquante neuf ans plus tard, le monde ne présente t'il pas son front de taureau ?

Echange de textos avec un ami :
« Tu fais quoi mon frère ? »
« Je lis des tracts de Guy Debord, je suis le dernier révolutionnaire. »
« A d'autres ! Tu veux pas me rejoindre dans un bar de Belleville ? »
« Impossible, je m'occupe de l'avenir de la philosophie mondiale. »
(Une vraie profondeur dans une légèreté riante et joueuse, ma seule vraie prétention)


Il y a beaucoup de gens moches dans le club, comme si la beauté s'était éclipsée de toute façon. J'ai ma petite expérience sur le sujet, mais j'en ai toujours trop dit. Où donc ai-je lu cette phrase ? « La divinité est venue et elle n'a rien dit ».
Comme on est bien loin de Guy Debord et des aventures collectives du début de son œuvre. Comme je suis bien loin de tout cela. Encore une fois obligé de me justifier dans la conversation avec des amis hier soir. Tout part de Rimbaud. J'entends les trucs habituels du genre : « Il faut voir la vie qu'il a eu quand même, c'est un artiste maudit ». On monte en flèche Camus et la conversation ne peut que se porter sur la mère de celui-ci. Je demande qu'on se pose la question de la relation des penseurs avec leur mère, comme par hasard il y a quelque chose qui cloche, qui sonne faux dans ce rapport (Baudelaire, Nietzsche, Houellebecq si on veut, les exemples sont là). Camus d'accord, quelques textes, descriptions de l'Algérie, c'est un hommage à la mère, mais enfin entre Arthur et Albert, n'y a-t-il pas une grande distance, une différence de talent ?
L'amitié est bien là, réelle, palpable, on rit beaucoup c'est entendu mais enfin il me faut m'expliquer longuement et péniblement sur cette idée de la naissance multiple, non générationnelle. On me répond respect pour la famille, pour certaines vertus. On pare un monde insuffisant d'une importance qu'il n'a pas et c'est un vieil univers devant lequel la plupart des gens se couchent qui a le dernier mot dans toutes ces bouches. La liberté absolue de choisir les parents que l'on veut, le jeu fondamental avec ces rôles, la reprise en main et la traversée des codes familiaux (j'ai parlé récemment de la Vierge avec Saint Anne de Vinci) : impossible de rendre cela vivant dans une conversation. Alors quand je raconte que j'ai un blog, c'est comme une outrance absolue, les figures se décomposent, il ne faudrait pas que ca existe. Je ne crois pas me plaindre, je file voilà tout.

1953, Manifeste pour une construction de situations :
« L'univers en cours d'éclatement. Et nous allions d'un bar à l'autre en donnant la main à diverses petites filles périssables comme les stupéfiants dont naturellement nous abusions. Tout cela n'était que relativement drôle. »

Juste à la suite, une phrase bien appuyée. Mais de qui parle t'il exactement ? De cette « écolière perdue, ta belle, ta triste jeunesse ;  et les neiges d'Aubervilliers » ?
« Mais que deviendra-t-elle dans tous les ports illuminés de l'été, dans tous les abandons du monde, dans le vieillissement du monde ? »

Publié par arnaultglamorama à 14:26:09 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Valérie Bonnard et Jean Sébastien Bach | 15 janvier 2009

(Jean Sebastien Bach / Messe en si mineur - XIII XIV Coro / Credo in unum Deum)

Pour une raison obscure je reçois un disque de Bach « Messe en si mineur ». On ne peut pas vraiment dire que cela soit ma spécialité. Yumiko Tanimura soprano, Sébastien Droy ténor, Christian Immler basse et, cerise sur la corbeille de fruit, Valérie Bonnard alto. Sur le livret Valérie Bonnard ressemble un peu à Christine Angot mais elle sourit plus que cette dernière. Elle a l'air contente. Peut être qu'elle est fière de porter ce nom de famille.
Voilà, on passe de l'autre côté, comme si on allait dans le vrai côté. Allez on prend son souffle.
Je crois en un seul Dieu. Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible.
C'est très précis tout de même, dans le cœur de l'affaire il n'y a pas d'autre place possible que celle qui est assignée, qui est là. On se met bien d'accord, la création concerne l'ensemble ciel et terre, univers visible tout comme univers invisible.

Publié par arnaultglamorama à 18:24:12 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Les jumeaux incestueux et de jeunes canards sales | 11 janvier 2009

(Mystery Jets / Umbrellahead)

Cette petite vie est entièrement dissolue, je continue à suivre son rythme intrépide comme si le soleil n'était au final qu'un stroboscope. L'arc de la soirée suit, entre autres, une conversation intello avec Th. qui était récemment à New York et a visité ses musées. La question qu'il pose est la bonne, et nécessaire même si elle doit rester en suspens : que se passe-t'il exactement au début du vingtième siècle en France, d'où vient cette lumière directe dans la musique, la peinture ? D'où ca vient Bonnard, Vuillard, Satie ? On ne s'y attend pas après tout, ce n'est pas prévu au programme. Comme quand on doit arriver aux Etats Unis et que l'on tombe sur ces français maîtres du temps. Le dix neuvième siècle, dont l'histoire reste à faire débouche sur eux, sur cette déferlante créatrice incroyable. On connaît la suite, la question des questions de la double guerre et de son cortège de fantômes plus vivants que les vivants.
Aujourd'hui ?
Minimalisme à tout va (regardez les immeubles, c'est comme si on ne voulait pas prendre de risque, on ne veut pas avoir tord donc le mouvement est refusé, la crainte est trop forte, même chose dans le design, on croit que le vide donne forme aux choses et qu'il faut le singer).
Capitalisme perfectionné (notre président déclare ces jours ci que ce capitalisme, qui n'est rien d'autre que la surface entière de la planète, n'est pas à remettre en cause, qu'il faut le moraliser, comme si capitalisme et morale n'étaient pas deux jumeaux impossibles à séparer et hurlant dans une jouissance furieuse leur inceste indestructible).
Nihilisme acéré (l'émergence des débats, des crises et des manifestations encadrées ne sont que le cri de victoire du non sens. Tout s'équivaut dans le meilleur des mondes, on ne va pas s'en sortir et on patauge gaiment les uns sur les autres comme de jeunes canards sales).

Publié par arnaultglamorama à 17:31:38 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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