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Glamorama and more

la musique la nuit

Kim & Jessie | 23 avril 2008

(M83 / Kim & Jessie )

C'est incroyable ce qu'on peut être incompris. Et c'est tout aussi incroyable que cela paraisse naturel, normal. Et qu'on en vienne à aimer cela...bien sûr...la vie est facile et élégante, bienvenue dans la solitude douce et calme. Il faut beaucoup se taire. Plus on se tait, plus la lucidité est là.
Qui me voit hocher la tête à l'écoute d'un morceau de M83 ce soir, à la sortie du métro Buzenval ? La musique a lieu en moi, elle se révèle, prend sa place, elle devient. Je traverse la rue au moment ou le synthé ? guitare ? lance sa mélodie, dans le fond. Ecoutez, c'est lancinant, comme si les quatre notes avaient toujours été là. Colonne vertébrale de haut en bas, jusqu'à la base du crâne. Qui n'a pas pressenti que la musique est le lieu même de l'être n'a pas vraiment vécu. Le shoegazing...de plus en plus à la mode, tant mieux. L'intelligence de la construction à nouveau en vogue...les boucles, les murs de son... qu'est ce que ca raconte ?  somebody lurks in the shadows...quelqu'un se cache dans les ombres...c'est ca, on y est, le tableau prend une couleur pastel (pourquoi pas ?)...brouillard luisant et frais...les aigus qui se balancent entre vos deux oreilles...on est tout à fait dedans, cœur cœur centre du cœur...
Je traverse, je danse sans trop forcer le mouvement, les yeux plissés, comme si une drogue exquise m'était injectée, tout est renforcé dans le cou, sensation palpée à l'intérieur, ca se contracte, mes épaules montent, le rythme revient, le chant, la mélodie à nouveau...voilà ce qu'est un vrai shot, pas besoin de chimie.

Publié par arnaultglamorama à 22:43:36 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Sophie Calle et le Credo | 20 avril 2008

(Broadcast / Tears in the typing pool)

A. comme un concept désormais. Une lettre symbole, hiéroglyphe personnel, fétiche intime. Entièrement déconnecté de la réalité. Ce qu'elle me reprochait doucement, ne pas écrire assez sur elle. Maintenant c'est probablement trop, autre temps pourtant si proche. Ses apparitions dans mes rêves, qui ne sont même pas à analyser tant l'évidence est là. Dans des foules, ses lèvres. Dans des rues, ses habits. Dans les métros, ses cheveux blonds.
Bon je ne vous fais pas Sophie Calle / Le blog...mais pourquoi pas.
C'est l'heure de la sublimation... je me récite sous la douche le concept lacanien du « célibat de l'amour », je fais des petits schémas mentaux, c'est une prière silencieuse qui ne demande rien, qui appelle juste la lucidité de la formule...ca marche un peu...je pleure doucement sous les gouttes d'eau... ca ne dure pas longtemps...petite saignée lacrymale comme ca gentiment...personne ne voit ca et c'est très bien...et même si quelqu'un voyait, ce serait invisible, bruit de la douche, chaleur qui expliquerait les yeux un peu rouges...ne pas devenir une phrase de Duras bon sang...j'essuie la buée sur la vitre de la douche et juste derrière, contre le carrelage blanc de la salle de bain, une feuille de papier et l'écriture de A. le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux Cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout puissant d'où il viendra juger les vivants et les morts je crois en l'Esprit Saint...

Publié par arnaultglamorama à 18:12:39 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Un jardin à Passy et un lycée à Toulouse | 19 avril 2008

(The Indelicates / Julia we don't live in the sixties)

Pour rejoindre la radio depuis la station de métro Passy le matin (la plupart du temps l'après midi) il faut marcher quelques minutes. Je prends parfois un raccourci particulier et me retrouve dans un jardin, pratiquement privé, incoyablement calme. Ce ne sont que trois minutes à travers cet espace de nature aseptisé au cœur de la ville. Tous les immeubles sont blancs, dix neuvième siècle ou début vingtième, grands architectes, on est en plein seizième arrondissement.  Là, je pense aux étendues de pelouse de mon lycée, il a treize ans. C'était un château, juste aux abords de Toulouse, les cours avaient parfois lieu dehors comme ca, philosophie de la nature dans la nature. « Bellevue », nom explicite et divin. Il était déjà question de musique, de groupes, chaque jour un nouveau morceau à écouter. Il faut débattre, tout a une importance capitale. Batterie, guitare, attitude. On lit avidemment le New musical express, bien plus qu'une Bible à nos yeux. On ne fait vraiment que cela. Les cours ? Facile. Il suffit au final de bien improviser, de faire des sourires, apprentissage fondamental. Bien sûr en cachette je lis Lacan sans rien dire à personne. Je suis libre comme le ciel et les milliers de chansons qui le parcourent.

Publié par arnaultglamorama à 19:11:47 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Le mot condescendant et la rue Princesse | 17 avril 2008

« -Franchement toi tu es condescendant et elle aussi. Je te parle, je vous demande si vous êtes ensemble, je suis gentil et vous me regardez méchamment, je ne comprends pas.
-Mais tout va bien.
-Non tout ne va pas bien. »
Il veut se battre, il est perdu, il en a marre, il y a cette bile première dans son sang, ca se voit, ca ressort, ca déborde, il est à bout, il pourrait tout aussi bien pleurer, ce serait la même chose. Alors oui je suis condescendant, hautain, dégagé de mille responsabilités et libre comme un cerf, comme un lion. Mais qu'on ne compte pas sur moi pour prendre en charge une violence toute contenue et qui ne demande qu'à exploser. Je préfère paraître idiot et faire semblant de ne pas voir cela. On peut très bien choisir de ne pas rentrer dans les scènes qui nous sont proposées. Il y a toujours une issue, une porte dérobée. Faites vous oublier comme ca, « filez ici, filez là... »
Ce genre d'attitude est aussi dû à J. Elle provoque des comportements étranges. Comme si tout se précipitait autour d'elle, tout va plus vite. On voit directement les attitudes se préciser. Les filles sont bouche bée, les garçons atomisés. Pouf.
L., fidèle à lui-même et à sa curiosité enquête, la googlise, m'envoit les liens. Les filles que je connais la détestent par avance.
Quand à moi, je suis complètement neutre. A. est là à chaque instant, on n'est pas du tout séparés, biffures de mon esprit qui face à la réalité s'esquive. Plus que deux ou trois décennies et je l'oublierais.
Rue Princesse, tout au bout, facade rouge, attachées de presse au garde à vous, on est chez Castel, il faut fêter l'ouverture du festival Jazz à Saint-Germain. Bonjour bonjour, serrage de main sur fond silencieux d'étagères pleines de livres et de moquette bordeaux. On est assis, sages et chuchotant.
« -To be honest, this is going to be an orgy.
-Fuck off »
Le serveur a des bras très courts, la vodka se mélange avec des liquides colorés, j'ai une très grande pensée pour Proust sans que rien ne la justifie. Elle me donne une information confidentielle qui a une portée internationale et que je ne peux pas révéler. Et puis on est de vrais touristes, c'est amusant. Ils ne sont pas là pour longtemps, week end tout au plus, mariage en vue, parlent anglais et brésilien, beaucoup d'argent ? Possible. Doivent être avocats, dans la pub, un truc comme ca. Quoi ? Mannequin et journaliste ? Oui ok, why not. Crêpe au Nutella dans la rue, on est passablement saouls. Photo devant Saint Germain des Près, café et bouteille de champagne au Flore.

Publié par arnaultglamorama à 14:54:21 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

L'héritage de mai 68 et la lenteur du marché de la mode | 14 avril 2008

(Broadcast / You and me in time)

L'héritage de Mai 68 ? Un paragraphe, à lire et à comprendre, loin des versions officielles et précis comme un souvenir peut l'être. Sollers peut dire « J'y étais » .

« Souviens toi de la rue Monsieur-le-Prince, Alix, quand on était si pauvres et si libres. Tu me reprochais de toujours travailler la fenêtre ouverte, tu avais froid. Tu partais me chercher, la nuit, dans les bars. Je rougis en repensant à ma grossièreté d'alors, à mes violences. Tu ne croyais pas à toutes ces histoires de Révolution, tu avais raison, tu avais tort. Il y a des moments où il faut avoir beaucoup tort pour avoir raison d'une autre façon qui ne sera jamais comptabilisée, tant mieux, peu importe. La plupart de nos amis sont morts, nos ennemis sont des morts vivants, ils ont gagné, ils écrivent l'histoire comme ils veulent, ils traînent, ici ou là, quelques survivants dans leur spectacle de dérision. La défaite est dure et amère, mais nous n'avons pas voulu un autre destin. Pas de jugement, ici, chacun son silence. Avec qui parler ? Comment s'expliquer ? Laissons. Je te revois, un matin, m'empêchant de sauter par la fenêtre, et criant, et pleurant. La dose était forte. Je sens encore tes bras autour de moi, je devais jouer un peu, et toi aussi, le mensonge est là sans cesse, mais enfin on a fini par rouler par terre, chambre étroite, lit, quatre pattes sur le plancher, ta main sur mon front, ta désolation, ta réserve tellement plus criante que toute réprobation. Allons, debout, descendons prendre un café et regarder la rue vaincue et déserte. On va se fâcher avec un tas de gens, parfois les meilleurs, tant pis. Jeter l'éponge, nous ? Jamais. On ne cèdera pas sur le fond, quelle que soit la forme qu'il prenne, et même s'il faut aller en apparence à l'autre extrême pour ne pas être coincés et piégés. La police, chérie, est la chose en soi. Filons ici, filons là. Bonne chance où que tu sois. Je t'aime. » (Studio / Gallimard 1997)

La Révolution qui naît dans le cerveau et qui y retourne et se transforme...
Vous en avez un peu marre, vous ne comprenez toujours pas pourquoi j'ai effacé le dernier post qui évoquait une cigarette assaisonnée à la cocaïne. La censure a-t'elle frappé ? Le texte devenait trop triste ? Et puis les parenthèses sorties de leur contexte, pfffffffff...

« Armani, Gucci... »
« It's slow, it's slow, i don't know why, but my agent wants me to stay. »
« Really like your shirt and really like the music here. »

Publié par arnaultglamorama à 19:29:50 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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