(Primal Scream / Uptown)
La rédac chef du magazine : « Vous pouvez y aller là ! ». Autrement dit elle attend que je sois méchant dans la critique, il faut que ca saigne. Et le film en question est affligeant, alors on y va. Tout cela est très amusant car sans véritable importance dans le fond (l'univers ne sera pas sauvé par un plan séquence). Ce sont finalement de petits exercices de rhétorique, j'y cache des indices valables seulement pour moi, je m'arrange pour écrire exactement le nombre de signes qui me sont demandés, il faut trouver d'autres mots, remplacer, jongler, il y a parfois des rimes visibles, à d'autres moments elles ne le sont pas.
Pour les commentaires, je ne réponds jamais par principe (pourquoi répondre maintenant que le blog a son petit succès alors que je ne l'ai jamais fait ?). Le narrateur est néanmoins attentif aux remarques invisibles, bonnes ou mauvaises.
Différentes fêtes de mieux en mieux choisies. J'aime la musique et ses gens qui n'ont rien à dire, rien à montrer. Il y a une neutralité de fond (l'univers ne sera pas sauvé par l'indie pop) qui laisse place aux rencontres nocturnes dignes du situationnisme. La Dérive, non romantique, non nihiliste. Les filles faciles et drôles. « Tu veux t'assoir sur mes genoux ? » Je m'assois sur ses genoux. Les étrangères prêtes à toutes les visites. « Je t'ai dis que suis pas Suède, suis Finlande, je travailler american apparel ». Les jolies professionnelles qui ne sont pas encore alcooliques. « J'ai tel et tel artiste en promo tel et tel jour ».
Penser à m'acheter un grand masque de cheval comme dans le film de Bertrand Bonnello « De la guerre » et le porter toute une journée.
Publié par arnaultglamorama à 19:36:42 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
« Ah ouais je vous sauve hein, vous avez l'air d'être dans un sale état
hein. Vous voulez passer par les quais ou par Répu ? Non mais moi
j'aurais voulu prendre une fille pour la course vous voyez. Va falloir être
gentil avec moi hein, penser au pourboire parce qu'à cette heure là hein. Oui
non moi j'aurais voulu baiser une femme ce soir vous voyez, ca m'arrive les
clientes elles sont faciles. Vous avez pas un joint pour moi
silvousplait ? Oui quarante cinq ans, trente cinq ans, moi je les sodomise
direct. Longtemps j'ai hésité mais maintenant voyez hein j'y vais direct je
leur pète le cul de toute façon elles adorent ca, il faut pas leur demander.
Vous auriez pas une petite ligne pour moi ? Ouais faut que je trouve une
femme là, j'ai deux numéros là je vais en appeler une toute à l'heure une bonne
grosse salope là hein. Y'a des filles là où vous étiez là ? Quoi à
droite ? Ok Ok. Ah oui mais je m'arrête devant le distributeur mais vous
partez pas en courant sinon je vous cours après moi j'ai pas peur
attention. »
Quand je reviens il est en train de pisser dans la rue et il prend tout
l'argent que je lui donne et la fenêtre de la voiture se referme au moment où
il accélère, emportant dans le petit matin son insupportable voix et ma
monnaie.
Le contraire de la discussion avec cet antiquaire, la cinquantaine, au Père
Lachaise. Je lui achète un avion miniature en fer qui semble vieux, sans
vraiment savoir pourquoi, je ne fais aucune collection, je n'ai rien à faire
ici, je n'ai pas d'enfant auquel je pourrais offrir l'objet en question. Il l'a
eu lors d'un voyage en 1976 vers l'île de Rhodes, à bord de la compagnie
Minerve, aujourd'hui disparue. Le pilote était marié avec une hôtesse de l'air
dont le frère était lui-même son copilote. Comme c'est un passionné d'avion, il
demanda à entrer dans la cabine de pilotage. Le pilote dormait et il pu
entendre « ses incroyables ronflements », son beau frère tenant dans
ses mains la vie des passagers et lui disant bonjour ou probablement bonsoir.
C'est à ce moment que je me souviens du cauchemar bouillant de la nuit dernière
(on est un peu dans l'autofiction ces derniers temps, je m'en excuserais
presque auprès des lecteurs si j'en sentais la vraie nécessité, ce qui n'est
pas encore le cas). Je dors à l'arrière d'un avion, couché sur le ventre,
lorsqu'on se met à voler à très basse altitude, les ailes frôlent puis
déchirent les branches de très grands arbres. L'avion est ensuite beaucoup plus
haut dans le ciel et se brise en son centre, mon corps est dans le vide.
Publié par arnaultglamorama à 10:36:00 dans Glamorama and more | Commentaires (3) | Permaliens
Le type des Rascals hier soir à
la flèche d'or entièrement brûlé par la cocaïne, il nous demande à 21 heures (!!!)
si on sait où il y aura une after. Mais oui, on sait. A l'intérieur c'est la
cohue et la foule est une mer poisseuse ou une dune boueuse. Ca ressemble aux
Arctic Monkeys, autant dire que c'est inintéressant (cris de révolte de la
fameuse foule, débordement de la mer, écroulement de la dune sur moi,
réprobation ultime). Je crois voir mille fois A. parce que 1/ énormément de
gens portent un vêtement qu'elle portait bien en avance de la mode 2/ je suis
toujours amoureux d'elle.
Quand on tape situationniste dans wikipedia, voici les premiers mots :
"L'Internationale situationniste
(IS) était une organisation révolutionnaire désireuse d'en finir avec le
malheur historique."
Un jour de cette semaine j'ai déposé dans le coffre d'une grande banque
parisienne un document expliquant dans les moindres détails le procédé de
création d'une nouvelle couleur visible aux yeux humains. Autant dire que le
secret le plus complet doit régner concernant cette découverte. On sait que
certains animaux peuvent entrer dans un spectre de couleur plus ample que celui
des hommes et on a longtemps cru que seule une modification de notre cerveau
pourrait nous permettre d'accéder à la vue de nouvelles couleurs. Le document
rédigé par mes soins prouve le contraire. J'attendrais le temps qu'il faudra
pour présenter à l'univers cette éclatante nouveauté scientifique et poétique.
Publié par arnaultglamorama à 20:01:11 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
Pauvre Coluche. Le type était
vraiment le jouet de la droite en France dans les années 80, je vais m'expliquer.
Pauvre Coluche, pauvre type, le film d'Antoine de Caunes est pathétique. Quel intérêt
a le cinéma à singer la réalité ? François Xavier Demaison est ultra
convaincant en Coluche et c'est justement là qu'est le problème. On a eu Piaf,
on va avoir Georges Bush, et puis plus tard les héros du futur, pâles visages
du spectacle. Pour les siècles et les siècles. Coluche qui collectionne des
armes (pulsion de mort à l'épreuve), qui sniffe à tout va (mais il a faim et s'endort
après la prise de cocaïne ce qui constitue deux énormes erreurs d'anthropologie,
de médecine), qui a une femme moche et chiante (pulsion mal dirigée). Coluche
qui défend les petits commerçants : Nicolas Sarkozy fait de même, on est
dans l'électorat habituel de l'extrême droite, illusion partagée entre eux deux
de mettre un terme aux idées en question. Et on touche là l'idée moderne de la France,
qui prend ses racines à Vichy, qui se déforme dans le temps mais dont la
structure, (pour combien de temps ?) perdure. Lorsque Coluche se présente
à l'élection présidentielle, il incarne le « tous pourris », il est
en la statue. Il est aussi le porte
parole du peuple « il dit tout haut ce que d'autres pensent tout bas »
(ca ne vous rappelle rien ?). Mai 68 pour Coluche qui lance vaguement
quelques pavés ? « La révolution des fils à papa ».
Et son insolence grotesque est l'exception qui confirme la règle de la société.
Tous dans le rang au final. Et Mitterrand en coulisses.
Publié par arnaultglamorama à 19:05:03 dans Glamorama and more | Commentaires (3) | Permaliens
Le prochain entraîneur de Laure Manaudou peut s'adresser à elle comme Maldoror s'adresse à une créature marine / humaine qu'il voit un soir nager sur la mer « avec de larges pattes de canard à la place des extrémités des jambes et des bras, porteur d'une nageoire dorsale, proportionnellement aussi longue et aussi effilée que celle des dauphins, un être humain, aux muscles vigoureux, et que des bancs nombreux de poissons (je vis, dans ce cortège, entre autres habitants des eaux, la torpille, l'anarnak groënlandais et le scorpène-horrible) suivaient avec les marques très ostensibles de la plus grande admiration. »
Laure, "O toi, dont la natation l'emporte sur le vol des longues ailes de la frégate, si tu comprends encore la signification des grands éclats de voix que, comme fidèle interprétation de sa pensée intime, lance avec force l'humanité, daigne t'arrêter, un instant, dans ta marche rapide, et, raconte-moi sommairement les phases de ta véridique histoire. Mais, je t'avertis que tu n'as pas besoin de m'adresser la parole, si ton dessein audacieux est de faire naître en moi l'amitié et la vénération que je sentis pour toi, dès que je te vis, pour la première fois, accomplissant, avec la grâce et la force du requin, ton pèlerinage indomptable et rectiligne."
D'une manière générale les cauchemars interviennent soit dans une période de
trouble, soit dans une période de calme imposant. Les soucis se reflètent quand
on dort, c'est bien évident. Mais a d'autres moments on est trop concentré,
trop à l'aise et les mauvais rêves viennent confirmer l'état de perfection
diurne. C'est mon double cas ces derniers jours. Et la nuit se défoule.
Probablement parce que je mets en péril le rythme qu'elle cale sur les hommes
en ne dormant pas vraiment aux heures où il le faudrait. (J'entends à plusieurs
reprises des gens me dire cet été sur les festivals : « On va voir
des concerts quand même non ? »)
Publié par arnaultglamorama à 17:13:28 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
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