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Glamorama and more

la musique la nuit

Pigalle et le ressentiment contre le Temps | 20 septembre 2008

(Claudine Clark / Party lights)


Soirée lumineuse où Al. mixe dans un endroit incongru à Pigalle.
«-C'est quoi le morceau que tu passes là ?
-J'en ai aucune idée. »
J'aime la foule et ses possibilités comme le ciel. Il y a des amis avec qui je ris et qui sont beaux, pourquoi ne pas dire les choses simplement ? Il serait bon de pouvoir concentrer l'incroyable énergie historique de ce quartier, reprendre les millions de fêtes qui ont eu lieu dans ces deux ou trois kilomètres carrés depuis le dix neuvième siècle, faire une liste précise des gens qui se sont embrassés, des meilleures anecdotes, des rencontres heureuses.
Il y a Au. qui m'accompagne après que nous ayons bu un verre dans un endroit où j'allais beaucoup avec A. à une certaine époque et c'est à ce moment et dans ce lieu que je me rends compte de l'erreur de la tristesse qui consiste à avoir du ressentiment contre le Temps. Au final la séparation avec une fille que vous aimez est une vue directe sur le Temps. Même s'il y a un vrai gâchis au niveau de l'existence à ne plus jamais revoir A., il y a là une occasion de prendre en considération le Temps lui-même, sa majesté immédiate. Et à nouveau, il y a un personnage féminin qui, de loin et réapparaissant du passé, déclenche cette pensée. Merveilleuse Au., elle s'intéresse de près à mon histoire avec A., pose des questions, me conseille. Et on rit beaucoup, comme lorsqu'on était adolescents, dans notre Sud.
«Tu étais très insolent.»
Elle me raconte son mariage, ses voyages, avec une grâce qui s'est approfondie. Serait un personnage de société secrète parfait.
« Je suis sournoise. »

Publié par arnaultglamorama à 18:35:56 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Yolande Moreau et Guy Debord | 18 septembre 2008

(The Coral / Put the sun back)


Déroulé d'impressions de A., comme une guerre civile dans ma tête. Je crois bien que mon cerveau n'est pas libre, horrible confession. Il y a bien ce défilé des ex et des nouvelles prétendantes ces derniers temps, mais tout cela est bâclé comme si la recette d'un plat que l'on s'apprête à préparer était fausse. Je n'ai pas les ingrédients demandés, le temps de cuisson n'est pas le bon, c'est sûr. Yolande Moreau cette après midi raconte qu'elle s'adressait à son personnage, Séraphine, sur le tournage de son dernier film, lui disant « Reste avec moi ». Ma tête, reste avec moi. Le lecteur commence sérieusement à saturer, les amis sont essoufflés, personne n'est content.  
De plus en plus conscience d'avoir à faire à des situations plutôt qu'à des êtres.
Debord est éclairant (cité par Zagdanski).
« Si quelqu'un peut mettre dix mois de réflexion pour juger son amante - mince problème où il ne donne, en vitesse et en profondeur, que sa propre mesure -, il existe au contraire des journées de conflits historiques où il faut savoir juger des facteurs mille fois plus complexes en une heure. Il n'y a pas de progrès cumulatif garanti dans la conscience, les connaissances, les œuvres, d'un révolutionnaire - on peut dire aussi : d'un homme, d'une femme. Il y a des embranchements de la vie où il faut tout de suite choisir telle voie, des sauts qualitatifs, des occasions manquées et des retombées. Il ne faut pas craindre les erreurs - qui sont forcément, un jour ou l'autre, inévitables - mais la mauvaise manière de les reconnaître. Certaines erreurs ne sont qu'une perte de temps : le temps qu'elles ont duré. D'autres vous ferment, pour longtemps ou définitivement, des possibilités théoriques et pratiques qui étaient à un moment saisissables. On n'a pas reconnu à l'heure qu'il fallait, par exemple, un moment révolutionnaire, ou une personne, tout un côté virtuel et proche de la réalisation de soi-même. »

Publié par arnaultglamorama à 18:55:16 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Mercury rev et un pot de miel | 16 septembre 2008

(Mercury Rev / Senses on fire)



L'existence que je mène en essayant d'en décrire certains aspects dans ce petit espace quasi secret a commencé il y a une quinzaine d'années en écoutant une émission de radio de France Inter. Hier soir, une nouvelle fois (merci providence cette radio m'emploie) j'étais dans le studio 105 de la maison de la radio et j'en écoutais le direct qui diffusait le concert de Mercury Rev, groupe américain assez inconnu. Le chanteur est vraiment étrange, comme un magicien il court tour à tour vers ses musiciens en levant les bras puis les lançant vers eux comme si une poudre allait créer le son. Il fixe quelques instants et exhausse un miracle musical. Le batteur est si à l'aise dans son jeu qu'il semble danser en frappant, il est là mais pourrait très bien être en train de baiser votre femme ou faire un puzzle, tous les coups sont déjà dans ses poignets, dans son cerveau. Il est facile, entre dans chaque titre comme un doigt dans un pot de miel. Le guitariste est un maçon formidable qui construit devant vous un mur de son. Le bassiste fait entrer dans les chansons du groupe des pans immenses de jazz comme s'il vous serrait la main. Et voilà le chanteur qui se tient sur un pied, attend une guitare, la fait tourner en l'air, se roule par terre et fait semblant de nager. On est en plein psychédélisme moderne. Le producteur historique du groupe est derrière le premier album de MGMT. Les paroles sont folles, simples, elles enchantent littéralement. D'ordinaire que l'on ne me parle pas de la lune, de la nature, de femmes changées en roses. Là on entre dans un renflement inconnu de l'univers, chaque titre est une fée. Voilà il chante « je suis tout près, je suis presque à l'intérieur, dans peu de temps le secret sera mien ».
En sortant c'est la pleine lune et la tour Eiffel est bleue.

Publié par arnaultglamorama à 20:01:33 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Benoit XVI et les teen movies | 14 septembre 2008

(The Raveonettes / Momma i'm a communist)



Je crains qu'il n'y ait rien à dire sur la fête de l'Humanité. Pete Doherty y est à nouveau sobre, il n'y a guère que le batteur qui suit au fond de la nuit dans le club où il enchaîne avec un concert solo très moyen. J'ai vu un cochon mort tourner sur une pique à quelques centimètres au dessus d'un feu, autrement dit un méchoui, terme que j'aurais utilisé dès le début de la phrase si celui-ci me plaisait. Comme il est vingt heures et qu'on est passablement saouls avec S. et le boss on boit du champagne parce que c'est probablement subversif et puis tout de suite après de la vodka ouest allemande parce que c'est dans le ton. Les communistes ont fait beaucoup de mal mais ils sont bien organisés. On est bien obligés de regarder avec un œil tendre la croyance marxiste à l'œuvre, Marx qu'il va falloir que je lise dans l'année sans rien en dire à personne. Choqué tout de même de voir cette improvisation déguisée d'un groupe de gens qui critiquent le pape en le singeant.

Benoit XVI est à Paris, il est bronzé, vraiment en forme. « J'aime la France, l'art français » déclare t'il et tout le monde s'en fiche sauf que la phrase est capitale. Qu'est ce que la France en effet ? Ne se détermine t'elle pas au final par son art ? Littérature lumineuse, peinture profonde, l'exception à travers le temps...Mes enfants j'aime la France c'est-à-dire l'art français. Sarkozy lui offre une lithographie de Mozart car il a lu que le souverain pontife est un adorateur de sa musique. Benoit XVI regarde l'œuvre qu'il juge pâlichonne et pompier, pense à autre chose, se demande quel est ce président qui sautille, conclut bien vite qu'il n'a pas d'importance. Il commence sérieusement à penser qu'il y a un diable français, et qu'il a sévit avec beaucoup d'humour. De toute façon il y a du travail, crise des vocations first thing on the mind. Comme un conseiller lui a parlé de mon blog, il pense qu'il faudra me rédiger une petite lettre, on ne sait jamais, après A. je serais peut être tenté de rentrer dans les ordres. Et puis cette histoire de Lourdes, Bernadette Soubirou, cent cinquante ans déjà. Le bandeau au bas de l'écran de LCI défile : « Le pape vient commémorer les dix huit « apparitions » de Bernadette Soubirou à Lourdes... » Le mot apparition est entre guillemets, la personne qui a rédigé ne pouvait pas accepter de laisser ce mot libre devant les téléspectateurs. Pourquoi ne pas laisser défiler l'antépénultième vision ? Un petit effort, sous les images d'un ouragan ou d'un crash aérien, d'une interview de Besancenot ou d'un match de football...
Jeudi 25 mars 1858. L'apparition se montre à Bernadette et dit en gascon bigourdan - la langue que parlait Bernadette -, levant les yeux au ciel et joignant ses mains : « Que soi era immaculada concepcion ». Bernadette retient ces mots, qu'elle dit ne pas comprendre, et court les répéter au curé, qui est troublé : quatre ans plus tôt, le pape Pie IX a fait de l'Immaculée Conception de Marie un dogme et Bernadette dit ignorer qu'elle désigne la Vierge.

Conversation charmante avec Au., j'ai beaucoup plus de souvenirs qu'elle, notamment lorsqu'avec un camarade on volait son agenda pour découvrir des choses sur son personnage. On donnait un peu de marijuana à une de ses copines et à nous la lecture des mots, des paragraphes qu'elle écrivait pour elle ou ses amis entre midi et deux. La copine en question, dont je ne me souviens que vaguement était probablement jalouse d'elle et de sa beauté (bandes annonces des teen movies américains). Nous on était intrigués, on voulait comprendre, la plus belle fille du lycée, j'en étais persuadé. Brune, première sensualité qui frappait la cour entière, moi je voyais aussi sa manière unique de fumer une cigarette en plissant les yeux et en regardant à droite et à gauche.

Publié par arnaultglamorama à 17:12:14 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Agathe Bonitzer et la Princesse de Clèves | 13 septembre 2008

(The angels / My boyfriend's back)


L'Oscar de la meilleure actrice en 2012 ? Agathe Bonitzer sans aucun doute. Elle raconte qu'elle a tourné le nouveau film de Christophe Honoré, « La belle personne » l'année dernière alors qu'elle était en khâgne ou elle étudiait la Princesse de Clèves, qui est à la base dudit film. Très jolie, genre intello. Son corps est né dans le théâtre, la posture des bras et du cou, si caractéristique et honteusement exhibée par les théâtreux est chez elle pure élégance. Encore une fois, il n'y a d'intérêt que dans l'exception.

De théâtre il est aussi question sur ces affiches dans le métro. Une fille blonde est photographiée de dos, elle porte une robe bleue. Le titre du spectacle est « Le début d'A. »(je n'invente rien). Nous n'irons pas plus loin dans le commentaire à visée biographique ni dans la description des conséquences de la vue de cette image sur l'humeur de votre narrateur.

Dans le métro toujours, ce type qui aborde toutes les filles qui s'assoient à côté de lui. Il a le vice dans la gorge, il pulse jusque dans son front. Il tient droit entre ses jambes un journal roulé et ainsi explicite. Il utilise une technique bien connue qui consiste à s'approcher très près de la fille puis à s'en éloigner en souriant, il invente des choses à dire très vite mais les fugaces interlocutrices partent et le laissent sourire dans un vide très vite chassé par une autre fille ou même par deux. Et très vite c'est lamentable sans que l'on puisse vraiment l'expliquer ni continuer à décrire la scène. Et cela rend mal à l'aise et fait fermer les yeux et écouter une chanson que je ne peux mettre en écoute ici.

Publié par arnaultglamorama à 11:54:38 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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