Publié par arnaultglamorama à 18:35:56 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
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(Mercury Rev / Senses on fire)
L'existence que je mène en essayant d'en décrire certains aspects dans ce petit espace quasi secret a commencé il y a une quinzaine d'années en écoutant une émission de radio de France Inter. Hier soir, une nouvelle fois (merci providence cette radio m'emploie) j'étais dans le studio 105 de la maison de la radio et j'en écoutais le direct qui diffusait le concert de Mercury Rev, groupe américain assez inconnu. Le chanteur est vraiment étrange, comme un magicien il court tour à tour vers ses musiciens en levant les bras puis les lançant vers eux comme si une poudre allait créer le son. Il fixe quelques instants et exhausse un miracle musical. Le batteur est si à l'aise dans son jeu qu'il semble danser en frappant, il est là mais pourrait très bien être en train de baiser votre femme ou faire un puzzle, tous les coups sont déjà dans ses poignets, dans son cerveau. Il est facile, entre dans chaque titre comme un doigt dans un pot de miel. Le guitariste est un maçon formidable qui construit devant vous un mur de son. Le bassiste fait entrer dans les chansons du groupe des pans immenses de jazz comme s'il vous serrait la main. Et voilà le chanteur qui se tient sur un pied, attend une guitare, la fait tourner en l'air, se roule par terre et fait semblant de nager. On est en plein psychédélisme moderne. Le producteur historique du groupe est derrière le premier album de MGMT. Les paroles sont folles, simples, elles enchantent littéralement. D'ordinaire que l'on ne me parle pas de la lune, de la nature, de femmes changées en roses. Là on entre dans un renflement inconnu de l'univers, chaque titre est une fée. Voilà il chante « je suis tout près, je suis presque à l'intérieur, dans peu de temps le secret sera mien ».
En sortant c'est la pleine lune et la tour Eiffel est bleue.
Publié par arnaultglamorama à 20:01:33 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
(The Raveonettes / Momma i'm a communist)
Je crains qu'il n'y ait rien à dire sur la fête de l'Humanité. Pete Doherty y est à nouveau sobre, il n'y a guère que le batteur qui suit au fond de la nuit dans le club où il enchaîne avec un concert solo très moyen. J'ai vu un cochon mort tourner sur une pique à quelques centimètres au dessus d'un feu, autrement dit un méchoui, terme que j'aurais utilisé dès le début de la phrase si celui-ci me plaisait. Comme il est vingt heures et qu'on est passablement saouls avec S. et le boss on boit du champagne parce que c'est probablement subversif et puis tout de suite après de la vodka ouest allemande parce que c'est dans le ton. Les communistes ont fait beaucoup de mal mais ils sont bien organisés. On est bien obligés de regarder avec un œil tendre la croyance marxiste à l'œuvre, Marx qu'il va falloir que je lise dans l'année sans rien en dire à personne. Choqué tout de même de voir cette improvisation déguisée d'un groupe de gens qui critiquent le pape en le singeant.
Benoit XVI est à Paris, il est bronzé, vraiment en forme. « J'aime la France, l'art français » déclare t'il et tout le monde s'en fiche sauf que la phrase est capitale. Qu'est ce que la France en effet ? Ne se détermine t'elle pas au final par son art ? Littérature lumineuse, peinture profonde, l'exception à travers le temps...Mes enfants j'aime la France c'est-à-dire l'art français. Sarkozy lui offre une lithographie de Mozart car il a lu que le souverain pontife est un adorateur de sa musique. Benoit XVI regarde l'œuvre qu'il juge pâlichonne et pompier, pense à autre chose, se demande quel est ce président qui sautille, conclut bien vite qu'il n'a pas d'importance. Il commence sérieusement à penser qu'il y a un diable français, et qu'il a sévit avec beaucoup d'humour. De toute façon il y a du travail, crise des vocations first thing on the mind. Comme un conseiller lui a parlé de mon blog, il pense qu'il faudra me rédiger une petite lettre, on ne sait jamais, après A. je serais peut être tenté de rentrer dans les ordres. Et puis cette histoire de Lourdes, Bernadette Soubirou, cent cinquante ans déjà. Le bandeau au bas de l'écran de LCI défile : « Le pape vient commémorer les dix huit « apparitions » de Bernadette Soubirou à Lourdes... » Le mot apparition est entre guillemets, la personne qui a rédigé ne pouvait pas accepter de laisser ce mot libre devant les téléspectateurs. Pourquoi ne pas laisser défiler l'antépénultième vision ? Un petit effort, sous les images d'un ouragan ou d'un crash aérien, d'une interview de Besancenot ou d'un match de football...
Jeudi 25 mars 1858. L'apparition se montre à Bernadette et dit en gascon bigourdan - la langue que parlait Bernadette -, levant les yeux au ciel et joignant ses mains : « Que soi era immaculada concepcion ». Bernadette retient ces mots, qu'elle dit ne pas comprendre, et court les répéter au curé, qui est troublé : quatre ans plus tôt, le pape Pie IX a fait de l'Immaculée Conception de Marie un dogme et Bernadette dit ignorer qu'elle désigne la Vierge.
Conversation charmante avec Au., j'ai beaucoup plus de souvenirs qu'elle, notamment lorsqu'avec un camarade on volait son agenda pour découvrir des choses sur son personnage. On donnait un peu de marijuana à une de ses copines et à nous la lecture des mots, des paragraphes qu'elle écrivait pour elle ou ses amis entre midi et deux. La copine en question, dont je ne me souviens que vaguement était probablement jalouse d'elle et de sa beauté (bandes annonces des teen movies américains). Nous on était intrigués, on voulait comprendre, la plus belle fille du lycée, j'en étais persuadé. Brune, première sensualité qui frappait la cour entière, moi je voyais aussi sa manière unique de fumer une cigarette en plissant les yeux et en regardant à droite et à gauche.
Publié par arnaultglamorama à 17:12:14 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par arnaultglamorama à 11:54:38 dans Glamorama and more | Commentaires (0) | Permaliens
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