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Glamorama and more

la musique la nuit

L'abbé Chiari et Tonine | 28 septembre 2008

(Kings of Leon / 17)


Les critiques sont un baromètre important. La petite touche qui souligne que cela fonctionne. Prenez l'abbé Chiari, il n'est pas du tout content et le fait savoir. Voici comment il décrit Casanova dans « La Commediante in fortuna ».

« On ne connaît pas l'origine de M. Vanesio, mais on le dit bâtard. Il est bien fait de sa personne, de teint olivâtre, affecté dans ses manières, et d'une aisance incroyable. C'est un de ces astres qui brillent dans la société , sans qu'on sache d'où vient leur splendeur, ni comment ils font pour vivre, et pour vivre sans rien faire, n'ayant ni bien au soleil, ni emplois, ni capacités...(...) toujours soigné comme un Narcisse, il se rengorge ; un ballon n'est pas plus gonflé d'air que lui de vanité ; un moulin n'est pas plus agité. Il n'a de cesse qu'il ne se faufile partout, qu'il ne fasse la cour à toutes les femmes, qu'il ne saisisse toutes les occasions favorables, ou de se procurer de l'argent, ou de se servir de ses succès amoureux pour se pousser. Avec les avares il fait l'alchimiste, avec les belles le poète, avec les grands le politique, avec tous tout. Mais d'après les gens sensés, il n'aboutit à rien qu'à se rendre ridicule. Léger comme l'air dont son cerveau est rempli, il peut en rien de temps être l'ami juré ou l'ennemi irréconciliable. »

C'est assurément un des plus beaux hommages que l'on ait fait au vénitien. En note de cette édition, on lit : « Casanova ne dut jamais pardonner à Chiari les traits acérés de cette caricature ». Mais bien sûr que si ! L'abbé fait là un éloge inversé impeccable.

Et Casanova continue. Tonine est très jeune. Elle est aussi très belle et très vierge.
« Elle vint alors ; mais n'en pouvant plus, je l'ai serrée entre mes bras, et il n'y eut plus question de jouer à colin-maillard. Je l'ai mise sur mon lit, où après l'avoir couverte de baisers et lui avoir juré d'être à elle jusqu'à ma mort, elle ouvrit ses bras d'une façon que j'ai vu qu'il y avait longtemps qu'elle désirait ce moment-là. J'ai cueilli sa belle fleur, la trouvant, comme toujours, supérieure à toutes celles que j'avais cueilli dans l'espace de quatorze ans. »

Publié par arnaultglamorama à 17:20:55 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Les rois de Leon et le retour de la joie | 27 septembre 2008

(Kings of Leon / Closer)


Comme le lecteur l'aura remarqué, c'est le retour des mp3. Cela nous donne de la joie.
On me reproche parfois mon inconstance, mon côté show off. On n'hésite pas à prétendre que rien n'est vraiment avancé ici, que l'intérêt de ces pages est plutôt limité, mis à part quelques citations sorties de leur contexte et faciles. C'est que le narrateur ne cesse de jouer, le sérieux viendra plus tard. Quant à la pratique de la citation, elle est nécessaire dans le temps de la détresse mentale de notre société. Les êtres humains se comportent comme si Casanova, Rimbaud, Kafka, Bataille n'avaient pas existé. Ils sont comme éloignés dans leur œuvre, on en fait des artistes pour mieux les considérer de loin. Il ne faut pas que ca bouge, il faut qu'on reste ensemble, les livres sont là pour ne pas être lus. Et s'ils sont lus c'est pour être étudiés, disséqués, rongés. Il a deux trous rouges au côté droit et on s'arrête là. Comment vivez-vous après avoir lu Rimbaud ? Ca fait quoi dans votre corps ? Dormez-vous de la même façon ? Quelles sont les conséquences directes de la vraie lecture ? C'est le vice qui sommeillait et qui s'étend. C'est l'art de la stratégie. C'est le nouvel amour, celui qui ne s'ajoute pas à un autre. C'est la lucidité.

Publié par arnaultglamorama à 16:31:43 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

L'escalier noir et la géométrie des corps | 27 septembre 2008

(The Killers / Human)

Genre de soirée qui peut se résumer par un texto que j'envoie cette après midi. « Oui, on embrassait une fille noire et une fille blanche avec S. et je passais des disques avec mon Iphone. » Sommes nous humains ou sommes nous des danseurs demande le chanteur des Killers. Je ne crois qu'en quelqu'un qui sait danser pour ma part.
L'Elysée Montmartre accueille la première soirée club NME, pas de raison de ne pas y être. Les Dead Kids s'adressent en français aux anglais qui se pressent devant eux, leur font faire des rondes, lever les mains, envahir la scène. C'est tout de même un peu forcé, ca gigote. The Whip (le lasso) hurlent ensuite « I wanna be trash », c'est le bon moment pour monter dans un escalier noir et mettre un peu de mdma dans mon verre d'eau.

Casanova pratique l'art de la géométrie des corps. Il est là où on ne l'attend pas, là où il doit être. Il est toujours en avant, dans le rythme. En avançant dans la lecture, on prend conscience de sa joie, il est partout à la fois, brisé en mille éclats de voix.
C.C et M.M sont ses deux amours (deux de ses amours).
« Enivrés tous les trois par la volupté et les frustratoires, et transportés par des continuelles fureurs, nous fîmes dégât de tout ce que la nature nous avait donné de visible et de palpable, dévorant à l'envi ce que nous voyions, et nous trouvant tous les trois devenus du même sexe dans tous les trios que nous exécutâmes. »

Publié par arnaultglamorama à 15:24:41 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Tanaou et Spinto Band | 25 septembre 2008

(Mgmt / Pieces of what)



Nos toutes nouvelles aventures. Ce serait pas mal en français aussi. Enième groupe anglais qui débarque, The all new adventures of us, TANAOU pour les intimes, sont en première partie des Spinto Band hier soir à la Maroquinerie. Oh l'emploi du présent incongru qui approche le regard du lecteur, lui fait apparaître la scène...et à raison car s'ils sont sept (les gars  on repart en tour bus directement après là faut pas traîner, même le formule un là ca va pas le faire, là vous êtes trop nombreux là), mais la salle n'a d'yeux que pour la-fille-aux-claviers-qui-joue-aussi-parfois-du-saxophone. On a un gros problème de claviers, tu oublies la chanteuse des Kills, tu te prosternes, la fille en question est un miracle de beauté. Grande brune cheveux longs et frange de la timidité. Ou peut être que c'est trop, c'est trop, elle est trop belle et doit se cacher.
« Je cherche le manager des Spinto Band tu peux m'aider ? - Oui bien sûr suis moi - Ah ben en fait je cherche plus le manager des Spinto Band. »
Tout le monde attend Oh Mandy.  BR, S. et N. rient assez quand je demande « La quatre !!!! Joue la quatre.» Essayez c'est drôle. Aux Inrocks il y a deux ans le groupe illuminait par ses chants fous, ca gigotait, il se passait quelque chose. On a l'impression que c'est fini, que c'est passé. Et ils chantent faux tout le long du concert. C'est gênant. Vérification que l'on peut, pour la plupart des groupes, en rester au premier album. Ecoutez le nouveau morceau des Vampire Weekend, « Ottoman » , c'est trop produit, on n'est plus dans l'énergie digne d'une démo de leur premier album.
Ne pas lire la suite si on ne souhaite pas lire le récit d'un rêve. Je sais bien, je ne supporte pas moi-même.
Je vais le mettre entre parenthèses, comme dans une bulle, celle du sommeil.
(Réalisation de la partie « philosophique » de MGMT qui considère que l'avenir appartient à des tribus habitant les plages du monde, sorte de retour à la nature forcé et finalement aimé. On ne sait pas si c'est l'Aurore ou le crépuscule, il y a des gens en maillot de bain, l'eau de la mer est huileuse comme dans les récits Homériques. Des discussions et de la musique, état flottant de pensées non droguées.)

Publié par arnaultglamorama à 13:10:27 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

2 milliards d'êtres humains et 2 violettes | 21 septembre 2008

(The Streets / Strongest person i know)


Dans 30 ans, la terre portera 2 milliards d'êtres humains de plus qu'aujourd'hui. Ce n'est pas une mince affaire que de se demander combien de ces nouveaux arrivants auront une existence libre, lucide, éclairée.
Les paris sont ouverts.
7, 8 ? Quoi ? Vous comptez en millions ? Pour les plus pessimistes en milliers, lorsque je n'ajoute aucune grandeur à ces chiffres qui restent de ce fait innocents... Cette information me fait en tous cas immédiatement me relancer dans la lecture de Casanova, parce qu'il était libre, lucide et que sa vie était tout ce qu'il y a de plus éclairé. Vraiment dans la foulée. J'ouvre au premier marque page, celui que A. a laissé lorsque je lui avais prêté "L'histoire de ma vie". Respiration. Une place de concert et deux violettes séchées tombent sur mon torse. Plus loin, un flyer est inséré à la dernière page lue.
« Le jour fixé, à l'heure ordinaire je me suis trouvé au casin devant la belle M.M. vêtue en dame du monde, se tenant debout, le dos tourné à la cheminée. (...)Une robe piquée bleu céleste faisait toute sa parure. Elle avait aux oreilles  des boutons de brillants ; son cou était tout nu. Un fichu de gaze de soie et fil d'argent, placé à la hâte laissait entrevoir toute la beauté de sa gorge, et en montrait la blancheur à la séparation du devant de sa robe. Elle était chaussée en pantoufles. Sa figure timide et modestement riante, paraissait me dire : voilà la personne que tu aimes. »

Publié par arnaultglamorama à 23:55:35 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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