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Glamorama and more

la musique la nuit

Roman photo et philosophie de la guerre | 09 mai 2008

(Ruth / Roman photo)

On passe dans la philosophie n'est-ce pas ?
Avant de sortir, de rencontrer des gens, de faire des expériences avec de la drogue vous pouvez apprendre par cœur ce passage extrait du chapitre « De la contenance » du manuel « L'art de la guerre » du chinois dont je parlais hier. Encore une fois, il s'agit de faire siennes les paroles du passé (il arrive tout droit du cinquième siècle AVJC), c'est d'une facilité déconcertante avec lui.

« Le potentiel de ces sortes de guerriers est comme celui de ces grands arcs totalement bandés, tout plie sous leurs coups, tout est renversé. Tels qu'un globe qui présente une égalité parfaite entre tous les points de sa surface, ils sont également forts partout : partout leur résistance est la même. Dans le fort de la mêlée et d'un désordre apparent, il s savent garder un ordre que rien ne saurait interrompre, ils font naître la force du sein même de la faiblesse, ils font sortir le courage et la valeur du milieu de la poltronnerie et de la pusillanimité (...) c'est être héros soi-même, c'est être plus que héros, c'est être au dessus des plus intrépides. »

Publié par arnaultglamorama à 21:55:56 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Un fauteuil sombre et un chèque de 185 000 livres | 08 mai 2008

(Eckoleg / bof Viva la muerte)


La semaine prochaine à la même heure ce sera la fournaise de Cannes, le flot de folie, la furie. Pour l'instant c'est le grand calme du soleil, juste derrière les grands rideaux verts et noirs. Rimbaud tout de suite : « Je suis le savant au fauteuil sombre. Les branches et la pluie se jettent à la croisée de la bibliothèque. »
J'aime deviner la lumière, à un mètre de mon bras. Surtout rester caché dans la pénombre, leur échapper. Je comprends que l'on ne puisse pas me comprendre, c'est tout de même un drôle de style de vie. Au final, vous pouvez me définir par la négative. Aucune responsabilité (no child, no animals, quelques amis habitués à mes mises au vert), famille mise à l'écart (là par contre ca coincera toujours, elle ne peut accepter cela la famille, pas possible de concevoir qu'on puisse lui échapper en un clin d'œil), pouvoir réduit (travail à la radio sans conséquences, travail au magazine et sa portée modérée). Le strict minimum donc. En apparence. Sun Tzu immédiatement : « C'est selon les formes que j'établis des plans pour la victoire, mais la multitude ne le comprend guère. Bien que tous puissent voir les aspects extérieurs, personne ne peut comprendre la voie selon laquelle j'ai crée la victoire. »

Il y a cinq filles qui mesurent toutes plus d'un mètre quatre vingt et je me demande par quel arrangement leurs corps prennent place dans la topologie des chambres de cet appartement. Je suis le seul garçon, l'agence ne serait pas contente. Il y a des mails éparpillés qui donnent des endroits et des chiffres et des indications précises sur des modèles de vêtements pour des fittings et des castings. Des chaussures à talons sur le sol par dizaines, autant de bas. Elles mangent des citrons. Ca parle peu, ce qui est très intéressant. On est dans un salon moderne, suite des salons littéraires du dix huitième siècle finalement. De l'esprit européen à l'esprit mondial (Russie en force, Brésil valeur sûre, Angleterre belle surprise). Et la nouvelle littérature est la mode : Il y a des milliers de magazines sur le canapé et sur des étagères blanches qui mettent en scène par exemple des gens qui se masturbent dans des forêts. Ou qui jouent à être Dracula. Ou encore qui posent au bas d'immenses immeubles cubiques.
« Non mais non non, Tokyo c'est clair, ils ne te payent pas. Vraiment gênant d'être aussi grande dans la rue là-bas, non mais non vraiment non. »
Elles sont jalouses de la fille d'Abramowitch, le patron milliardaire du club de football de Chelsea, parce que je leur raconte que papa a fait un chèque de 185 000 livres à CSS et un autre de 185 000 livres aux Klaxons pour qu'ils jouent à la soirée d'anniversaire de ses seize ans.

Publié par arnaultglamorama à 17:41:31 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Le Crillon et Baudelaire | 06 mai 2008

(Broadcast / Still feel like tears)

Quand une musique correspond exactement à la posture de votre corps et à la balance de votre esprit, félicitez vous. Toujours des larmes : c'est bien votre serviteur. Triste et beau. Buvant un verre de jus de pamplemousse dans le salon des aiglons du Crillon (au premier étage). Ouvrant la fenêtre et fumant une cigarette au soleil comme un oiseau des îles. Mais oui. La terrasse est inondée de lumière, il suffit juste d'oublier les paroles idiotes des journalistes, mettre sa main sur le front et regarder la place de la Concorde comme l'oiseau le ferait. Avec un regard minéral et précis.

Baudelaire rentrant dans une brasserie avec des amis : « Ca sent la destruction. »

Publié par arnaultglamorama à 19:39:46 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Un vrai roman et la question de la couleur | 04 mai 2008

(M.I.A / Paper planes)

Koko von Napoo + The Whip à la maroquinerie qui est un endroit agréable parce qu'il fait beau.
Lecture de « Un vrai roman » de Sollers dans la nuit (il va vite, il est en direction de l'essentiel, les phrases et les citations s'accélèrent : le fond parle).
Acheté les chaussures que A. voulait me voir porter, mais je ne sais plus si c'est la bonne couleur.
Etais très saoul hier soir, au point que je n'ai pas reconnu que deux filles étaient jumelles, visages ronds et jobs à W9.
L'incroyable quantité de force qu'il faut pour prendre un enfant dans ses bras, tenir une conversation dans une famille, patienter au milieu des contingences sociales : relire Kafka, c'est urgent.

Publié par arnaultglamorama à 18:11:08 dans Glamorama and more | Commentaires (2) |

Une tarantule et une ascension | 01 mai 2008

(Ride / Black nite crash)

J'aime beaucoup cette chanson. Du coup, je la traduis. C'est le morceau qui ouvre le dernier album « Tarantula » du groupe anglais Ride, en 1996. Un des chanteurs, Andy Bell, est aujourd'hui bassiste d'Oasis. Un peu désabusés, mais de belles images et une belle phrase finale. C'est bien entendu mieux en anglais.

Je vois les filles tousser, elles ne mangent pas assez
Quand elles dorment, elles rêvent de mourir
Je t'ai vue au coin de la rue, un couteau de boucher à la main
Ton copain courant en rond, à la recherche d'une sage femme

Tout le monde a la même maladie, c'est d'accord
Tout le monde vit à genoux, c'est d'accord

Cogné contre un bossu grossier
Qui a gagné un million en travaillant sur un yacht
Il fait ce qu'il veut sans jamais se faire prendre
Il regarde la lune, mais c'est moi l'astronaute

Tout le monde regarde quand il y a un accident, c'est d'accord
Tout le monde a besoin d'un peu d'argent, c'est d'accord

Au point du jour le couteau à cran d'arrêt fait mal au ventre
Je vais voir un type qui serre la main comme un serpent à sonnette
Je marche comme si j'allais vers une ascension
Je disparais dans la ville comme une pièce dans un jeu d'arcade

Tout le monde a la même maladie, c'est d'accord
Tout le monde vit à genoux, c'est d'accord

Publié par arnaultglamorama à 17:15:49 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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