Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Glamorama and more

la musique la nuit

Galliano et un mot sur un mur en moquette | 15 juillet 2006

E. dont le prénom est si beau. Encore que je ne puisse pas dire qui est cette jeune fille.

Rencontrée dans "l'arrière scène" du Paris Paris, vient, comme tant d'autres, de s'installer ici. Etait à Perpignan. Sa robe est noire, à pois rouges et bleus. Cheveux bruns, queue de cheval portée fièremment. Derrière elle, sur le mur de moquette rouge, un mot est tracé : LUCIDE. On est dans un cabinet de curiosité ouvert pour la nuit. Vrai journée du patrimoine, en pleine nuit. Pas de videur à l'entrée de cette porte, au fond du club. Elle me donne son mail car il est tard, la première partie de celui-ci contient le mot homéostasie.
La définition : l'homéostasie se définit comme la capacité de l'organisme de maintenir un état de stabilité relative des différentes composantes de son milieu interne et ce, malgré les variations constantes de l'environnement externe. 
Exactement, on ne pourrait pas l'inventer : son port assuré (ligne de dos), sexy (front, cou, menton, yeux noirs) et le bruit autour de nous (guitare acoustique et chant de divers énergumènes, jets de sandwichs destinés au groupe du soir, assemblée de cinq personnes qui passent quarante cinq bonnes minutes à se prendre en photo dans diverses positions ca-va-pas-comme-ca-plus-près-on-voit-pas-les-seins-de-Clémentine-qui-est-ce-qui-est-en-train-de-me-toucher-point-d'interrogation)

Je la complimente sur le choix de ce mot pour son mail tout en le notant. Et puis comme elle sourie et qu'elle est très jolie :
"- Tes joues sont belles au milieu des colliers.
- Merci.
- Ton cou est beau au milieu des rangées de perles.
- J'ai en effet tout ce qu'il faut."


"- Mais enfin personne ne va croire tes histoires. Quoi ? La franche camaraderie, laisse moi rire bien fort. Pas dans ce genre d'endroit, pas possible tout bonnement. De la racaille du septième arrondissement oui...de toute façon c'est du buisness, tu vas pas me la faire à moi...listings commerciaux doublons de liste d'entrée au Paris Paris oui ! Et puis plus personne ne sort...contamination américaine depuis septembereleventh...les gens on peur, s'ils sortent c'est juste pour se montrer...rien de nouveau sous les soleils artificiels de la nuit parisienne..."

Mais c'est la fête. Le vrai défilé est là, depuis toujours. Le seul valable d'ailleurs, autant jouer la comédie jusqu'au bout. Donc j'en rajoute des tonnes quand je fais rentrer L. et L. devant une trentaine de personnes agglutinées devant les videurs, je les sauve des eaux, les gens me regardent d'un oeil envieur ou irrité, peut être même les deux à la fois, ils crient "On est sur la liste". Certains sont près à payer pour rentrer, à donner leur petite amie, ils savent qu'ils en trouveront une nouvelle à l'intérieur, plus jolie, elle aussi étudiante en droit, ca ne changera pas trop dans la famille, maman, s'il le faut, ne s'en apercevra pas, alors oui, il y en a un sur la droite, je le vois en embrassant L. et L., il pousse sa copine vers les videurs, tire son string au dessus de la ceinture du jean, fais rebondir ses seins sur la barrière qui bouche l'entrée, fais des signes au chef videur, pense que ca peut marcher. Sauf qu'on est pas à Saint Tropez. La meilleure soirée de l'univers aura lieu quand les gens invités ne pourront pas tous rentrer. Au dernier défilé de Galliano, sous les titres de The Killers (I'm breaking my back just to know your name...) des filles habillées en homard filent sur le podium. Ce soir c'est pareil, il suffit de laisser traverser les métaphores, d'imaginer là aussi Dali derrière les scènettes. Il y a des photographes qui cherchent et trouvent la posture, le sourire, comme dans les backstages du défilé.
Qu'est ce qu'il dit Galliano d'ailleurs ? Qu'il évoque les femmes "à travers les époques, maîtresses de leur destin." Beau résumé John.

Publié par arnaultglamorama à 00:32:19 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Porno Siesta et Kafka | 14 juillet 2006

Du rythme, du rythme. L'inconvénient quand on sort six soirs d'affilée c'est qu'il faut dormir et qu'on ne peut pas écrire. A moins que le sommeil soit une continuation de cela. Avant tout votre sommeil vous console, ne l'oubliez pas.
Que dit Kafka à ce propos ? "Le sommeil console comme une pluie fraîche et bruissante."

"-C'est pas bientôt fini ces citations tout de même ? Tu veux pas plutôt parler de ta famille, de ta mère...
- C'est pas le moment.
- Mais si mon ami, c'est le moment!!! tu ennuies tes lecteurs, encore 78 hier, c'est beaucoup déjà, il faut les garder. LES GARDER. Parle de ta famille, un excellent thème à aborder, allez vas-y MERDE ! Ton père gracié par Giscard D'estaing, balance, donne nous du biscuit bon sang, on veut te SITUER par rapport à tout ca...le père et la mafia, les années 80, trés à la mode tout ca...et ta mère bon sang bon sang, les hopitaux psychiatriques, j'invente rien quand même...les éléctrochocs quelques mois avant que tu naisses, c'est du lourd, c'est du solide mon garçon...fais vibrer ton lecteur internaute...corde sensible for ever...
-Tu crois vraiment ?
- Biensuuuuur, déchaines toi, tu feras des heureux. En plus tu es juif, cites donc Kafka d'une autre manière, une pluie fraîche et bruissante, on croit rêver...pince moi veux tu. Pince donc !
-Tu sens rien ? Je suis en train de te pincer là...
-Un juif qui n'est même pas circoncis c'est fameux, c'est fumeux...au lieu de ca quoi ? Des soirées à Paris où il n'y a que des gens drogués entrecoupées de quelques citations vagues ? C'est pas sérieux. Tu es un inconstant. Regarde le dernier Goncourt mon ptit gars, la mère, la MERE !"

C'est là que je me suis endormi parce que j'étais épuisé et qu'il était dix sept heures vingt. Heure parfaite pour une sieste. Si je suivais les instructions de notre interlocuteur inattendu, je parlerais ici même de la spécialité espagnole "porno siesta" et je ne manquerais pas de faire naître un regret pour la jeune fille que j'ai quitté récemment et qui m'avait appris ce terme dans les actes il y a quelques mois à Madrid.
Voici plutôt ce qui m'occupe en ce moment, dans les actes aussi : "Le Messie viendra dès l'instant où l'individualisme le plus débridé sera possible dans la foi." (Kafka)

"-Tu fais quoi après ta sieste ?
-J'essaie, au plus tôt, de faire venir le Messie sur la terre.
-Tu comptes t'y prendre comment ?
-En étant aussi individualiste que possible.
-Individualiste, c'est bien, je suis pour.
-Mais j'aurais des comportements débridés.
-Et t'y crois vraiment? En gros tu en en train de m'expliquer que tu as la foi.
-Peut être."

Publié par arnaultglamorama à 19:01:50 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Dominique Noguez et la pause déjeuner | 07 juillet 2006

Au square de Cluny je lis "La véritable histoire du football et autres révélations", le dernier Dominique Noguez. Je ris jusqu'aux larmes, les gens ont peur et s'effacent peu à peu des alentours, seules deux filles qui font leur pause déjeuner restent à ma gauche, assises sur un banc de branches d'arbres enlacées. Elles n'ont pas vu le scandale de mon rire et puis elle sont trop occupées à faire le point, on est début juillet alors il faut savoir où en est son couple. C'est comme le poids, avant la plage, vous savez ca. Allusions au sexe, oui, pas mal, bof. Oui bof pour toujours mais c'est pas grave, l'important c'est qu'il soit là. Il faut faire un planning, tel jour en alsace, et puis Nice et puis vraiment merde il veut voir ses amis parisiens, l'été à Paris bof bof. Bof for ever. Le bof-en-soi. Elles vont encore s'ennuyer cet été mais il faut pas trop le montrer, surtout à sa copine de travail. Parce que déjà qu'on s'ennuie à la boutique, s'il faut accepter l'idée qu'on s'ennuie aussi pendant les vacances, non vraiment.

Publié par arnaultglamorama à 17:39:48 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Thomas Fersen et l'INA | 06 juillet 2006

Les vaudous, les dîners tout seul, les dîners toute seule, les anniversaires, les nouvelles voitures, j'ai deux méres, smells like mike spirit, les dernières découvertes, les examens gynécologiques, les concerts, les culs, la curiosité qui tue, les tours en quads, la fille au bord de mer, benjamin à la fnac, les obsessions, les autoportraits, les afters, les amis...il a y beaucoup de soupe sociale dans les blogs, il suffit de lire le ridicule qui se déploie sur internet pour se sentir mieux, réconforté. Comme si ils n'avaient pas de vie, pas de corps. On a vraiment l'impression qu'ils écrivent sous hypnose. Aidée de Temesta.
Il faut au moins faire attention à la date péramptoire.

Pour moi je vous expose les ombres, les esprits ! Et les tennis women, les volleyeuses, les filles qui dansent, celles qui vous parlent sans que vous les entendiez, la plupart du temps elles veulent rire...c'est vers elles qu'on va, vous le savez. Les pharmaciennes polies et pressées. Les comédiennes qui se regardent dans de petits miroirs. Celles qui se droguent doucement. 
Et les employées de l'INA, dans leur sous sol. Elles boivent de l'evian par litres, se déchaussent, marchent pieds nus sur l'épaisse moquette, sont célibataires et rêvent de vous entre deux archives des années soixante...oups Jean XXIII, hop Martin Luther King, moi aussi i have a dream grave, je le veux ce jeune homme là, il est pas mal, discret, il sait ce qu'il veut, il prend des notes toute la journée...Bob Dylan, trac trac, premier homme sur la lune pwiu pwiu...que fait-il, je vais l'aider dans sa recherche...comment s'appelle t'il...beau prénom, orthographe originale.
Elles se sentent regardées biensûr, et elles vous observent. Mais elles vont plus loin...se battent discrétement entre elles...à qui trouvera le meilleur son...le plus pertinent...et elles se mettent à taper sur leurs claviers  pour vous...les occurences...les entrées...le plus beau vernis pour les mains et les pieds...les combinaisons de couleur...bleu et vert...noir et marron...les nuques et les chevilles...elle font des commandes...vous vous retrouvez avec des piles de disques ou de bandes magnétiques plus hautes que vous...il faut honorer tout ca...écouter...remercier...sourire et choisir celle qu'on va inviter...c'est la grande bataille...les stagiaires se rebiffent...elles sortent de l'école donc elles ont des trucs...des méthodes...des programmes...elles vous apportent des extraits parfaits...calés...plagés...les plus anciennes, qui n'ont pas la trentaine, essaient d'étouffer cela...s'approprient les formulaires...elles se battent mais c'est vous qui gagnez l'immense trésor de l'INA...pas que documentaire...grand témoignage de l'époque féminine...regroupement de beautés...documentalistes...agiles...cultivées...écoutent toutes les émissions...fatiguent leur yeux biensûr sur les écrans...s'ennuient un peu...ont des appartements en banlieue...on est aprés leur première rupture..."il était trop trop, il pensait que j'étais trop intelligente alors que c'était lui"...ne sortent pas beaucoup...au cinéma, d'auteur attention...écoutent encore d'autres archives...lisent des romans...le danger c'est de croire que c'est un ensemble, pas du tout, mais non...chacune à un goût, un parfum...ayez un peu d'imagination...posez leur des questions, découvrez les petits fantasmes...apportez leur des disques, chantez leur la chanson que vous pouvez écouter en haut de page...donnez des références...faites les entrer dans des clubs privés...elles sont là, dans le sous sol, comme dans une cache...chacune sa trappe...il faut connaître...quel niveau...strates radiophoniques...sous la terre...



Au Paris Paris est ce bien Thomas Fersen qui est au milieu de la foule ? Est ce que ca a une quelconque importance ?
Par contre c'est bien Natasha d'AS Dragon qui arrive sur le Seven Nation army des White Stripes. Et ca c'est hyper important. Parce donc dans le même instant, deux entités passées de mode se rencontrent dans l'espace-temps. On devrait d'ailleurs dire espace-musique. Encore que cela fasse trop penser à un supermarché Leclerc. En tous cas il faut s'arranger pour bien montrer qu'il ne faut plus passer en soirée le Seven Nation Army (à moins que vous n'habitiez à Limoges ou Poitiers) et qu'il faut se rendre à l'évidence : Natasha (Natachatte pour les intimes) ne sera pas Debbie Harry. Tant pis.

Publié par arnaultglamorama à 23:57:06 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Rimbaud et Barth | 05 juillet 2006

Commentaires assassins sur Rimbaud, voir plus bas, la technique utilisée est celle de la saturation, le texte qui m'est envoyé est très long, grand comme l'amour qui manque à son auteur. Je suis catégorique et à vrai dire il n'y a pas à l'être, l'oeuvre de Rimbaud s'impose d'elle même à celui qui a un être. "Sensations", "Une saison en enfer" et les textes du désert sont des diamants. Je n'avais en plus abordé que quelques citations, qu'en serait il s'y je disais que les textes les plus importants de Rimbaud sont des lettres,  écrites d'Aden. Rimbaud cesse d'écrire de la poésie. Il est dans la réalité la plus concrète. En apparence.

"Personne à Aden ne peut dire du mal de moi. Au contraire. Je suis connu en bien de tous, depuis dix années. Avis aux amateurs ! Quant au Harar, il n'y a aucun consul, aucune poste, aucune route; on y va à chameau, et on y vit avec des nègres exclusivement. Mais enfin on y est libre, et le climat est bon. Telle est la situation. Au revoir." 
Lettre de Rimbaud à sa mère le 10 novembre 1890.

Seule question importante et que personne ne se pose : pourquoi Rimbaud cesse t'il d'écrire, vend des armes, traverse des villes, achète des marchandises en Afrique? On sait aussi qu'il déclarait à la fin de sa vie que s'il avait dû choisir une carrière, il aurait choisi l'épicerie. Il a tout dit Rimbaud, c'est bon, c'est fini, hop, sur un chameau, où sont les armes ?
La littérature continue, sous d'autres formes, c'est ce qui est inacceptable pour la société. Incompréhension générale, demandes de retour du poète par les intellectuels parisiens, et puis la gangrène, marseille, sa soeur Isabelle... j'en parlerais c'est promis.


Pour l'instant Paris en en feu et cela n'a rien à voir avec la coupe du monde. Jarvis Cocker au Paris Paris hier soir vient voir le concert de Barth, sa petite amie est hideuse, son teint pâle à nouveau. Il vient d'écrire un titre "The world is full of cunts", le monde est rempli de cons, au dessus de lui à droite de la scène on lit les néons : LE MONDE EST A TOI. On en déduit qu'on posséde des cons ?
Dans cette soirée, altércation avec une personne qui présente la météo sur une chaîne cryptée.


N. au téléphone : "Si je viens, je serais avec mon copain."
On rit.
Je dis : "C'est mignon".
Bon voyage en Australie, le monde est à toi !


Rêve plus réel que moi : une plage la nuit, ma soeur est près de moi, à l'horizon des explosions atomiques rouges, superbes, elles se diffusent dans le noir et le bleu sombre.

Publié par arnaultglamorama à 18:39:46 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| 56| 57| 58| 59| >>