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Glamorama and more

la musique la nuit

Un fantôme et Don Juan | 05 août 2006

Les trucs les plus simples ou les plus gros sont les plus efficaces.
Dans une chambre d'hôtel du nord ouest de la France je mets un drap blanc sur mon corps et je suis un fantôme. Caroline est couchée sur un grand lit blanc et elle rit quand je m'approche. Un fantôme peut mordre, le saviez vous ?
Elle a perdu le bracelet de sa cheville dans l'océan la nuit dernière, quand elle embrasse elle regarde bien la bouche qui s'approche de la sienne.
Toujours penser à exciter une fille en faisant semblant d'être son frère. Aîné ou benjamin, à vous de choisir en fonction des situations. N'hésitez pas à utiliser les grands moyens, à dire des obscénités en souriant et en mordillant doucement le cou de la partenaire.
"Je te vois tous les jours à côté de moi, tu dois savoir que je suis obligé de me branler dans les toilettes trois fois par jour parce que tu es beaucoup trop belle. Regarde toi."
On boit du champagne.

"-C'est quoi le principe de ce que tu écris ?
- Il n'y a pas de principe, et ca s'écrit tout seul.
- Tout de même c'est pas aussi facile...
- Et si."

"-Je ne sais si ce que vous dites est vrai mais vous faites que l'on vous croit." (le Don Juan de Molière)


Une personne de ma famille vient de faire un arbre généalogique complexe où sont indiquées les maladies dont sont morts les oiseaux qui s'y sont perchés. J'ai une place parmi les cancers, les crises de folie (la folie qu'on enferme), les viols se terminant mal (parfois des incestes), les intoxications au gaz moutarde, les divers suicides par pendaison, absorption de drogues chimiques sans oublier les lancés sous des trains ou des voitures. Comme cette personne est prévoyante et qu'elle veut deviner des codes secrets inscrits dans les générations (le tout étant, j'en suis persuadé, commandé hypnotiquement par une organisation sectaire new age) elle note aussi les désordres que l'on observe chez les vivants de notre famille juive. On m'octroie ainsi une mononucléose, un trouble visuel à l'oeil droit et une tendance schizophrène marquée. J'essaie de ne pas bondir et je dis gentiment que je ne souffre que d'un trouble visuel effectivement sans en donner la raison (j'ai regardé une éclipse un jour, en fait un petit défi entre le soleil et moi), je tiens à ce que l'on raye les autres inscriptions en demandant d'où proviennent ces renseignements.
On veut vous enterrer, on veut savoir quel chemin vous allez prendre pour descendre en bas, sous la terre. On veut prévoir où vous allez atterrir. C'est à votre mort que votre entourage s'adresse sans cesse. Il faut donc déjouer les plans, rectifier tout le temps, s'effacer.
Et rester aimable: je les fais beaucoup rire en racontant des anecdotes, je leur fais peur en leur demandant que l'on organise la prière de Pessah en avril prochain, je les surprend en disant à une petite nièce qui me demande en jouant :
"-Tu peux me tuer ?
- Paaaan t'es morte.
- Aietchhhh je suis morte maintenant.
- Tu peux RESSUCITER."

Publié par arnaultglamorama à 12:11:28 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Paris Plage et The Crimea | 31 juillet 2006

L'album de The Crimea "Tragedy Rocks" contient un single dont le simple titre donne envie : "Lottery winners on acid". Evidemment on danse encore sur des accords qu'on aimait tant, c'est un rêve prolétaire mais tout de même. On imagine un couple qui vient de remporter quelques millions et qui décide de fêter ca en prenant un acide. Ils marchent dans la rue, peut être même qu'ils dansent.

Paris Plage, le festival Indétendances, des gens ont dressé une toile de plastique blanc derrière la scène pour que l'on puisse boire gratuitement autant de verres que l'on veut sans que le soleil ne gêne l'attroupement qui discute sur la fausse pelouse. Plus tard au Truskel il y a une fille qui s'appelle Chloé: je lui dis que dans six mois elle écoutera le groupe Love is all. Comme elle ne demande pas de détails je lui en donne : Yeah Yeah Yeahs + Arcade Fire = Love is all.

Publié par arnaultglamorama à 17:02:10 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

La Flêche d'Or et le Cabaret Sauvage | 28 juillet 2006

E., souvenez-vous "J'ai tout ce qu'il faut" (rencontrée au Paris Paris), continue sur sa lancée : on sort du Cabaret Sauvage ou jouait K'shu (c'est du cabaret ni plus ni moins et c'est pointu musicalement, c'est doux, oui, doux et on retient son timbre de voix qui oscille en haut et en bas à merveille plutôt que celui de la soeur de Arthur H qui a ouvert la soirée plutôt variétoche-on-s'ennuie-non?-oui-grave), on marche dans le parc. "-Tu aimes bien mon haut ?
- Mais absolument.
- Tu le diras à personne mais c'est un dessous."
On rie et on se fraie un passage à travers les branches du grand parc. Un peu plus tard :
"-Tu trouves pas que je ressemble à la Joconde ?"

Et puis Caroline, vive les textos, c'est le mois du texto, Bouygues Telecom va pouvoir faire dorer à l'or fin un nombre impressionnant de bureaux, je ne donne que les siens, à vous de deviner ce que j'ai envoyé :

"-Pour moi perdre son âme, cela veut dire tout à fait autre chose. C'est bon maintenant que je connais tes intentions, il n'y a plus de problème ! Ca pourrait être drôle."

"Pourquoi dis tu que je dors déjà ? Pas besoin de prier, il fera beau. Tu rêves plus que tout de la plage donc tu l'auras."

Devant un club, Vitalité, que je fais venir pour un grand jeune groupe de rock jeune et grand et rock.
"-Pas dans la rue, je t'avais dit, ca nous met en danger autant toi que moi."
Très énervé Vitalité, il sent que la fin est proche peut être, il furète, il lance son regard à droite et à gauche, surveille les angles, du coup j'ai l'impression que ca dure des plombes...il a encore changé son numéro de téléphone, il a trop d'argent désormais, il faut qu'il sous traite qu'il arrête, qu'il cesse. C'est comme Sous many DJ finalement avec ses bootlegs, il faut savoir stopper tant que le ciel ne montre pas trop de fêlures, et que la menace qu'il tombe sur sa tête ne fait que s'annoncer.

Quand le fils d'un programmateur d'une grande radio joue dans un groupe de rock (hier soir à la flèche d'or) on se dit qu'on va encore devoir être hypocrite, que décidemment on sortira jamais du bain des artifices et que c'est ce qu'on a choisit et qu'il est trop tard pour reculer. On se prépare à vanter le musicien en question, tout en nuances, pour pas que cela soit too much. Mais quand le groupe en question est excellent et que vous le comparez à Elista sans peine est-ce que le programmateur vous croira quand vous lancerez des louanges sincères et justifiées au sujet de sa progéniture guitariste ?

Voilà, vous savez pourquoi vous lisez ce "Blog", parce que vous aimez bien avoir des détails un peu croustillants sur l'envers du décor et que cette dernière question est aussi la votre petits coquins hypocrites. Vous appréciez aussi toutes ces filles qui passent, vous remarquez qu'aucune ne s'arrête vraiment, vous vous demandez si cela va durer donc vous lisez. Ce qui attise aussi bien votre curiosité, c'est que certaines d'entre elles réapparaissent. Enfin, et ce dont je suis le plus fier c'est que vous adorez la légèreté de l'ensemble.

Publié par arnaultglamorama à 01:26:21 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Molly et Royksopp | 26 juillet 2006

Au moment où je rentre du Réservoir où jouait Molly, une copine, avec le guitariste de Dolly ou peut être serait-il mieux de dire ex guitariste, le groupe n'existant plus pour cause de mort d'un des membres il y a deux ans (présence de gens de chez V2, Barclay, un membre de Luke, Kate qui est en pleine forme et de plus en plus sexy, J. qui est pour l'été sur deux radios en même temps), j'effectue une danse improvisée chez moi sur Royksopp. Ne riez pas, il y a tant de gens qui chantent sous la douche, moi je danse. Pas trop d'exubérance, quelques pas, je pousse les tapis, je regarde mon ombre, c'est complètement inattendu, futile. Donc très important.

Est ce que je vais retourner en Bretagne voir cette fille ? Est ce que ma tante juive, qui habite à St Nolff (vous avez bien lu St Nolff) se souvient de son neveu juif et l'hébergera quelques jours ?

"Tout repose sur la mémoire de ta tatie." dit Caroline dans un texto.

Publié par arnaultglamorama à 00:40:25 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Johnny Hallyday et un handicapé | 25 juillet 2006

" - Mais je ne m'appelle pas Caroline !
- Je sais bien. Mais moi je t'appelle Caroline."

Johnny Hallyday, blouson en cuir brodé de têtes de mort, devant 60 000 personnes, la scène, vingt mètres de haut, a été spécialement crée pour lui à Carhaix. Il a cette tirade magique, éblouissante, pleine d'ironie :
"On m'a beaucoup parlé des bretons, je ne suis pas déçu. Bon anniversaire aux Vieilles Charrues, j'espère que le festival durera encore quinze ans, comme ca je pourrais revenir souvent."
En fait il s'ennuie, le public n'est pas à la hauteur, il les détruit. Et beaucoup disent que c'est sa dernière tournée. Il enchaîne les poncifs, les trucs de scène, plus c'est gros, plus ca marche :
"J'ai débuté dans un endroit qui s'appelait l'halambra à Paris. J'ouvrais pour Raymond Devos. Le directeur, au bout d'une semaine, voulait me virer. Raymond a dit : "Si vous virez le petit, je pars aussi." Alors Raymond si tu nous VOIS d'en haut-et-je-saaaaaaais que tu nous ENTENDS de là haut, cette chanson est pour tewwwa."
Et puis, on est en plein délire ringard, si-le-monde-c'est-ca-arretons-tout-sur-le-champ, on est en extérieur, c'est un festival d'été, en gros on voit le ciel, les étoiles qui se moquent en scintillant de la prestation du héros national qui vient d'adopter une petite Jade et qui tient à le faire savoir en diffusant ses photos et celles de Laetitia sur les quatre écrans géants, Johnny Hallyday dit dans son micro doré :
"J'aimerais que vous chantiez avec moi la prochaine chanson, on arrive à la partie euhneupleugd, et je voudrais que la technique allume les lumières DE LA SALLE s'il vous plait, pour que je vous vois, est ce que c'est possible d'éclairer LA SALLE."
La foule hurle, conquise. Lumières blanches sur assemblée compacte noire. Et là, tout apparaît.
Une poupée gonflable est empalée au bout d'un parasol et est brandie fièrement par des brestois qui boivent des carafes de bière chaude. Un autre groupe, vers la gauche de la scène, a crée un drapeau breton avec des strings noirs et blancs. Au bout d'un moment, il atterrit dans un attroupement de jeunes enfants. La graisse des stands de frites parfume les différentes scénettes. Des femmes de cinquante trois ans dans des shorts roses ou rouge délavé se félicitent en mangeant des chipolatas à la moutarde, au ketchup et à la mayonnaise de n'avoir pas mis de culotte "On a quand même plus frais au cul." disent-elles assises sur le sol qui suinte le vin blanc et la sueur, jambes écartées, pendant que leurs petits enfants déchiquettent le drapeau en string et que leurs maris chantent "Y'a quelque chose en nous de Tennessee, quelque chose en nous de Teneeeessiiiiiiiieeee" en se tenant par les épaules. Les adolescents ont tous un joint dans la main gauche et leur portable dans la droite. Quand le joint est fini, ils allument des cigarettes. Un homme immense et habillé d'un slip et d'une chemise en coton bleu pâle range un handicapé sur une motte de terre prés des rectangles de toilettes en plastique, il bloque le frein, sent l'odeur terrifiante qui émane du coin, appelle son chien : "Fiffiiiiiiiii, ouohohoh wouuuuu Fiffiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii vient voir Johnny, vient mon chien, monte sur mes épaules, bon chien."
A droite de la scène, par terre, sous une tente, des lueurs bougent, ce sont les comas éthyliques que l'on pose délicatement dans des sacs jaune et gris sur le sol, les gens de la Croix Rouge font des croix, oui des croix sur un petit tableau.

Publié par arnaultglamorama à 12:40:30 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

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