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Glamorama and more

la musique la nuit

La queue et le cou | 22 novembre 2006

A partir de quel moment cela fonctionne t'il ? Est ce que vos épaules sont amoureuses de la jeune fille ? Votre cou est il ferme et droit comme une queue ? Pourquoi marchez vous différemment ce jour là ?

Plus vraiment question de dire "Je pense à elle à chaque instant." Allez un peu d'imagination, faites parler votre corps. Que dit Rome à ce propos ? Ah oui L'âme c'est la forme du corps. Tout est en jeu, même votre âme, c'est une fascination complète, instantanée. Le temps n'est là que pour prouver l'ensemble de l'opération, il vous répète doucement que c'est là et que c'est bon.

Pas question non plus de dire "Elle et plus les autres." Personne ne me croirait, même pas vous.

Limites de ce blog j'en conviens. Preuve de ces jours. Confère aussi le dernier commentaire, c'est amusant. Mais voyez comme je vous épargne des conclusions hâtives sur la fin d'un cycle, nouvelle fille, nouveau temps, voyez un peu la merde qui se déverse juste un peu plus loin d'ici, à quelques clics. Et revenez vers moi comme on revient vers un bon disque de sa collection. Un album classique que vous êtes seuls ou presque à aimer jouer de temps en temps. Vous savez à quoi vous attendre.

"J'ai lu les premières pages de Lautréamont et j'ai eu peur." A. est délicieuse et malicieuse. La peinture de Bonnard ne m'a jamais rien dit d'autre finalement que ce genre de scène pouvait se produire : A. le matin, nue dans son manteau noir, regardant par la fenêtre. "Ils sont mignons tous ces gens." Je glisse sans que rien ne paraisse un mot de Kafka "Bonheur d'être parmi des êtres humains". Défilé intensif de tableaux de Bonnard. Marthe dans le bain (une dizaine d'oeuvres), La femme au peignoir rouge (1916), Intérieur (1905).

On écoute l'album des Pipettes quatre fois, le vin, les cigarettes, les seins, petits, ronds, parfaits.

Une fille sur Myspace, titres moyens, qui souhaite me rencontrer pour que je collabore à son projet, elle a vu ce que je faisais pour MM. Je suis un collaborateur spécialisé, pas vraiment musicien, pas vraiment producteur, pas vraiment attaché de presse.

Publié par arnaultglamorama à 17:34:43 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Kafka et une armoire | 20 novembre 2006

Le jeudi quinze juillet 1920, Kafka, comme presque tous les jours durant cette période, écrit à Milena Jesenska. Elle est sa traductrice en tchèque de quelques textes. Il doit aller ce jour là au mariage de sa plus jeune soeur Ottla.

"Pourquoi faut-il que je sois un être humain avec tous les tourments attachés à cette condition (la moins claire de toutes), et l'effroyable responsabilité qu'elle comporte ? Pourquoi ne suis-je pas, par exemple, l'heureuse armoire de ta chambre, qui te voit toute entière quand tu es assise dans ton fauteuil ou installée à ton secrétaire, quand tu t'étends ou quand tu dors (béni soit mille fois ton sommeil), pourquoi ne suis-je pas cette armoire ?"



Vous pardonnez les citations n'est ce pas ?
Celle-ci de Nietzsche, sans rapport apparent avec la précédente.

"Comme si une femme sans religion n'était pas pour un homme profond et athée quelque chose de profondément repoussant et ridicule."


Et puis voici Casanova en 1753.
Il prend un café sous les procuraties de la place Saint Marc à Venise "quand un beau masque femelle qui passait me donna galamment un coup d'éventail sur l'épaule." Quelques instants plus tard, elle se présente, c'est une jeune fille qu'il a sauvé d'une chute dans la Brenta le jour précédent (il est furtif et rapide) :

"Je lui ai d'abord dit que je l'aimais, que j'avais une loge à l'Opéra, que je la lui offrais, et que je la servirais pendant toute la foire, si elle voulait m'assurer que je ne perdais pas mon temps.
-Si vous avez donc, lui dis-je, intention de m'être cruelle, je vous prie de me parler franchement.
-Je vous prie de me dire avec qui vous croyez d'être.
-Avec une femme toute aimable ou qu'elle soit une princesse, ou de la plus basse de toutes les conditions. Vous me donnerez aujourd'hui des marques de bonté, ou après dîner je vous tirerais ma révérence.
-Vous ferez ce que vous voudrez; mais j'espère qu'après dîner vous changerez de langage, car le ton que vous prenez est fait pour vous faire haïr. Il me semble qu'une explication pareille ne peut aller qu'au moins avoir fait connaissance. Sentez-vous bien cela ?
-Oui : mais j'ai peur d'être attrapé.
-Pauvre homme ! Et par cette raison vous voulez commencer par où on finit.
-Je ne demande que de bons arrhez aujourd'hui; et après vous me trouverez modeste, soumis, et discret.
-Je vous crois très plaisant; je vous conseille de vous modérer."

Publié par arnaultglamorama à 19:55:46 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Pete Doherty et Kate Moss | 16 novembre 2006

Ces deux filles à République qui parlent à côté de moi, étudiantes internes en hôpital psychiatrique. Elles se moquent d'un patient qui dit vouloir sauver la terre et qui fait des signes kabbalistiques. Elles donnent les détails avec des grands yeux et des gestes près de leurs poitrines, se congratulent, trouvent des explications. Elles portent des manteaux verts kaki, gros culs, tresses, pantalons larges. Je les connais par coeur. A l'université il y a dix ans je devais côtoyer des filles comme elles. Pas sexy pour un sou. Toujours se déambulant par deux comme des pigeons sur une piste de pétanque pourrie. N'allaient jamais voir un concert de rock. Fumaient joints sur joints. Idiotes éternelles. Au lit elle se contorsionnaient (il fallait tout de même que je vérifie ma théorie), poussaient de faux cris. Certaines branlaient bien, rapides, sèches comme leur corps. Fascinées par la boulimie chez l'adolescent, le suicide des enfants, les problèmes les problèmes. La différence sexuelle après le mariage. L'absence du père (leur sujet préféré pour les siècles et les siècles). Les rêves du nouveau né, les conséquences psychologiques et psychomotrices de la pauvreté... On avait des travaux à rendre en groupe, il fallait trouver un sujet en commun et c'étaient toujours ceux là qui les fascinaient, j'étais à chaque fois tout seul à vouloir me pencher sur un texte de Lacan que je lisais en cachette. Ou Freud, les textes, les textes bon sang. La base, la pensée...Regard désolé de la prof, tu vas devoir travailler tout seul. Et puis le jour de l'examen de deuxième année, le sujet tombe : L'inconscient a une structure de langage. Elles faisaient moins les malignes, elles étaient perdues, regardaient en douce ma copie.
C'est que je suivais des séminaires lacaniens. Je prenais ma Renault Cinq blanche et je disais que je sortais voir des amis. Mais je filais à l'université la nuit, je poussais des portes, je me trouvais au milieu d'analystes purs et durs et d'analysants au travail. Et là c'était un élan dans les textes. Valse du Moi, du Ca et du Surmoi. Ca m'enchantait, mon esprit bouillonnait. Dire la Vérité, entière, toute...L'assemblée ne comprenait pas trop, me regardait prendre des notes furieusement. Déréalisation subversive, références à n'en plus finir...

Vitalité à République toujours, je le croise par hasard. Il est pressé, de toute façon je n'ai rien à lui dire. On se serre la main, il connaît bien mon prénom, grand professionnel. Il a des dizaines de grammes de cocaïne sur lui, planquées dans ses chaussures, ses gants, ses plombages dentaires. Son téléphone coincé dans son casque de scooter, juste sur l'oreille. Ca me fait sourire et il s'en aperçoit.

Babyshambles lundi soir pour la fin du festival des Inrocks. Doherty joue deux ou trois titres des Libertines. Les filles lui balancent des strings, les mecs des écharpes ou des drapeaux anglais. Au bout de vingt minutes de concert Kate Moss apparaît et chante le refrain d'un titre. Elle sort de scène comme elle défile (pieds sur la même ligne pendant la marche) puis revient chanter à nouveau le même refrain après donc le couplet. Manteau en fourrure blanche éblouissant. Vraiment belle. Texto immédiat à Kate pour balancer l'info.

Hier Lemonheads, le groupe d'Evan Dando à la Maroquinerie, merci J. pour la place, tout comme celle des Babyshambles d'ailleurs. Nul doute que c'est là un groupe américain. Cheveux longs, regard vers le sol, titres courts. Ca devrait être obligatoire d'aller voir un groupe de rock américain des années 90 pour chaque indie person. Disons au moins une fois par an.
 

Publié par arnaultglamorama à 00:06:28 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Sean Lennon et The Pipettes | 13 novembre 2006

Les Inrocks la suite, soirée furieuse.

A la Cigale tout le monde se prépare à voir les Pipettes et en attendant tout le monde écoute le concert de Plan B. Un anglais blanc qui a écouté du rap et qui sait jouer de la guitare il n'en faut pas plus pour que les directeurs artistiques se soient affolés il y a quelques mois en espérant trouver le nouveau Mike Skinner monsieur The Streets. Sur scène le voilà qui enchaîne un titre au micro en rappant d'une façon non douce et un morceau seul à la guitare acoustique comme un...adolescent.

Voilà les trois filles de Brighton, jupes à pois collants noirs, le backing band s'appelle The Cassettes. "On est venues ici pour vous faire danser ! " Le problème c'est qu'elles sont tellement jolies que l'assistance ne bouge presque pas, figée devant leurs danses et leurs trémoussements sur scène. Désaccord fondamental avec A. sur la pipette à mettre dans son lit, blonde à lunettes contre blonde sans lunettes. A. est plus jolie qu'elles de toute façon et la pipette qui irait dans son lit y gagnerait au change. 
Clap your hands if you want some more, clap your hands if you want some more. Ca y est les spectateurs lèvent les bras. Certains prennent pour eux les paroles du titre Judy :
"Judy, que va tu faire quand tu seras vieille et que personne ne voudra plus te connaître ? Je prendrais soin de toi si tu prends soin de moi."

Tête d'affiche de la soirée, le come-back de Jarvis Cocker. Les morceaux sont fidèles aux derniers albums de Pulp son ancien groupe. A un moment il dit : "J'ai quarante trois ans et je suis content." Il danse sans cesse, toujours les mêmes mouvements qu'il est le seul à maîtriser, à base de contorsionnements rapides, de vrilles et de flexions des bras et des mains. La foule applaudit le retour réussi de l'anglais et j'applaudis cette foule.

Vite il faut aller voir Sean Lennon, fils de John et Yoko, à la Boule Noire. Sam est des plus malheureux de devoir aller au Baron pour le karaoké qu'il organise les dimanches soirs et de ne pas assister au concert. Ce qu'il ne sait pas à ce moment là c'est qu'il va jouer avec Sean Lennon quelques heures plus tard au Baron justement et que cela sera féerique.

Le concert est moyen, pas assez de volume semble t'il, les gens sont déçus et ils boivent de l'alcool, prennent de la cocaïne ou font la queue à l'extérieur de la salle, jauge explosée, la valse des badges a ses limites, beaucoup ne sont pas rentrés.
La malicieuse C. est dans le coin, il y a aussi S. et V. d'Autour de Lucie, J. n'est pas loin non plus.

Nous voilà à l'after show minable de Jarvis au KitschUp à Pigalle. Avec Beigbeder et C. on commande des vodkas qu'on boit très vite et on part sans payer, parce que c'est comme ca et qu'il faut aller au Baron on veut chanter Wonderwall, je suis toujours très en colère que Beigbeder ait chanté le titre mardi dernier alors que nous devions le faire avec Kate, cette fois on est réconciliés. Le taxi nous mène vers l'entrée rose du club dans l'allégresse. "Vous pouvez mettre du rock monsieur le chauffeur ? Du ROCK." Coups de fil de une heure du matin bonsoir tu ne m'a pas oublié tu es mon plan C. ou D. je sais plus on se voit ? On veut s'arrêter dans des sex shops mais on ne sait pas si on pourrait trouver la fente pour la pièce. Il ne faut pas oublier de se moquer de Christine Angot et de Doc Gynéco. L'ennui ce n'est pas qu'ils aient couché ensemble finalement, mais que cela ait eu lieu à Brives. En entrant on crie ou plutôt on hurle Nous sommes venus pour chanter où sont les micros ?
Maybe you're gonna be the one that saves me and afterrrrr all you're my wonderrrrrrwall

Applaudissements fournis et plus intenses que sur l'ensemble des concerts du soir à la Cigale
+ de vodka, avancée dans l'ébriété violente puisque désormais ce sont des shots qui tournent. Beigbeder a cette réplique excellente en apportant les verres : "Je sais recevoir hein ?"
Sam est donc à un moment à la guitare et Sean Lennon au chant et cela s'inverse aussi, tout le monde danse et s'aime, c'est ce qu'on appelle une fête : un point de joie dans le temps. Lennon branche une guitare sur l'ampli pendant que le DJ joue quelques titres, le voilà qui se met à la batterie et qui suit les beats.
Il faut qu'on chante un titre de Polnareff, on s'exécute.
 

Publié par arnaultglamorama à 15:29:50 dans Glamorama and more | Commentaires (2) |

Le festival des Inrocks et une valse | 11 novembre 2006

Festival des Inrockuptibles hier soir. C'est la valse des badges, c'est la tournante des pass.
Cigale /
Boy Kill Boy les Green Day de l'indie, rien à signaler, c'est nul tu sors.
Spinto Band absolument excellents, ils se moquent bien de savoir si ils chantent bien ou pas, comment le pourraient ils en remuant comme ils le font ? Leurs têtes se baladent dans tous les sens, jeu entre les chanteurs qui se partagent deux micros, A. reconnaît (forcément) le titre Mandy.
The Kooks qui ont vendu un million d'albums, je ne reconnais pratiquement aucun titre. Dès le début du concert des dizaines d'appareils photo mitraillent le groupe. Tee shirt blanc, jean slim. J'ai l'impression de voir jouer Razorlight.

Boule Noire /
Rock&Roll ou le groupe qu'on va bien vite oublier. Montés en flèche par les Inrocks depuis un an on dirait qu'ils ont quarante ans. Les applaudissements sont minimes. L'engouement inexistant.
The Automatic et leurs puissants singles Recover et Monster. Qu'est ce que je vois s'avancer sur la colline ? Est ce un monstre ? Est ce un monstre ?
J'embrasse A. "Tu m'as eue."
The Blood Arm ou bloude arme comme dirait C. joyeux et sombres à tour de rôle.

Elysée Montmartre /
Danton Eeprom, Does it offend you yeah, Sylvie Marks
C'est la plus grande table de mixage de l'univers, elle se poursuit sur tout le long de la scène, quelqu'un veut organiser le concours du plus grand rail de coke. De l'électro lourde dans laquelle s'infusent d'une manière surréaliste un remix de The Dears (!!!!!), les sautillements cessant dans la foule pendant la durée du titre, et même le Steady as she goes des Raconteurs.

Sympathie véritable pour tous les gens que je croise, mises au point sur les statuts, les projets en cours, violent alcoolisme de la plupart.

A., trop belle pour être vraie (j'ai hésité pas mal à écrire cela, c'est absolument simple, forcément, forcément, je ne vous habitue pas à ce minimalisme là.)
A., trop belle pour être vraie. Et pourtant.

Publié par arnaultglamorama à 19:18:51 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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