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Glamorama and more

la musique la nuit

Villes et Vénus | 04 juillet 2008

(Primal scream / All fall down)

Rimbaud toujours : dans la nuit devant le club hier soir c'est exactement la représentation de la scène de « Villes » dans les Illuminations. Tout un groupe de gens arrive en hurlant, ils sont une trentaine. Le moment se présente absolument ainsi.

Les Bacchantes des banlieues sanglotent et la lune hurle. Vénus entre dans les cavernes des forgerons et des ermites. Des groupes de beffrois chantent les idées des peuples. Des châteaux bâtis en os sort la musique inconnue. Toutes les légendes évoluent et les élans se ruent dans les bourgs. Le paradis des orages s'effondre. Les sauvages dansent sans cesse la fête de la nuit.

Publié par arnaultglamorama à 01:39:13 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

La musique savante et le chien fou | 03 juillet 2008

(Broadcast / Evil is coming)

Le récit nombreux des jours de l'amour...non mais tu veux dire quoi par là ? Des souvenirs, des images, des sensations ? Un récit ne peut pas être « nombreux », cela saute aux yeux ou bien tu vas m'expliquer que la grammaire a fait volte face dans la nuit... Les jours de l'amour oui pourquoi pas, le sexe, les baisers, le temps passé avec la personne, non ?

On n'y est pas. Rimbaud a vu juste, la musique savante manque à notre désir. Des tonnes et des tonnes d'imprimés pour en arriver à cette phrase, à ces deux phrases...
Tout ce qu'on nous raconte, tout ce qu'on vit, l'incroyable torrent de sentiments déversés à chaque instant partout. Le passé pffff, cela siffle aux oreilles et donne d'invisibles otites... Si comme le dit Joyce l'histoire est un cauchemar dont j'essaie de me réveiller, l'histoire de l'amour est une suite de rêves poisseux rêvés par tout le monde. Ca colle, ca suinte à qui mieux mieux, comme on dit à Toulouse : ca pègue.
Rien à voir avec ce qui se passe dans mon corps, on me répète des sornettes en salade, moi je parle du corps amoureux...
Voyez comme ils s'ennuient, comme ils se mentent, comme ils sont malheureux en se traînant dans la boue de l'amour.
Ecoutez la musique, ca bascule, Rimbaud pointe son nez à nouveau Oh l'autre monde, l'habitation bénie par le ciel et les ombrages...Une habitation bénie par l'ensemble des apparences, à la fois par le ciel et les ombrages !
De l'air de l'air, musique et chants, on ferme les yeux et on danse. Ce n'est même plus une célébration, c'est l'être qui se pointe. Directement en relation avec le ciel et les étoiles, le rythme ! Il y a des filles qui vous mènent directement dans la danse, elles n'ont rien demandé, lourd fardeau finalement, qu'au singulier elle m'excuse...plutôt belles plutôt belle, diamant droit et lignes parfaites (yeux, joue, cou) : précision de l'univers à partir d'un visage. Vous y êtes quand elle précise l'univers. Sens et révélation de ce sens. Comment ne pas s'adresser à elle quand c'est évident comme un orage qui explose ? Je l'ai trop fait bien sûr...on s'approprie sans cesse, on ne peut s'empêcher, mais enfin tout s'éclaircit.
On va me prendre pour un fou mais enfin je suis un chien fou.

Publié par arnaultglamorama à 21:11:17 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Les jardins de Bagatelle et le récit nombreux des jours de l'amour | 29 juin 2008

(Love / A message to pretty)


Dans le bois de Boulogne je ne cherche pas de transsexuels mais plutôt le chemin de la fête avec NP et LT. Il faut marcher longtemps dans le noir pour arriver aux jardins de Bagatelle. On aperçoit une mansarde cossue d'où parviennent une électro censée et des lumières puissantes. Des gens en peignoir, des filles aux hautes oreilles de lapinou, vous avez compris, c'est une soirée playboy. A l'entrée une fille métisse immense et droite sur des talons hyper immenses dit à deux types : « Pas de carton, pas d'accompagnement, pas de contact, pas de peignoir, pas de lapinou. Vous ne rentrez pas messieurs. Enfin si vous rentrez. Mais chez vous. »
 Foule compacte disposée sur une terrasse géante entourée d'arbres noirs du noir de la nuit. Est-ce qu'ils s'amusent vraiment ? Les tables plutôt bien alignées où trônent des magnums frais sont le lieu de la grande démonstration, il est nécessaire d'acheter un maximum de bouteilles et de le montrer de manière évidente. On se contente de vodkas discrètes. Judith Godrèche est en couverture du numéro d'été que l'on feuillette en râlant qu'il n'y ait absolument aucune chatoune à mater à l'intérieur. Que font les blacks aux portes de la nuit ? (ils entourent les tables les plus proches de l'extérieur de la scène) Ils empêchent les intrus de rentrer et les convives de se droguer dans tout ce qui est fourrés, petites clairières, troncs d'arbres, hamacs naturels.
C'est le moment de danser une vingtaine de secondes sur A punk de Vampire Weekend et de respirer la fausse fumée qui se mélange à la vraie humidité du lieu. Beigbeder se faufile vers les platines et enchaîne avec Polnareff, pourquoi pas. Il a vraiment la classe : lunettes gigantesques et peignoir rouge écarlate, il a l'air d'un pape et d'un roi.

Plus tard au Showcase pour la soirée Jalouse rocks Paris force est de constater que c'est raté. Pas beaucoup de monde et puis de toute façon l'endroit est trop grand. The Virgins multipliés par les images sur le mur du club, filles délurées qui poussent hors des lieux les filles qui s'ennuient, une DJ qui se cache dans un coin de la scène parce qu'elle a le trac ou parce qu'elle ne veut pas voir qu'il n'y a tout de même pas grand monde. Comme j'ai évolué de manière fabuleuse je ne fais pas ici référence à une soirée passée dans ce même lieu avec A. il y a quelques temps, les plus malins s'en souviennent, tout est écrit un peu plus loin ici. Comme j'ai évolué de manière fabuleuse je ne prends plus la peine d'expliquer la raison de la présence du titre de Love que vous êtes en train d'écouter.

Au matin, se répétant durant les minutes de réveil de mon corps, ces mots de Hölderlin, dans leur opacité grammaticale et leur force transcendantale :
« Le récit nombreux des jours de l'amour ».

Publié par arnaultglamorama à 17:56:06 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Une engeance supérieure et l'invention d'un langage | 25 juin 2008

(Love / My little red book)

Soirée foudroyante. Les meilleurs moments en pleine semaine finalement. Les groupes Brooklyn, Neïmo, adorables, bosseurs, connaissent les combines, les contrats, les fêtes. Monde absolument hors du monde où chaque note de musique a une importance capitale, où chaque groupe est une position dans l'univers. Pas un point de vue ni une proposition artistique mais bien une engeance supérieure, fondamentale.

Les expressions que j'utilisais avec A. et qui tombent à plat désormais, merveille classique de l'invention d'un langage avec la personne que vous aimez. Comme consolation, pensée de tout ce que nous avons évité et de ce que nous avons fait ensemble et qu'il est rageant de devoir pousser dans le passé. Beaucoup de mal à faire comprendre, même ici finalement et même à elle, l'ampleur qu'elle a eu pour moi. Mais pourquoi m'acharner ? Pour ses rires, son humour, sa beauté furieuse, son style. L'été sans elle miraculeusement sauvé par les circonstances (voyage en Afrique du Sud).

Dans le creux de la nuit je me dis : « C'est exactement la vie que tu as voulu avoir ».  

Publié par arnaultglamorama à 23:39:02 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

CSS et un soundsystem | 22 juin 2008

(Philippe Katerine / Où je vais la nuit)

CSS, c'est de la qualité. Fatiguée d'être trop sexy ? Cansei de ser sexy ? Lovefoxx la chanteuse ne cherche pas à plaire : maillot moulant fushia en lycra qui lui recouvre entièrement le corps et qui lui procure une chaleur qui redouble sur sa peau celle du Bataclan. Elle danse comme une furie et fait des signes de chats au public. Ils jouent de nouveaux morceaux qui sont plutôt très bons et font un rappel de 3 titres du premier album. J. est en transe avancée et en arrive même à dire : « Le whiskey c'est trop bon » au milieu des paroles brésiliennes qu'elle connait par cœur, forcément. On s'amuse à dire qu'elle est la sœur de la guitariste et on prend des photos des lunettes immenses Ray Ban qui sont posées sur une boule à facettes au plafond. Never hide, c'est le slogan. Il y a une fille qui s'appelle Pauline qui a crée un groupe sur facebook intitulé « TRUSKEL BORDEL » qui raconte qu'elle connaît ma tête.
Al. confesse qu'il a couché avec 75 filles en un an et qu'il vient de se faire plaquer et qu'il en a marre. Je me souviens qu'au dernier festival des Inrocks il nous avait filmés avec A. pour une certaine raison.
Les gens qui me disent qu'ils ne pensaient pas que j'aimais tant A., que cela ne se voyait pas.

Comme c'est la fête de la musique il y a un soundsystem en bas de chez moi, sur le bld de Charonne. Le principe, c'est de faire le plus de bruit possible. La joyeuse troupe sale et sans diplôme a installé une tente kaki dans la rue, les trucs les plus improbables s'enchaînent depuis le début de l'après midi jusqu'à minuit. Et la dernière heure est la plus violente bien entendu car ils savent que la fin approche et que c'est le besoin même de limites qui est à la base de leur plaisir. Grande complicité avec la police qui observe de loin et bave à l'idée d'apercevoir un peu de drogues chimiques. Tout cela est très réglé et chacun a besoin de l'autre camp pour se justifier, continuer son activité, en un mot : jouir. La seule question à se poser finalement devant ce genre de scène est : pourquoi policiers et teuffeurs ne s'enferment-ils pas sous la tente humide et chaude d'effluves de vin rouge et blanc et vert et de majijuana pour avoir tous ensemble des relations sexuelles ? Cela ne serait-il pas plus direct, plus simple ?

Publié par arnaultglamorama à 00:22:20 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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