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Glamorama and more

la musique la nuit

L'escalier noir et la géométrie des corps | 27 septembre 2008

(The Killers / Human)

Genre de soirée qui peut se résumer par un texto que j'envoie cette après midi. « Oui, on embrassait une fille noire et une fille blanche avec S. et je passais des disques avec mon Iphone. » Sommes nous humains ou sommes nous des danseurs demande le chanteur des Killers. Je ne crois qu'en quelqu'un qui sait danser pour ma part.
L'Elysée Montmartre accueille la première soirée club NME, pas de raison de ne pas y être. Les Dead Kids s'adressent en français aux anglais qui se pressent devant eux, leur font faire des rondes, lever les mains, envahir la scène. C'est tout de même un peu forcé, ca gigote. The Whip (le lasso) hurlent ensuite « I wanna be trash », c'est le bon moment pour monter dans un escalier noir et mettre un peu de mdma dans mon verre d'eau.

Casanova pratique l'art de la géométrie des corps. Il est là où on ne l'attend pas, là où il doit être. Il est toujours en avant, dans le rythme. En avançant dans la lecture, on prend conscience de sa joie, il est partout à la fois, brisé en mille éclats de voix.
C.C et M.M sont ses deux amours (deux de ses amours).
« Enivrés tous les trois par la volupté et les frustratoires, et transportés par des continuelles fureurs, nous fîmes dégât de tout ce que la nature nous avait donné de visible et de palpable, dévorant à l'envi ce que nous voyions, et nous trouvant tous les trois devenus du même sexe dans tous les trios que nous exécutâmes. »

Publié par arnaultglamorama à 15:24:41 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Tanaou et Spinto Band | 25 septembre 2008

(Mgmt / Pieces of what)



Nos toutes nouvelles aventures. Ce serait pas mal en français aussi. Enième groupe anglais qui débarque, The all new adventures of us, TANAOU pour les intimes, sont en première partie des Spinto Band hier soir à la Maroquinerie. Oh l'emploi du présent incongru qui approche le regard du lecteur, lui fait apparaître la scène...et à raison car s'ils sont sept (les gars  on repart en tour bus directement après là faut pas traîner, même le formule un là ca va pas le faire, là vous êtes trop nombreux là), mais la salle n'a d'yeux que pour la-fille-aux-claviers-qui-joue-aussi-parfois-du-saxophone. On a un gros problème de claviers, tu oublies la chanteuse des Kills, tu te prosternes, la fille en question est un miracle de beauté. Grande brune cheveux longs et frange de la timidité. Ou peut être que c'est trop, c'est trop, elle est trop belle et doit se cacher.
« Je cherche le manager des Spinto Band tu peux m'aider ? - Oui bien sûr suis moi - Ah ben en fait je cherche plus le manager des Spinto Band. »
Tout le monde attend Oh Mandy.  BR, S. et N. rient assez quand je demande « La quatre !!!! Joue la quatre.» Essayez c'est drôle. Aux Inrocks il y a deux ans le groupe illuminait par ses chants fous, ca gigotait, il se passait quelque chose. On a l'impression que c'est fini, que c'est passé. Et ils chantent faux tout le long du concert. C'est gênant. Vérification que l'on peut, pour la plupart des groupes, en rester au premier album. Ecoutez le nouveau morceau des Vampire Weekend, « Ottoman » , c'est trop produit, on n'est plus dans l'énergie digne d'une démo de leur premier album.
Ne pas lire la suite si on ne souhaite pas lire le récit d'un rêve. Je sais bien, je ne supporte pas moi-même.
Je vais le mettre entre parenthèses, comme dans une bulle, celle du sommeil.
(Réalisation de la partie « philosophique » de MGMT qui considère que l'avenir appartient à des tribus habitant les plages du monde, sorte de retour à la nature forcé et finalement aimé. On ne sait pas si c'est l'Aurore ou le crépuscule, il y a des gens en maillot de bain, l'eau de la mer est huileuse comme dans les récits Homériques. Des discussions et de la musique, état flottant de pensées non droguées.)

Publié par arnaultglamorama à 13:10:27 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

2 milliards d'êtres humains et 2 violettes | 21 septembre 2008

(The Streets / Strongest person i know)


Dans 30 ans, la terre portera 2 milliards d'êtres humains de plus qu'aujourd'hui. Ce n'est pas une mince affaire que de se demander combien de ces nouveaux arrivants auront une existence libre, lucide, éclairée.
Les paris sont ouverts.
7, 8 ? Quoi ? Vous comptez en millions ? Pour les plus pessimistes en milliers, lorsque je n'ajoute aucune grandeur à ces chiffres qui restent de ce fait innocents... Cette information me fait en tous cas immédiatement me relancer dans la lecture de Casanova, parce qu'il était libre, lucide et que sa vie était tout ce qu'il y a de plus éclairé. Vraiment dans la foulée. J'ouvre au premier marque page, celui que A. a laissé lorsque je lui avais prêté "L'histoire de ma vie". Respiration. Une place de concert et deux violettes séchées tombent sur mon torse. Plus loin, un flyer est inséré à la dernière page lue.
« Le jour fixé, à l'heure ordinaire je me suis trouvé au casin devant la belle M.M. vêtue en dame du monde, se tenant debout, le dos tourné à la cheminée. (...)Une robe piquée bleu céleste faisait toute sa parure. Elle avait aux oreilles  des boutons de brillants ; son cou était tout nu. Un fichu de gaze de soie et fil d'argent, placé à la hâte laissait entrevoir toute la beauté de sa gorge, et en montrait la blancheur à la séparation du devant de sa robe. Elle était chaussée en pantoufles. Sa figure timide et modestement riante, paraissait me dire : voilà la personne que tu aimes. »

Publié par arnaultglamorama à 23:55:35 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Pigalle et le ressentiment contre le Temps | 20 septembre 2008

(Claudine Clark / Party lights)


Soirée lumineuse où Al. mixe dans un endroit incongru à Pigalle.
«-C'est quoi le morceau que tu passes là ?
-J'en ai aucune idée. »
J'aime la foule et ses possibilités comme le ciel. Il y a des amis avec qui je ris et qui sont beaux, pourquoi ne pas dire les choses simplement ? Il serait bon de pouvoir concentrer l'incroyable énergie historique de ce quartier, reprendre les millions de fêtes qui ont eu lieu dans ces deux ou trois kilomètres carrés depuis le dix neuvième siècle, faire une liste précise des gens qui se sont embrassés, des meilleures anecdotes, des rencontres heureuses.
Il y a Au. qui m'accompagne après que nous ayons bu un verre dans un endroit où j'allais beaucoup avec A. à une certaine époque et c'est à ce moment et dans ce lieu que je me rends compte de l'erreur de la tristesse qui consiste à avoir du ressentiment contre le Temps. Au final la séparation avec une fille que vous aimez est une vue directe sur le Temps. Même s'il y a un vrai gâchis au niveau de l'existence à ne plus jamais revoir A., il y a là une occasion de prendre en considération le Temps lui-même, sa majesté immédiate. Et à nouveau, il y a un personnage féminin qui, de loin et réapparaissant du passé, déclenche cette pensée. Merveilleuse Au., elle s'intéresse de près à mon histoire avec A., pose des questions, me conseille. Et on rit beaucoup, comme lorsqu'on était adolescents, dans notre Sud.
«Tu étais très insolent.»
Elle me raconte son mariage, ses voyages, avec une grâce qui s'est approfondie. Serait un personnage de société secrète parfait.
« Je suis sournoise. »

Publié par arnaultglamorama à 18:35:56 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Yolande Moreau et Guy Debord | 18 septembre 2008

(The Coral / Put the sun back)


Déroulé d'impressions de A., comme une guerre civile dans ma tête. Je crois bien que mon cerveau n'est pas libre, horrible confession. Il y a bien ce défilé des ex et des nouvelles prétendantes ces derniers temps, mais tout cela est bâclé comme si la recette d'un plat que l'on s'apprête à préparer était fausse. Je n'ai pas les ingrédients demandés, le temps de cuisson n'est pas le bon, c'est sûr. Yolande Moreau cette après midi raconte qu'elle s'adressait à son personnage, Séraphine, sur le tournage de son dernier film, lui disant « Reste avec moi ». Ma tête, reste avec moi. Le lecteur commence sérieusement à saturer, les amis sont essoufflés, personne n'est content.  
De plus en plus conscience d'avoir à faire à des situations plutôt qu'à des êtres.
Debord est éclairant (cité par Zagdanski).
« Si quelqu'un peut mettre dix mois de réflexion pour juger son amante - mince problème où il ne donne, en vitesse et en profondeur, que sa propre mesure -, il existe au contraire des journées de conflits historiques où il faut savoir juger des facteurs mille fois plus complexes en une heure. Il n'y a pas de progrès cumulatif garanti dans la conscience, les connaissances, les œuvres, d'un révolutionnaire - on peut dire aussi : d'un homme, d'une femme. Il y a des embranchements de la vie où il faut tout de suite choisir telle voie, des sauts qualitatifs, des occasions manquées et des retombées. Il ne faut pas craindre les erreurs - qui sont forcément, un jour ou l'autre, inévitables - mais la mauvaise manière de les reconnaître. Certaines erreurs ne sont qu'une perte de temps : le temps qu'elles ont duré. D'autres vous ferment, pour longtemps ou définitivement, des possibilités théoriques et pratiques qui étaient à un moment saisissables. On n'a pas reconnu à l'heure qu'il fallait, par exemple, un moment révolutionnaire, ou une personne, tout un côté virtuel et proche de la réalisation de soi-même. »

Publié par arnaultglamorama à 18:55:16 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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