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Glamorama and more

la musique la nuit

Calimero et les Hives | 23 juillet 2008

(Les V.E.D.E.T.T.E.S / Grand con)


Le monde évolue en vrille vers son anéantissement, très bien. Tout va être très compliqué, il n'y aura plus de place, on va étouffer, le soleil va s'éteindre. Mais d'ici là, faut-il célébrer la mort et mimer la course vers la perte ? La plupart des comportements humains ont une visée nihiliste. Celle de Pete Doherty est un fleuron spectaculaire. Il parle tout de suite de drogues, du genre le concert aurait été bien meilleur si j'avais été drogué. Mais on s'en fout ! Dis-moi donc quel est ton poète préféré, sors de cet enfer !

Sur la route derrière la scène deux vigiles poussent devant eux un gamin qui tient son visage dans ses mains. Ils lui font passer quelques barrières et il semble se révolter contre le traitement d'éviction du festival qui est en train d'avoir lieu. Après l'avoir croisé et marché quelques instants je l'entends pleurer très fort. Le sauvetage n'est pas mon fort, plus égoïste que moi tu meurs mais là il pleure vraiment trop. Je m'approche. Toute la tristesse de l'univers éclate dans ses yeux. Personne n'y prête attention, on doit penser qu'il est saoul. Les vigiles en question l'ont pris dans la foule alors qu'il dansait peut être un peu trop violemment et lorsqu'il leur demande des explications, ils lui arrachent son bracelet sans lequel il ne peut plus rentrer sur le site. Il est effondré, balbutie des explications, a l'air sincère. Et il pleure comme s'il avait huit ans ou qu'il était dans le moment clé d'une psychanalyse (ce qui revient au même finalement). Il pleure comme s'il allait être seul pour plusieurs années dans ce champ breton et que ses amis allaient faire la plus grande fête de la décennie. Calimero à côté de lui n'est qu'un simple oiseau à ce moment là. Je parviens à lui trouver un passe, le voilà sauvé pour un temps.

Vanessa Paradis a mangé quelques kebabs ces derniers temps, elle a à nouveau des joues, danse comme une coquine et chante très bien même si les morceaux sont complètement détruits par M et sa wah wah ringarde.

Les Hives mettent tout le monde d'accord pour la fermeture. « Nous sommes le gel dans vos cheveux ! Nous sommes le sucre dans votre café ! Nous sommes les Hives. Ce que nous faisons dans la vie : des tubes internationaux ! La prochaine chanson s'appelle Idiot Walk... »

Sur le chemin du retour, la Beauce et ses espaces VIDES comme d'immenses trous de mémoire.

Texto de la fille au prénom de nectarine « En Avignon piscine et théâtre. Je suis bien contente. »

Publié par arnaultglamorama à 13:22:35 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Pete Doherty et les V.E.D.E.T.T.E.S | 22 juillet 2008

(Les V.E.D.E.T.T.E.S / MDMA)


La sortie de l'album des Vedettes est prévue le 13 octobre, il s'intitulera « Disque N° 1 ». Fête avec les gens excellents du label Cinq Sept. Katerine et Gonzales en coulisse, ca promet...
Au festival des Vieilles Charrues qui a accueillit 215 000 personnes en quatre jours. Parmi elles des gens qui s'attachent entre eux pour ne pas se perdre ou pour traîner le cadavre de leur partenaire, autant dire que l'alcool coule à flot c'est juste terrifiant. Un type erre à six heures du matin avec un pack de vingt six bières. Un groupe se donne pour mission de déterrer des arbustes de deux mètres de haut et remplit cette même mission avec un sérieux impressionnant et presque martien vu leur taux d'alcoolémie. Tour dans un tourbus Gibson avec des underage dont une brandit une épaule au petit cœur tatoué au stylo Bic par un Pete Doherty que vous pourrez entendre très vite sur ce blog dans une épopée de gonzojournalisme exécutée par votre serviteur.

Publié par arnaultglamorama à 01:23:11 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

La plus grande tour et la lumière or | 16 juillet 2008

(Kaki King / Pull me out)

Un plongeon dans la piscine du huitième étage du Michelangelo et c'est une sensation de liberté absolue. Il n'y a personne, aucun bruit. Juste un peu de pop africaine que je transforme en fermant les yeux en Vampire Weekend. Le vrai luxe n'intéresse personne, mettez vous bien cela dans la tête. Les journalistes du groupe hallucinent quand je leur dit que je passe la moitié de la nuit à nager en regardant les immeubles et l'horizon de Johannesburg. Tout est sombre à l'extérieur.  A l'intérieur, c'est une grande lumière or. L'ensemble est surdimensionné  et parfait. Aucun regard ne vient perturber la nage : l'hôtel est la plus grande tour. Etre sous l'eau en altitude est le comble du bonheur, c'est comme si je parcourais l'eau du ciel. Voilà votre narrateur tout en haut maintenant, il pousse des petits cris de joie en sautant dans la lumière du marbre, il a un grand peignoir crème, il se traverse lui-même en pensée, tout se passe comme s'il entretenait une relation sexuelle avec l'existence elle-même.

Quelques heures plus tard il dort dans un Boeing au dessus du continent africain, il est toujours dans le ciel finalement. Il a une pensée pour les filles qui s'approchent de lui en s'endormant dans l'avion. A. comme un élément tellurique, concret, malgré l'absence qui s'allonge et qui ne prendra pas fin. J. en Allemagne, de plus en plus bankable. La fille au prénom de nectarine, comme un sosie de A. (âge, couleur des cheveux, éducation), pour mieux voir les différences. S. à Cannes « Je me baigne tout le temps, il fait très beau, je suis tellement bronzée que j'ai envie de me baiser. » F., si jeune, et qui emprunte mon Lautréamont over surligné.

Publié par arnaultglamorama à 23:23:55 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Un rhinocéros noir et un collier bleu | 14 juillet 2008

(CSS / Give up)

Plusieurs vraies illuminations.

Au nord ouest dans les montagnes de Magaliesberg, cent fois plus vieilles que l'Himalaya et formées à partir d'un volcan intérieur de la terre. Une sorte d'Auvergne à l'envers. Au loin, le flanc sombre d'une imposante colline découvre une myriade de points et de traits géométriques. En s'approchant c'est une rangée de soldats que l'on croit disposée parfaitement et prête à tomber sur des ennemis plus nombreux. La perfection de la formation puissante et implacable ne laissera aucune chance de sortie de terrain aux guerriers qui lui feront face. Ce sont plusieurs hectares d'Aloe Marlothii qui font illusion dans le silence de leur posture. Mais les collines voisines sont vierges de ces arbres et je crois voir des soldats préparés et éduqués par Sun Tzu, ici, dans l'hiver de l'Afrique du Sud. Une armée nombreuse et silencieuse d'une force démente.

Réserve animalière de Pilanesberg à la tombée de la nuit. Le chauffeur du 4x4 coupe le moteur et le véhicule glisse doucement dans le froid du crépuscule à mesure que le bruit du moteur s'estompe. C'est qu'un animal s'approche, aussi silencieux que nous, à vingt mètres.
Deux cornes de kératine, un corps lourd et agile. C'est un rhinocéros noir, un des plus rares au monde. La bête est agressive, solitaire, furieuse. Et silencieuse. Les deux billes des yeux sont figées, les pattes foulent le sol sans bruit et le corps file droit dans l'herbe, par petites accélérations sans dévier sa course, comme si celle-ci le conduisait au bout du temps dans le fin fond du fin fond du plus lointain futur, comme si ses chromosomes laissaient présager sa route depuis la préhistoire qui a vu naître sa race. Il a tout son temps le rhinocéros noir, il est absolument inattaquable ; un coup de corne et vous êtes propulsés à cinq mètres au dessus de lui. Un éléphant ? Il attaque au foie. Un des animaux les plus cités par Lautréamont. Le peintre vénitien du dix huitième Pietro Longhi et son tableau « L'exposition du Rhinocéros », chef d'œuvre de la scène de genre montrant le premier rhinocéros vu par des européens et exposé dans une foire. L'autoportrait discret de Longhi, seul à regarder vraiment l'animal, à droite, à côté d'une femme accompagné par son gigolo officiel...

Au théâtre lyrique de Johannesburg c'est la fête. La restauration du lieu a coûté vingt millions d'euros et est plutôt réussie. Le lustre dans la salle est imposant, cliquant à bon escient. Miss Afrique du Sud 2007 est accompagnée par son gigolo qui finalement est peut-être son petit ami officiel. Elle est blanche, a dû trop grossir depuis l'élection, la vie est dure, elle voudrait être dure avec la vie mais elle est trop gentille, elle n'avait pas envie de venir à cette soirée ou alors elle pensait à cette soirée depuis plusieurs jours pour redorer un blason fané, elle essaye de capter le regard et l'objectif des photographes sans succès...ils sont trop occupés par l'arrivée de mister Afrique du Sud 2008 qui profite de son quart d'heure de gloire auréolé de gel coiffant proéminant et mis en valeur devant des caméras excitées. Miss Afrique du Sud 2008 arrive bientôt, elle est noire et belle. Bonheur d'être dans une soirée VIP sans reconnaître le moindre VIP à part les corps ciglés (miss et mister). Madame la femme du producteur, robe rouge éclatante, ses seins ont cinquante ans et donnent tord à l'utilisation du viagra (plusieurs types jettent des pilules après lui avoir parlé). Elle se taperait bien un journaliste français madame la femme du producteur, elle est enchantée, demande sans cesse si j'ai une question pour elle, fait signe aux serveurs de remplir ma coupe de champagne et m'explique dans un sourire figé la sortie de prison de Mandela. « J'étais avec ma mère devant la télévision et on voyait ce terroriste entouré de gens qui l'applaudissaient dans la rue et on se disait que les gens étaient devenus fous et qu'ils ne comprenaient pas que Mandela était dangereux. » Je pense qu'elle voit un peu que cela me choque. « On a beaucoup évolué depuis et nous avons encore des efforts à faire ».
Mesdemoiselles les filles du producteur. Samantha la brune, Natasha la blonde.
«- Je suis dans une école de commerce à Dublin.
-Je suis dans une école d'art dramatique à Capetown. »
Elles multiplient l'image de la réussite de leur père dans l'avenir en se divisant la base de son métier.
« -Alors toi tu vas gagner beaucoup d'argent et toi tu ne sais pas encore ! »
On rit et comme je me plains de ne pas avoir vu de lion dans le parc de Pilanesberg elles me disent qu'elles en ont un depuis qu'elles sont toutes petites. A Capetown on peut se baigner, la vie est facile et papa qui est roux a beaucoup d'argent. Un photographe s'approche oui pourquoi pas. Ma tête au milieu des deux grandes robes et la journaliste du Parisien dans notre groupe est choquée et me demandera plus tard ce qui peut bien m'intéresser dans les filles de vingt ans.

Après avoir mangé avec un grand plaisir du crocodile et sans que cela en soit la cause, j'achète un petit collier bleu pour A. , cadeau que je ne lui donnerais pas.

Publié par arnaultglamorama à 00:00:48 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Une rose jaune et sept solitudes | 11 juillet 2008

(Ladytron / Runaway)

Très facilement j'aurais pu être un homme d'affaire. Très bien pu passer ma vie dans des hôtels de Bangkok, de Pékin, de Montréal à regarder défiler les chiffres mondiaux de la bourse. Cela aurait été une attitude agressive et posée dans le calme du luxe : cuir, bois, marbres, étoffes. On s'occupe de moi, tout est doux et froid. Pétales de roses rouges sur le lit immense, sur le peignoir crème, rose jaune unique au milieu du miroir de la salle de bain, télévision plasma allumée sur CNN quand je rentre dans la suite. Qu'est ce que je fais ici ? Il faut voir pour le magazine un spectacle africain qui se jouera à Paris en novembre et rester quelques jours pour découvrir une Afrique du sud très américaine qu'une violence sourde a bâtit et qui coule continuellement. La semaine dernière il y a eu des émeutes.

J'écoute : vols à main armée, dispute généralisée, hausse de tous les prix, explosions de camions blindés, meurtres à la chaînes et commémorations affiliées, baisse de tous les prix, accidents terribles et inévitables, bruit et fureur, douze pour cent de la population a le sida, virevoltes sauvages, rebroussements de chemin, enfer violent et intégré à la réalité, attaques au bâton, attaques à la machette, exhibitions en tous genres, mort de la vie.

Je lis au huitième étage de l'hôtel Michelangelo de Johannesburg l'avant propos de l'Antéchrist du philosophe allemand moustachu prénommé Friedrich : Une expérience issue de sept solitudes. Des oreilles nouvelles pour une musique nouvelle. Des yeux nouveaux pour des lointains extrêmes. Une nouvelle conscience pour des vérités jusque-là restées muettes. ET la volonté d'une économie de grand style : rassembler sa force, son enthousiasme...Le respect de soi ; l'amour de soi ; la liberté absolue envers soi...

Il faut bien quelqu'un pour décrire les sept solitudes en question. Action.

Publié par arnaultglamorama à 19:26:37 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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