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Glamorama and more

la musique la nuit

Valérie Bonnard et Jean Sébastien Bach | 15 janvier 2009

(Jean Sebastien Bach / Messe en si mineur - XIII XIV Coro / Credo in unum Deum)

Pour une raison obscure je reçois un disque de Bach « Messe en si mineur ». On ne peut pas vraiment dire que cela soit ma spécialité. Yumiko Tanimura soprano, Sébastien Droy ténor, Christian Immler basse et, cerise sur la corbeille de fruit, Valérie Bonnard alto. Sur le livret Valérie Bonnard ressemble un peu à Christine Angot mais elle sourit plus que cette dernière. Elle a l'air contente. Peut être qu'elle est fière de porter ce nom de famille.
Voilà, on passe de l'autre côté, comme si on allait dans le vrai côté. Allez on prend son souffle.
Je crois en un seul Dieu. Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible.
C'est très précis tout de même, dans le cœur de l'affaire il n'y a pas d'autre place possible que celle qui est assignée, qui est là. On se met bien d'accord, la création concerne l'ensemble ciel et terre, univers visible tout comme univers invisible.

Publié par arnaultglamorama à 18:24:12 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Les jumeaux incestueux et de jeunes canards sales | 11 janvier 2009

(Mystery Jets / Umbrellahead)

Cette petite vie est entièrement dissolue, je continue à suivre son rythme intrépide comme si le soleil n'était au final qu'un stroboscope. L'arc de la soirée suit, entre autres, une conversation intello avec Th. qui était récemment à New York et a visité ses musées. La question qu'il pose est la bonne, et nécessaire même si elle doit rester en suspens : que se passe-t'il exactement au début du vingtième siècle en France, d'où vient cette lumière directe dans la musique, la peinture ? D'où ca vient Bonnard, Vuillard, Satie ? On ne s'y attend pas après tout, ce n'est pas prévu au programme. Comme quand on doit arriver aux Etats Unis et que l'on tombe sur ces français maîtres du temps. Le dix neuvième siècle, dont l'histoire reste à faire débouche sur eux, sur cette déferlante créatrice incroyable. On connaît la suite, la question des questions de la double guerre et de son cortège de fantômes plus vivants que les vivants.
Aujourd'hui ?
Minimalisme à tout va (regardez les immeubles, c'est comme si on ne voulait pas prendre de risque, on ne veut pas avoir tord donc le mouvement est refusé, la crainte est trop forte, même chose dans le design, on croit que le vide donne forme aux choses et qu'il faut le singer).
Capitalisme perfectionné (notre président déclare ces jours ci que ce capitalisme, qui n'est rien d'autre que la surface entière de la planète, n'est pas à remettre en cause, qu'il faut le moraliser, comme si capitalisme et morale n'étaient pas deux jumeaux impossibles à séparer et hurlant dans une jouissance furieuse leur inceste indestructible).
Nihilisme acéré (l'émergence des débats, des crises et des manifestations encadrées ne sont que le cri de victoire du non sens. Tout s'équivaut dans le meilleur des mondes, on ne va pas s'en sortir et on patauge gaiment les uns sur les autres comme de jeunes canards sales).

Publié par arnaultglamorama à 17:31:38 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

La haine du suduku et Daniel Cohn Bendit | 08 janvier 2009

(Teitur / Catherine the waitress)

Deux remarques précises et vérifiables. Il suffit d'ouvrir sa tête.
La première est une question : pourquoi cette passion des français pour les mots croisés ou mêlés ou mélangés ? Qu'est ce qui se passe avec le suduku ? Quel genre de vie faut-il avoir pour se lancer dans ce genre de pratiques ? Comment est ce qu'un corps humain peut en arriver là ?
Il ne faudrait pas, bien sûr, mettre tout dans le même panier et amalgamer comme cela. On remettra en cause mon propre style de vie, on me demandera ce que je fais moi. Mais je rapproche la pratique des mots croisés et jeux associés à la lecture des bandes dessinées ou mangas. Pourquoi est-ce que cela existe tout simplement ? Mais enfin quelle est l'ampleur de la défaite existentielle, métaphysique, appelez la comme vous le voudrez, des pratiquants de ces passe temps ?
Il y a dans le regard de ces gens penchés sur les petits calepins une âme inversée. Voilà, ils sont le contraire de la vie. Dans n'importe quel grand magasin, toute une troupe d'âge indifférencié se love dans les coins près des bandes dessinées. Une cohorte silencieuse et passive exulte son silence et sa passivité. Vous voyez ce dont je parle. Vous visualisez bien ces types et ces nénettes s'assoir à même le sol, se recroqueviller et se lancer dans une lecture idiote sans commune mesure.  Ils ont tellement envie de dormir tout le temps qu'ils s'incrustent dans la moindre parcelle de sommeil de la société.

La deuxième concerne Daniel Cohn Bendit. Soyons fous. Danny le rouge, ou Danny le vert ? Danny la malice bien sûr.
La chaîne Euronews diffuse régulièrement des images du Parlement européen. Sarkozy en vedette parade, est lui-même, s'impose sans cesse. Les monteurs de la chaîne (vérifiez si je mens) ajoutent toujours aux petits résumés des paroles de Sarkozy des flashs visuels de Cohn Bendit. C'est génial. C'est fameux ! Le voilà tour à tour outré, rigolard, pensif face au général spectaculaire. Qui autorise cela ? Quel rédacteur en chef laisse au montage final ces secondes fabuleuses où Cohn Bendit réagit à notre président (tout cela est très court) ? C'est révolutionnaire et puissant.
Mai 68 c'est maintenant, ca n'a jamais fini. Tous ceux qui voudront enterrer cela, l'historialiser et l'archiver se casseront le crâne. La preuve est partout. Les moyens se sont spécialisés. La larve de la nouvelle guerre pond de l'or. Il est malicieux Cohn Bendit, il n'a pas dit son dernier mot, sa tête ronde et joyeuse est là pour longtemps. Oh bien sûr il en a un peu marre qu'on lui parle de sixtie eight.
Mais voilà il est là comme peu de politiciens le sont. Sa présence scande tout les discours, il est une exception magique. A chaque fois que je le vois bouder, huer Sarkozy je suis content. Les deux sont énergiques assurément. Mais la rapidité de Sarkozy est une peur du vide, la fulgurance de Cohn Bendit naît dans la poésie. Tout cela me saute aux yeux.

Publié par arnaultglamorama à 19:32:03 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Morrissey et une italienne qui vomit devant Leonard de Vinci | 07 janvier 2009

(Morrissey / I'm throwing my arms around Paris)


Au même endroit géographique, un tout autre lieu temporel. Une fille certainement italienne observe la « Vierge à l'enfant avec Saint Anne » dans la grande galerie. Subitement et sans que rien n'en annonce le fracas elle se met à vomir sur le parquet. Cela pourrait très bien être un cauchemar mais enfin la scène a bien lieu, la voilà vomissant au moins deux litres de nourriture accompagnée de bile, c'est un véritable spasme. Je reste persuadé que c'est le tableau lui-même qui fait cet effet, c'est une tornade silencieuse que ne peut qu'atteindre l'intérieur acide du corps. La grand-mère de Jésus porte sa fille sur ses genoux, l'enfant joue avec un agneau symbole de sa mort. Une trinité mariale (l'autre nom du tableau) d'une puissance folle. La jeune fille malade voit une femme en traverser une autre, au-delà du dédoublement, c'est peut être cela qui la fait régurgiter si fort, c'est tout de même une épreuve. Ou bien alors voit-elle le précipice suggéré par Leonard de Vinci aux pieds des personnages ? La distance suprême, presque hautaine, qui est mise en place et qui répond à l'autre gouffre que l'on devine plus loin derrière elles a de quoi donner le vertige si on sait le voir. Alors vont-elles tomber ? Et Jésus ? Et l'agneau ?
Et la touriste italienne : choc psychologique, révélation esthétique ou gastroentérite ?

Pourquoi Morrissey est il toujours d'actualité après tout ce temps ? Dejà un long moment que sa carrière en solo est plus importante que celle des Smiths.
La pochette du nouvel album « Years of refusal » est aussi très inattendue. Le vieux chanteur, Fred Perry en majesté, tient dans ses bras un nouveau né. Est-ce qu'on se dirait bien qu'on vieillirait comme lui ? Est-ce qu'il y a vraiment un autre modèle dans les pop stars vieillissantes ? Ne me parlez pas de Bono aux grandes bottes, c'est le maître absolu des trouillards du spectacle. Robert Smith ? Pas vraiment convaincant depuis une quinzaine d'années niveau musique, pas vraiment en joie sans le maquillage assurément. Drôle en tous cas de le lire raconter qu'au début des années 80, sous un mont de drogues variées, il se surprenait en train de jouer au tennis avec lui-même dans le noir de sa chambre.

Discussion passionnée hier soir un ami me raconte que lorsqu'il était dans le groupe qui accompagnait Houellebecq sur scène au début des années 2000, un concert avait été organisé au Folie's Pigalle (on passe devant en taxi). Il y avait là une quarantaine d'invités, et parmi eux, Sollers se levant entre chaque morceau et déclamant des poèmes et des citations à tout va.
On ne le répètera jamais assez, il faut sortir le mardi dans la nuit, même par moins dix degrés. Ne serait-ce que pour vérifier qu'il est possible d'embrasser littéralement Paris.

Publié par arnaultglamorama à 18:08:33 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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