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Glamorama and more

la musique la nuit

Morrissey a lu Lacan | 26 janvier 2009

(Morrissey / It's not your birthday anymore)


Ce blog prendra une nouvelle forme d'ici quelques semaines. Histoire d'être encore plus autonome.

Petite partie de l'entretien avec Emily Loizeau.

La première chanson que vous avez crée venait d'un texte de votre père...
« Oui, j'ai beaucoup hésité pour donner un titre à cette chanson. « L'ombre d'un vieux silence » ou « Un vieux silence ». Je n'ai jamais vraiment trouvé le titre de ce morceau. Je l'ai beaucoup joué mais  j'ai aussi voulu le confier à d'autres personnes. C'est un texte de jeunesse que mon père avait écrit à la fin des années 50. Par la suite il a été correcteur d'épreuves pour pouvoir nourrir sa petite famille. Il écrivait aussi dans des journaux. La chanson est un poème qui ne comporte pas de refrain, rien ne revient. J'ai donc dû créer ce refrain en choisissant quelque chose dans le texte que je croyais pouvoir se répéter. On ne sait pas vraiment quels mots il faudrait choisir, on a peur de trahir la personne qui a écrit. »

Plus loin elle confie :

« J'ai commencé à avoir peur de la mort à 5 ans, ce qui est inconcevable. »

Les femmes sont à considérer et à aimer dans leur rapport avec la musique. Le chant des sirènes s'est perfectionné avec le temps et puis il n'y a pas que des sirènes. Regardez autour de vous, le test animalier marchera toujours. Lafontainisez à qui mieux mieux. Il y a des louves, de petits canards parfois, des chatons (mes préférées). De grandes sopranos, des rockeuses sexuelles. Tout est question de musique avec elles.


Cette chanson, parfaite en cas de rupture. J'aime la précision de Morrissey, les paroles scandent parfaitement le rythme du morceau. Dès les premières notes c'est sûr, ce sera un peu lancinant, un peu douloureux.
« Ta voix a beau dire non, le cœur a sa propre destinée. »
Du lourd, du cru. On écoute.
« Ta voix a beau dire non, le cœur possède lui-même un cœur. »
De quoi ? Hein ? Le cœur qui cache un cœur ? Ton cœur est une putain de poupée russe ma chérie.
Batterie, cymbales. Sanction.
« Ce n'est plus ton anniversaire, plus besoin d'être gentil avec toi. L'envie de te voir sourire, de sentir une appartenance s'est maintenant éloigné. »
C'est ca non ? Quand on ne souhaite plus souhaiter un anniversaire à quelqu'un, on est plus là.
« Est-ce que tu pensais vraiment que tous ces trucs sirupeux et sentimentaux dont on parlait avaient un sens ? »
Là l'anglais y va un peu fort, c'est pas très sympa, il n'est pas content. Il crache dans la soupe. Ou alors c'est la fille qu'il aime qui parle à ce moment là...
C'est un peu de l'insulte tout de même. Poursuivons. Morrissey a lu Lacan bon sang :

« On ne peut pas le donner. Et pourtant on nous le retire. »
Mais de quoi peut il bien parler ?
Il répète deux fois cette phrase et au deuxième instant la voix monte, ca va chouiner dans la chaumière de votre cœur qui, ne l'oubliez pas, a un cœur lui aussi. La guitare s'acère, la batterie est un métronome précis qui indique qu'on est au milieu de la chanson.
Encore un peu de théorie, c'est un peu simple mais pourquoi pas :
« Tous les cadeaux que l'on a pu te faire ne peuvent pas être comparés à l'amour que je te donne ici et maintenant, sur le sol. »
Refrain qui se termine par « Est-ce que tu pensais vraiment que tous ces trucs sirupeux et sentimentaux dont on parlait HIER ENCORE avaient un sens ? »
Où l'on voit que c'est bien le chanteur, le narrateur qui parle. Hier encore, c'est la petite plainte qui pointe. Il n'y a qu'à écouter la fin du morceau et les cris chantés qui ne peuvent être que des pleurs. C'est le moment où la voix est la plus forte, la plus mélodique.

Publié par arnaultglamorama à 19:24:02 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Emily Loizeau, Pays sauvage | 23 janvier 2009

 


Emily Loizeau est un être à part. Sans faire de bruit elle débarque dans une major (Universal) avec ses chansons. Le nouvel album va s'appeler « Pays sauvage ». C'est comme si elle confirmait par ce titre, après « L'autre bout du monde » son précédent disque, un goût particulier, ultra féminin, pour l'espace du rêve. Avec elle, le piano indique l'arrière de votre cerveau, il faut aller chercher loin, dans l'enfance et ses conséquences, la mélodie comptine et mutine qui va être fredonnée. Je regarde le clip de « L'autre bout du monde », morceau qui parle de la mort de son père. http://www.youtube.com/watch?v=SiOMjzNUPvs

Je suis vraiment très idiot ou je n'étais pas informé mais quand j'ai vu la chanteuse au Grand Rex il y a quelques temps, je ne saisissais pas ce thème. Je croyais entendre là un énième refrain sur l'amour plan plan. Au moins suis-je honnête. Sur les images, seul son voile noir montre le deuil. Elle marche dans la nature, elle est en chemin. Ce détail est très beau. Où migrent les oiseaux ? Où fait il toujours beau ? Le paradis mes amis, l'autre côté. L'inverse des apparences si vous préférez. La chanteuse dit aimer Lewis Carroll. Alice (prénom délicieux) décide d'aller au pays des merveilles. « Une voix m'appelle puis se perd, c'est ta voix » (celle de son père). Il est très probable que la seule voix qui compte pour une fille soit celle de son père. Mille actions pour une seule parole que l'on va essayer de chercher partout. Delicatesse d'Emily Loizeau de vouloir aller jusque là.
Et oui : « Ta voix qui me dit - Mon trésor, tout ce temps je n'étais pas mort, je vivais à l'autre bout du monde ».
Hölderlin a cette phrase fulgurante, que la simplicité grammaticale ne saurait obstruer : « La mort aussi est une vie ».

A écouter ses nouveaux morceaux, on a l'impression que le disque précédent se poursuit, c'est frappant, malgré les nombreuses apparitions d'autres artistes que vous appellerez featuring sans me choquer. Le piano est là, Emily chante de mieux en mieux. La chanson « Sister » m'intrigue (première question à lui poser demain). « La dernière pluie » est une petite suite de notes qui se répètent à la flûte en se terminant par la phrase « La flûte est fausse ». « Songes » personnifie les rêves, ils déambulent dans le violon et le piano. « In our dreams » gratte l'intérieur de votre cœur, la guitare suit la voix comme l'eau d'un fleuve parcours son lit.

Publié par arnaultglamorama à 22:27:19 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Gabrielle Hallez (Tarnac) et Franz Kafka | 21 janvier 2009

(Saint Etienne / London belongs to me)



Troisième jour consécutif avec Bach et sa divine (forcément) Messe en Si. Dès la sortie du métro on dirait que ma marche va aboutir au bouton du petit poste radio de la chambre. J'allume et j'écoute. J'ai toujours aimé les répétitions, mouvement fondamental venant de l'enfance : caché retrouvé caché retrouvé. On laissera à la cohorte gentille de psychanalystes le soin de forcer ici la théorie : lâcher reprendre lâcher reprendre pour mieux s'habituer à un objet, le consacrer, le connaître. Depuis trois jours donc je fais la même chose en me forçant à écouter ce disque qui me repousse, qui a lieu sans moi. Je n'ai jamais écouté de musique classique. Ce n'est pas vraiment un regret, bien plutôt une erreur finalement. Bon sang je ne suis pas là dedans, c'est une sensation très précise d'exclusion du paradis. Le disque tourne, Valérie Bonnard est en pleine forme, il se passe sérieusement quelque chose que je ne peux pas appréhender.

Guy Debord m'est plus familier, c'est une vraie plongée dans le cœur de la nuit (merveilleuse édition récente Quarto chez Gallimard).
En 1956 il est question de fragmenter psychogéographiquement l'agglomération Londonienne. C'est-à-dire de dériver dans la ville, d'y trouver des ambiances, de faire une carte très précise de Londres en y  expliquant les rapports entre ce qui s'y vit et l'état mental, l'humeur de l'être qui traverse les rues et les lieux. La définition exacte : « Entre les divers procédés situationnistes, la dérive se définit comme une technique du passage hâtif à travers des ambiances variées. (...) Le concept est lié à l'affirmation d'un comportement ludique-constructif, ce qui l'oppose en tous points aux notions classiques de voyage et de promenade.»
Le but ?
« La solution offerte exercera une influence radicale sur des activités de toutes sortes : plastiques, politiques, littéraires, sociales, journalistiques, érotiques, populaires, militaires, philosophiques, cinématographiques, aristocratiques, pédagogiques, commerciales, religieuses, culinaires, architecturales, etc. »

J'aime que Gabrielle Hallez, mise en examen dans l'affaire de Tarnac, ai eu une pensée pour Kafka.
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/01/20/tarnac-l-une-des-supposes-terroristes-temoigne_1143981_0.html

Publié par arnaultglamorama à 18:53:00 dans Glamorama and more | Commentaires (2) |

Information Presse du 19 janvier 2009 | 20 janvier 2009

Il y a des choses qui se passent de commentaires et que les surréalistes auraient pu utiliser assurément (j'ai gardé les fautes d'orthographes) :


Information Presse du 19 janvier 2009

 

 Votre chien vous rembourse une partie de votre forfait remonté mécanique

 

C'est en effet, ce que propose la société Gardicanin, qui propose des formules de garde d'animaux, à ses clients partant aux sports d'hiver. Sur présentation de la preuve d'achat, la société rembourse 10€ à ses clients leur confiant la garde de leur chien ou chat. « Dans un contexte économique difficile, nous souhaitons faire un geste à nos clients en améliorant, à notre manière, leur pouvoir d'achat » déclare Julien Muller, fondateur de gardicanin.

 

Voila une initiative qui vous donnera le sourire sur les pistes enneigées pendant que votre compagnon vous attendra bien sagement dans sa famille d'accueil... sur le canapé !

 

Pour plus de renseignements, rendez vous sur www.gardicanin.fr ou par téléphone au 0.826.620.705.

 

A propos de Gardicanin

 

Créée en 2006 par Julien MULLER, jeune bénévole de 24 ans, Gardicanin (www.gardicanin.fr) est la société leader  dans la  garde et promenade d'animaux en France. Plus de 6.000 clients ont déjà bénéficiés de ses services et plus de 97% se déclarent satisfaits.

Gardicanin est la seule société à inclure une assurance développée sur mesure pour cette activité nouvelle en partenariat avec l'assureur Générali et Europe Assistance.

Enfin, Gardicanin est également recommandée par la SPA et réalise un don de 5€ pour chaque prestation dans le but d'améliorer la condition de vie des animaux en refuges.

Publié par arnaultglamorama à 10:23:52 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Rimbaud ou Camus ? | 18 janvier 2009

(Saint Etienne / Are we gonna be alright ?)


Debord écrit à son ami Hervé Falcou en 1950 :
« Nous aurons vécu à une époque merveilleusement tragique, un temps lyrique, mais un temps très dur, qui interdit le bonheur dans le réel parce que nous ne voulons plus nous contenter des vieilles joies et parce que nous n'avons encore rien changé à la conception du monde d'une multitude au front de taureau. »
Cinquante neuf ans plus tard, le monde ne présente t'il pas son front de taureau ?

Echange de textos avec un ami :
« Tu fais quoi mon frère ? »
« Je lis des tracts de Guy Debord, je suis le dernier révolutionnaire. »
« A d'autres ! Tu veux pas me rejoindre dans un bar de Belleville ? »
« Impossible, je m'occupe de l'avenir de la philosophie mondiale. »
(Une vraie profondeur dans une légèreté riante et joueuse, ma seule vraie prétention)


Il y a beaucoup de gens moches dans le club, comme si la beauté s'était éclipsée de toute façon. J'ai ma petite expérience sur le sujet, mais j'en ai toujours trop dit. Où donc ai-je lu cette phrase ? « La divinité est venue et elle n'a rien dit ».
Comme on est bien loin de Guy Debord et des aventures collectives du début de son œuvre. Comme je suis bien loin de tout cela. Encore une fois obligé de me justifier dans la conversation avec des amis hier soir. Tout part de Rimbaud. J'entends les trucs habituels du genre : « Il faut voir la vie qu'il a eu quand même, c'est un artiste maudit ». On monte en flèche Camus et la conversation ne peut que se porter sur la mère de celui-ci. Je demande qu'on se pose la question de la relation des penseurs avec leur mère, comme par hasard il y a quelque chose qui cloche, qui sonne faux dans ce rapport (Baudelaire, Nietzsche, Houellebecq si on veut, les exemples sont là). Camus d'accord, quelques textes, descriptions de l'Algérie, c'est un hommage à la mère, mais enfin entre Arthur et Albert, n'y a-t-il pas une grande distance, une différence de talent ?
L'amitié est bien là, réelle, palpable, on rit beaucoup c'est entendu mais enfin il me faut m'expliquer longuement et péniblement sur cette idée de la naissance multiple, non générationnelle. On me répond respect pour la famille, pour certaines vertus. On pare un monde insuffisant d'une importance qu'il n'a pas et c'est un vieil univers devant lequel la plupart des gens se couchent qui a le dernier mot dans toutes ces bouches. La liberté absolue de choisir les parents que l'on veut, le jeu fondamental avec ces rôles, la reprise en main et la traversée des codes familiaux (j'ai parlé récemment de la Vierge avec Saint Anne de Vinci) : impossible de rendre cela vivant dans une conversation. Alors quand je raconte que j'ai un blog, c'est comme une outrance absolue, les figures se décomposent, il ne faudrait pas que ca existe. Je ne crois pas me plaindre, je file voilà tout.

1953, Manifeste pour une construction de situations :
« L'univers en cours d'éclatement. Et nous allions d'un bar à l'autre en donnant la main à diverses petites filles périssables comme les stupéfiants dont naturellement nous abusions. Tout cela n'était que relativement drôle. »

Juste à la suite, une phrase bien appuyée. Mais de qui parle t'il exactement ? De cette « écolière perdue, ta belle, ta triste jeunesse ;  et les neiges d'Aubervilliers » ?
« Mais que deviendra-t-elle dans tous les ports illuminés de l'été, dans tous les abandons du monde, dans le vieillissement du monde ? »

Publié par arnaultglamorama à 14:26:09 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

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