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Glamorama and more

la musique la nuit

Les cargos de bons sentiments et l'indécence des propos | 30 novembre 2008

(The Dandy Wharols / Now you love me)


 Les tonnes, les caisses, les cargos de bons sentiments et très peu de justesse sur l'amour. Il se pourrait que je l'aie réinventé. J'aurais été un très grand malade, j'aurais bondi plusieurs fois vers le ciel avec elle. Le monde n'était pas le même. L'univers était changé. Tout était beaucoup plus précis, beaucoup plus lumineux. Un historien de l'avenir prendra pour exemple cette histoire et aura la théorie.
Mais enfin qu'est ce que cela veut bien pouvoir dire ? Ca n'existe pas des trucs comme ca. Pourquoi elle ? C'est pas banal tout de même. Les gens murmurent
Encore un type qui justifie que la vie soit possiblement résumable par la psychanalyse.
Mais je suis passé par là, quatre, cinq ans. Trouver le bon mot pour la bonne image. L'incroyable dose d'intelligence qu'il faut pour passer à travers l'analyse, en sortir. Les rues qui menaient au cabinet et ses détails rugueux. La poignée de main et la jalousie pour le patient qui sort avant vous. Les rêves, plus évidents que jamais, comme des dessins de votre propre sang, qui viennent se poser devant vos yeux. Et la bonne distance, et les secrets à avouer. Peut être qu'après tout je suis l'exemple type d'une analyse manquée. J'adore regarder danser les gens je trouve ca fascinant, faites de moi n'importe quoi comme la dernière fois. Allez je suis dans le panel. Notez bien tous les défauts. L'addiction à la cocaïne, probante comme une tour dans un champ de blé jeune. Et l'indécence des propos parfois, cette habitude à dire des mots outrageants et blessants. Cette solitude enfin, criante et désolante. Douze mille jeunes filles tendent leurs cheveux vers lui et les bras et les seins. Regardez toutes ces jambes plus longues et plus douces les unes que les autres et ce pauvre con qui dit qu'il l'aime et qu'il ne veut pas s'expliquer. On est vraiment dans un très grand délire, il faut trouver un compte sur lequel mettre tout ca. Voilà un type perdu, la trentaine barbue et frêle, amoureux des atomes d'une fille de neuf ans plus jeune que lui. C'est le grand n'importe quoi de l'hiver. C'est le drame le plus complet. On cherche en vain le sens de la manœuvre à l'œuvre dans ce cervelet.

Et il est vrai que j'aurais agi comme si l'amour était une évidence grâce à elle. J'aurais manqué de discrétion. Mais je voulais crier que c'était résolu. Oui je tenais la preuve de l'univers dans mes bras. Elle précisait pour moi le monde entier. Toutes les étiquettes se décollaient et je lisais chaque secret de chaque recoin de la planète. Comment ne pas crier quand l'évidence est là ? J'admirais toutes les mimiques du personnage, je voyais des nuances, j'en arrivais même à connaître son cœur. J'étais sûr de moi et on riait.

Grand vent sourd et froid des ombres rampantes, il me faut être seul. Pour rendre plus réel ce qui s'est passé. J'aurais du être silencieux, j'aurais du prendre garde. Et garder la preuve pour moi. Grande allée d'arbres de ce boulevard haï devant ma fenêtre, vous menez vers la mort du cimetière Père Lachaise, vous faites signe mais je n'y prends garde. Il ne se pourra jamais que votre procession m'engage.

Publié par arnaultglamorama à 15:52:46 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Venise et le Boulevard Saint Germain dans les années 60 | 30 novembre 2008

 (The Organ / Fire in the ocean)
 
 Je lis des notes prises hier soir dans le silence de la chambre solitaire.
« San Giovanni Evangelista, petite place blanche. »
« Punto del tete (le pont des seins), au dix huitième siècle les prostituées se mettaient aux fenêtres et s'exhibaient devant cet endroit pour que les homosexuels, habitués du lieu, fuient ou changent d'orientation sexuelle. »
« Le paradis de Tintoret, grande salle du conseil. »
« Bouches des dénonciations secrètes, ces petites ouvertures au niveau d'un mur dans lesquelles il était possible de raconter méfaits et coups bas pour mettre en place la calomnie. »
« Itinéraires secrets.»
« Dernier jour d'octobre 1756. Casanova réussit son évasion. »
« Quartier Dorso Duro, l'église San Sebastiano, il y a là plus de Veronese que dans le monde entier. »
Voilà, je peux jeter le papier et son écriture bleue, c'est inscrit ici maintenant.

La flopée de symptômes qui assaillent le narrateur ferait la joie de mille psychanalystes. Voici cent pleurs, voici une déconvenue. Dans la nuit je hurle au milieu du sommeil. Comme je suis un peu malade cela me donne des excuses pour ne pas sortir durant des jours. J'envois des papiers par mail comme si j'étais un robot et dans un sens j'en suis bien un.
Volets fermés je regarde des films de Debord. « Critique de la séparation », le boulevard Saint Germain dans les années soixante.
« Tant de choses que l'on voulait n'ont pas été atteintes, ou partiellement, et pas comme on le croyait. Quelle communication a-t-on désirée ou connue ou seulement simulée ? Quel projet véritable a été perdu ? »
« Cette incompréhension est partout dans les rencontres quotidiennes. Il faudrait préciser. Mais le temps manque, et l'on n'est pas sûr d'avoir été compris.  Avant d'avoir su faire, ou dire ce qu'il fallait, on s'est déjà éloigné. On a traversé la rue, on est allé outremer, on ne peut se reprendre. »
Finalement, la tristesse de Debord, cette inverse stylisé et intelligent de la mélancolie, est la seule tristesse, la seule mélancolie acceptable. Il n'est pas question une seule seconde de donner de l'importance aux contingences psychologiques, aux circonstances de la vie quotidienne. Le regard porte plus loin et la voix de Debord dicte. Flopée symptômes déconvenues hurlements au milieu de la nuit sont balayés par la théorie en marche. Musique. Et si la mélodie porte la tragédie, elle n'en est pas moins musique.
« Nous rencontrons, dans des situations occasionnelles, des gens séparés qui vont au hasard. Leurs émotions divergentes se neutralisent et maintiennent leur solide environnement d'ennui. »
« Et quelques rencontres seules furent comme des signaux venus d'une vie plus intense qui n'a pas été vraiment trouvée. »
« Les secteurs d'une ville sont à un certain niveau lisibles. Mais le sens qu'ils ont eu pour nous, personnellement, est intransmissible. Comme toute cette clandestinité de la vie privée sur laquelle on ne possède jamais que des documents dérisoires. »
« Cette critique générale de la séparation contient évidemment et recourt quelques données particulières de la mémoire. Une peine moins reconnue, la conscience d'une indignité moins explicable. De quelle séparation précise s'agissait-il ? Comme nous avons vécu vite. C'est à ce point de notre histoire irréfléchie que je nous revois. »
«Un document sur les conditions de la non-communication. Par exemple, je ne parle pas d'elle. Faux visage. Faux rapport. Un personnage réel est séparé de qui l'interprète, ne serait-ce que par le temps passé entre l'évènement et son évocation. Par une distance qui grandira toujours, qui grandit en ce moment. »

Publié par arnaultglamorama à 00:50:59 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Britney Spears et Benoît Poelvoorde | 18 novembre 2008

(Britney Spears / Circus)

Ah non ca ne va pas du tout le style là bon sang. Au magazine il faut reformuler, ne pas trop employer de tournures intelligentes, ah mais c'est comme cela. Par exemple le mot « affres » et bien non ca ne passe pas. Dans le lot j'arrive quand même à faire passer des messages, c'est réduit mais bien à l'image du temps présent. Pauvre cinéma tout de même, pauvres stars de plus en plus commerciales, on assiste à des suicides artistiques tous les quatre matins. Benoît Poelvoorde pète un très gros câble, il demande à se faire enfermer, rentre dans trois bagnoles. C'est le cirque et personne ne porte de masque.

Publié par arnaultglamorama à 17:30:10 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Les Ting tings et ma tante punk | 16 novembre 2008

(Little Joy / Brand new start)

A l'Olympia il y a un voile bleu et une fumée blanche, Mgmt commencent leur set dans une brume électrique assez frappante vu le contexte musical actuel. Ce n'est pas vraiment du shoegazing, on n'est pas franchement Pink Floyd, les codes de la pop sont absents. J'ai l'impression que la voix du chanteur est en retrait, comme s'il était gêné, introverti, recroquevillé sur lui-même à cause du succès foudroyant du groupe.

Pourquoi les Ting Tings reçoivent autant d'applaudissements à la Cigale ? Est-ce qu'on doit vraiment frapper dans ses mains quand une chanteuse porte des bottines pareilles ? Bon sang ma tante en 1984 portait les mêmes, elle était la honte de la famille. Ouvertement punk, elle ne se lavait que très rarement et ne répondait pas quand on l'appelait par son prénom. Elle avait décrété que l'univers devait s'adresser à elle grâce au nom de la ville de New York. C'était absolument terrifiant.
« - L. tu peux te laver s'il te plait ?
-(...)
-New York.
-Oui.
-Tu sens mauvais, laves toi maintenant.
-Si je veux. »
Le jour où elle a perdu sa virginité a été un scandale immense, elle était trop jeune et n'avait pas honte. C'était un grand soulagement pour elle et il fallait qu'on en parle beaucoup. Je crois qu'elle prenait plaisir à savoir que les gens étaient choqués. Et même si elle disait que ca la regardait, qu'il fallait qu'on arrête maintenant ca suffit laissez moi tranquille, toute cette agitation la rassurait. Les types ensuite défilaient au rythme des chaînes de vélo et des bracelets brillants et pointus. Mais le matin ma grand-mère lui tartinait ses biscottes et la jeune punk mangeait en regardant par la fenêtre et en remerciant intérieurement sa mère pour ce geste lancinant qui la réconfortait j'en suis sûr. Car au fond d'elle une femme, même très jeune, sait bien qu'une attitude vestimentaire nihiliste est mauvaise, tout simplement. Et porter ces blousons en cuir est une offense bien sûr, et c'est très triste et cela rend malheureux.

Publié par arnaultglamorama à 14:33:27 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Oasis au Bataclan et Damon Albarn en Afrique | 11 novembre 2008

(Oasis / Soldier on)

Probablement grillé auprès de pas mal de monde hier soir, je suis tellement heureux de voir Oasis que je pousse des hurlements du genre « Ah j'en pleurerais hein ! ». La personne qui me donne une invitation tient à rester discrète, elle le sera. En tous cas bien marrant de recevoir comme un cadeau du ciel une invitation du quota même du groupe. Bernard Lenoir présente en direct le concert qui a lieu au Bataclan, lui qui a toujours descendu le groupe. Je me souviens l'avoir entendu passer au temps de la guerre toute médiatique Blur VS Oasis les singles respectifs des deux formations, sorties le même jour, Country house et Roll with it. Il annonçait alors que les morceaux étaient diffusés pour une simple information. Il faut croire qu'il a changé d'avis sur Oasis après avoir changé d'avis sur Blur au moment de leur album éponyme. Kate a la pression au moment d'interviewer Liam, elle me demande une ou deux questions. Ses enfants ! Le nouveau disque, qu'ils prétendent placer dans la grande Histoire de la musique anglaise ! Il lui dit « C'était quoi la britpop finalement ? Que sont devenus les gens de la britpop ? Certains bossent au mac do, d'autres font des disques avec des aveugles en Afrique. » Confère Damon Albarn et Amadou et Mariam, c'est quand même drôle.
Me voici enculant les mouches je l'avoue bien volontiers, faisant même acte pornographique.
Liam a la grande classe, il est très agressif ou du moins mime bien l'attitude. Le rock a quelque chose de sauvage, il en est le prince absolu. Je cherchais de l'action et tout ce que j'ai trouvé c'est des cigarettes et de l'alcool.
Ce soir je suis une star de rock.
Le public est finalement assez calme, Canal plus filme sans passion, Oasis est devenu une légende, il est entendu qu'aucun groupe ne leur arrive à la cheville depuis quinze ans. Ca roule. Les nouveaux morceaux cependant sont décevants, joués sur scène c'est pas la joie. Sors de ce corps Paul Weller. Une fille hésite à montrer ses seins au groupe, assise sur les épaules de son mec. Liam la montre du doigt, il la défie un peu, lui lance son micro, les techniciens s'empressent de le fermer. Le pendant de Liam durant le concert est Andy Bell, lunettes de soleil, basse discrète et groovy. Combien se souviennent de son merveilleux groupe Ride et de son single brillant « Leave them all behind » ? Voilà, maintenant il fait le tour du monde avec Oasis, un titre par album, le dos rond en interview. Si, en coulisses, Noel est derrière chaque décision, en live il est plus discret, aie mes côtes, ca picote encore un peu.
Message éblouissant de A. qui est la personne la plus belle que l'on puisse rencontrer sur la surface de la terre.

Publié par arnaultglamorama à 18:29:24 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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