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Glamorama and more

la musique la nuit

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Quantum of solace et une rixe | 25 octobre 2008

(The Cure / The hungry ghost)


A Châtelet, cette scène au milieu de la foule. Le train est ultra bondé, on est dans le noyau de la civilisation occidentale, à l'heure de la plus grande sueur, quand l'humanité est fébrile comme un enfant sale qui s'agite comme il quitte la classe avant de retrouver un goûter sucré. Un type, la trentaine, grand manteau noir, barbe inquiétante sans que l'on puisse vraiment dire pourquoi, bouscule une jeune fille. Le ton monte et en grimpant les grands escalators il lui fait un bras d'honneur et dit très fort comme s'il s'apprêtait à exécuter l'action que sa phrase annonce : « Je t'encule salope ». Un homme à côté de lui, la cinquantaine aux lunettes studieuses, le prend à partie. Il juge à raison que l'insulte est tout de même violente et que ce n'est pas trop la classe monsieur. Ils se sautent dessus en plein milieu de la montée de l'escalator qui tremble de toutes parts. Ils se frappent violemment en bousculant les gens qui tentent de s'enfuir (mais c'est difficile, après avoir été compressés dans le wagon, ils sont tout aussi serrés en ligne durant la montée qui, du coup, apparaît des plus lentes). En arrivant à l'étage les deux combattants se ruent par terre, les lunettes de celui qui, pourquoi n'y avait on pas pensé plus tôt, est certainement un professeur se vengeant par cette attitude  offensive d'une violence trop contenue à l'école, volent dans l'air de la lumière électrique blafarde. Les figures sont rouges, on est dans du coup de poing, de la cabriole, de la giflette. Des CRS sont postés de l'autre côté des guichets et ne peuvent atteindre la scène. Ils se mettent à crier simplement « Ho là hein !!!! Hooo Hé ! ». Un d'entre eux essaie d'enjamber les guichets et se casse la figure, ce qui ne manquerait pas de faire rire l'assistance dans un autre contexte. Je commence à penser qu'ils vont décéder et que la fille insultée, partie depuis deux bonnes minutes dans un train qui la ramènera dans son logis, ne saura jamais au grand jamais qu'une rixe a eu lieu pour elle.

Projection du nouveau James Bond, tous les journalistes sont fouillés comme dans un aéroport, les téléphones portables sont confisqués gardez bien votre numéro ne le perdez pas hein. Le film est sombre comme l'année qui s'achève. Plusieurs scènes montrent une caractéristique d'effritement, il y a des précipices qui s'approchent, les balcons s'effondrent comme si leur béton était pourri. Si on a le droit de prendre cela comme une métaphore, on ne se gêne pas.

Beaucoup de cocaïne, je vais plus mal que ce que je ne m'avoue. Georges Bataille est lu par mes yeux et mon cerveau dans une tension difficilement nommable.

La souveraineté est silencieuse ou déchue.

La sainteté qui vient aspire au mal.

Qui parle de justice est lui-même justice, propose un justicier, un père, un guide.
Je ne propose pas la justice.
J'apporte l'amitié complice.
Un sentiment de fête, de licence, de plaisir puéril --- endiablé.

Publié par arnaultglamorama à 22:04:24 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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