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Glamorama and more

la musique la nuit

Ed Harris et les amis de la mort | 30 septembre 2008

(Oasis / Soldier on)

J'aime qu'Ed Harris nous raconte ses problèmes avec les studios d'Hollywood.
« Très souvent quand je m'adresse aux gens qui financent des films je leur dis : « Les gars, vous avez vu Pollock mon premier film ? » Je ne dis pas que c'est le meilleur film du monde mais c'est un bon film et ca marche, il vieillit bien. « Vous pensez que je suis un putain d'idiot ? » Vous voyez ce que je veux dire...  « Pourquoi pensez vous que je veux réaliser ce film si je ne sais pas de quoi je parle ? » A certains moments vous vous demandez vraiment à quoi ils peuvent bien penser. « Vous aimez le script ? Vous savez qui a écrit ce putain de script ? Et ben c'est moi, avec mes amis. Pourquoi est-ce que je veux cette personne au casting ? Parce que je suis le putain de réalisateur et que je pense que c'est la meilleure personne pour le rôle ! » C'est incroyable le genre d'imbécilités qui vous tombe dessus quand vous essayez de monter un projet, c'est incroyable. ...La prochaine fois laissez moi faire mon travail et fermez là. »
Pas besoin de faire un livre sur les gens qui pourrissent votre existence, et poussez jusqu'à Rimbaud, ne serait-ce que pour le vocabulaire.
« Oui l'heure nouvelle est au moins très-sévère. Car je puis dire que la victoire m'est acquise: les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais ! Il faut être absolument moderne. Point de cantiques: tenir le pas gagné. »
Les amis de la mort, ils sautent au cou, ils sont partout ! A quelqu'un comme ca dans la rue, ou au bureau vous vous approchez doucement et il ou elle peut vous entendre chuchoter : « Tu fais partie d'une sorte d'arriéré particulier toi hein ? Tu entretiens une amitié avec la mort me semble t'il. »

Publié par arnaultglamorama à 20:03:38 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Kaki king et La belle personne | 29 septembre 2008

(The Walkmen / Donde esta la playa)


Concert de Kaki King à la Boule noire. Par moments tout de même le « milieu » dérange. Il n'y a pas beaucoup de spectateurs mais la plupart sont assez mal habillés et prennent maladivement en photo la chanteuse, qui passe la majorité du concert assise. On devine les types qui ont des webzines, celui là par exemple avec son gros ventre qui déclenche son appareil toutes les 2 minutes. C'est un concert spé comme on dit, la fille a du talent et sa guitare est le prolongement de ses doigts assurément mais enfin on s'ennuie assez vite avec Au. et on parle un peu trop fort. Même si elle pense que je suis trop critique, que je l'ai même toujours été, elle partage mes vues et on tombe d'accord tout le temps. J'apprécie sa distance par rapport à la plupart des concepts et, je le crois, des êtres. Je crois aussi qu'on s'en sort pas mal, elle dans sa vie de couple, moi dans mon existence en marge. En rentrant, et comme on habite à quelques centaines de mètres, je lui prête le dvd de Christophe Honoré « La belle personne », c'est bien la moindre des choses. Si le Temps voulait me faire signe et me démontrer que je suis peut être arrivé à cette neutralité parfaite, il ne s'y prendrait pas mieux : je vois la première fille dont j'ai été amoureux, il y a quinze ans. C'est de là qu'il faut repartir n'est ce pas ? Juste avant elle. Quand il n'y avait rien.

Publié par arnaultglamorama à 23:50:53 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

L'abbé Chiari et Tonine | 28 septembre 2008

(Kings of Leon / 17)


Les critiques sont un baromètre important. La petite touche qui souligne que cela fonctionne. Prenez l'abbé Chiari, il n'est pas du tout content et le fait savoir. Voici comment il décrit Casanova dans « La Commediante in fortuna ».

« On ne connaît pas l'origine de M. Vanesio, mais on le dit bâtard. Il est bien fait de sa personne, de teint olivâtre, affecté dans ses manières, et d'une aisance incroyable. C'est un de ces astres qui brillent dans la société , sans qu'on sache d'où vient leur splendeur, ni comment ils font pour vivre, et pour vivre sans rien faire, n'ayant ni bien au soleil, ni emplois, ni capacités...(...) toujours soigné comme un Narcisse, il se rengorge ; un ballon n'est pas plus gonflé d'air que lui de vanité ; un moulin n'est pas plus agité. Il n'a de cesse qu'il ne se faufile partout, qu'il ne fasse la cour à toutes les femmes, qu'il ne saisisse toutes les occasions favorables, ou de se procurer de l'argent, ou de se servir de ses succès amoureux pour se pousser. Avec les avares il fait l'alchimiste, avec les belles le poète, avec les grands le politique, avec tous tout. Mais d'après les gens sensés, il n'aboutit à rien qu'à se rendre ridicule. Léger comme l'air dont son cerveau est rempli, il peut en rien de temps être l'ami juré ou l'ennemi irréconciliable. »

C'est assurément un des plus beaux hommages que l'on ait fait au vénitien. En note de cette édition, on lit : « Casanova ne dut jamais pardonner à Chiari les traits acérés de cette caricature ». Mais bien sûr que si ! L'abbé fait là un éloge inversé impeccable.

Et Casanova continue. Tonine est très jeune. Elle est aussi très belle et très vierge.
« Elle vint alors ; mais n'en pouvant plus, je l'ai serrée entre mes bras, et il n'y eut plus question de jouer à colin-maillard. Je l'ai mise sur mon lit, où après l'avoir couverte de baisers et lui avoir juré d'être à elle jusqu'à ma mort, elle ouvrit ses bras d'une façon que j'ai vu qu'il y avait longtemps qu'elle désirait ce moment-là. J'ai cueilli sa belle fleur, la trouvant, comme toujours, supérieure à toutes celles que j'avais cueilli dans l'espace de quatorze ans. »

Publié par arnaultglamorama à 17:20:55 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Les rois de Leon et le retour de la joie | 27 septembre 2008

(Kings of Leon / Closer)


Comme le lecteur l'aura remarqué, c'est le retour des mp3. Cela nous donne de la joie.
On me reproche parfois mon inconstance, mon côté show off. On n'hésite pas à prétendre que rien n'est vraiment avancé ici, que l'intérêt de ces pages est plutôt limité, mis à part quelques citations sorties de leur contexte et faciles. C'est que le narrateur ne cesse de jouer, le sérieux viendra plus tard. Quant à la pratique de la citation, elle est nécessaire dans le temps de la détresse mentale de notre société. Les êtres humains se comportent comme si Casanova, Rimbaud, Kafka, Bataille n'avaient pas existé. Ils sont comme éloignés dans leur œuvre, on en fait des artistes pour mieux les considérer de loin. Il ne faut pas que ca bouge, il faut qu'on reste ensemble, les livres sont là pour ne pas être lus. Et s'ils sont lus c'est pour être étudiés, disséqués, rongés. Il a deux trous rouges au côté droit et on s'arrête là. Comment vivez-vous après avoir lu Rimbaud ? Ca fait quoi dans votre corps ? Dormez-vous de la même façon ? Quelles sont les conséquences directes de la vraie lecture ? C'est le vice qui sommeillait et qui s'étend. C'est l'art de la stratégie. C'est le nouvel amour, celui qui ne s'ajoute pas à un autre. C'est la lucidité.

Publié par arnaultglamorama à 16:31:43 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

L'escalier noir et la géométrie des corps | 27 septembre 2008

(The Killers / Human)

Genre de soirée qui peut se résumer par un texto que j'envoie cette après midi. « Oui, on embrassait une fille noire et une fille blanche avec S. et je passais des disques avec mon Iphone. » Sommes nous humains ou sommes nous des danseurs demande le chanteur des Killers. Je ne crois qu'en quelqu'un qui sait danser pour ma part.
L'Elysée Montmartre accueille la première soirée club NME, pas de raison de ne pas y être. Les Dead Kids s'adressent en français aux anglais qui se pressent devant eux, leur font faire des rondes, lever les mains, envahir la scène. C'est tout de même un peu forcé, ca gigote. The Whip (le lasso) hurlent ensuite « I wanna be trash », c'est le bon moment pour monter dans un escalier noir et mettre un peu de mdma dans mon verre d'eau.

Casanova pratique l'art de la géométrie des corps. Il est là où on ne l'attend pas, là où il doit être. Il est toujours en avant, dans le rythme. En avançant dans la lecture, on prend conscience de sa joie, il est partout à la fois, brisé en mille éclats de voix.
C.C et M.M sont ses deux amours (deux de ses amours).
« Enivrés tous les trois par la volupté et les frustratoires, et transportés par des continuelles fureurs, nous fîmes dégât de tout ce que la nature nous avait donné de visible et de palpable, dévorant à l'envi ce que nous voyions, et nous trouvant tous les trois devenus du même sexe dans tous les trios que nous exécutâmes. »

Publié par arnaultglamorama à 15:24:41 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

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