(Ladytron / Runaway)
Très facilement j'aurais pu être
un homme d'affaire. Très bien pu passer ma vie dans des hôtels de Bangkok, de
Pékin, de Montréal à regarder défiler les chiffres mondiaux de la bourse. Cela
aurait été une attitude agressive et posée dans le calme du luxe : cuir,
bois, marbres, étoffes. On s'occupe de
moi, tout est doux et froid. Pétales de roses rouges sur le lit immense, sur le
peignoir crème, rose jaune unique au milieu du miroir de la salle de bain,
télévision plasma allumée sur CNN quand je rentre dans la suite. Qu'est ce que
je fais ici ? Il faut voir pour le magazine un spectacle africain qui se
jouera à Paris en novembre et rester quelques jours pour découvrir une Afrique
du sud très américaine qu'une violence sourde a bâtit et qui coule
continuellement. La semaine dernière il y a eu des émeutes.
J'écoute : vols à main armée, dispute généralisée, hausse de tous les
prix, explosions de camions blindés, meurtres à la chaînes et commémorations
affiliées, baisse de tous les prix, accidents terribles et inévitables, bruit
et fureur, douze pour cent de la population a le sida, virevoltes sauvages,
rebroussements de chemin, enfer violent et intégré à la réalité, attaques au
bâton, attaques à la machette, exhibitions en tous genres, mort de la vie.
Je lis au huitième étage de l'hôtel Michelangelo de Johannesburg l'avant propos de l'Antéchrist du philosophe allemand moustachu prénommé
Friedrich : Une expérience issue de sept solitudes. Des oreilles nouvelles pour une
musique nouvelle. Des yeux nouveaux pour des lointains extrêmes. Une nouvelle
conscience pour des vérités jusque-là restées muettes. ET la volonté d'une
économie de grand style : rassembler sa force, son enthousiasme...Le respect
de soi ; l'amour de soi ; la liberté absolue envers soi...
Il faut bien quelqu'un pour
décrire les sept solitudes en question. Action.
Publié par arnaultglamorama à 19:26:37 dans Glamorama and more | Commentaires (0) | Permaliens