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Glamorama and more

la musique la nuit

Les jardins de Bagatelle et le récit nombreux des jours de l'amour | 29 juin 2008

(Love / A message to pretty)


Dans le bois de Boulogne je ne cherche pas de transsexuels mais plutôt le chemin de la fête avec NP et LT. Il faut marcher longtemps dans le noir pour arriver aux jardins de Bagatelle. On aperçoit une mansarde cossue d'où parviennent une électro censée et des lumières puissantes. Des gens en peignoir, des filles aux hautes oreilles de lapinou, vous avez compris, c'est une soirée playboy. A l'entrée une fille métisse immense et droite sur des talons hyper immenses dit à deux types : « Pas de carton, pas d'accompagnement, pas de contact, pas de peignoir, pas de lapinou. Vous ne rentrez pas messieurs. Enfin si vous rentrez. Mais chez vous. »
 Foule compacte disposée sur une terrasse géante entourée d'arbres noirs du noir de la nuit. Est-ce qu'ils s'amusent vraiment ? Les tables plutôt bien alignées où trônent des magnums frais sont le lieu de la grande démonstration, il est nécessaire d'acheter un maximum de bouteilles et de le montrer de manière évidente. On se contente de vodkas discrètes. Judith Godrèche est en couverture du numéro d'été que l'on feuillette en râlant qu'il n'y ait absolument aucune chatoune à mater à l'intérieur. Que font les blacks aux portes de la nuit ? (ils entourent les tables les plus proches de l'extérieur de la scène) Ils empêchent les intrus de rentrer et les convives de se droguer dans tout ce qui est fourrés, petites clairières, troncs d'arbres, hamacs naturels.
C'est le moment de danser une vingtaine de secondes sur A punk de Vampire Weekend et de respirer la fausse fumée qui se mélange à la vraie humidité du lieu. Beigbeder se faufile vers les platines et enchaîne avec Polnareff, pourquoi pas. Il a vraiment la classe : lunettes gigantesques et peignoir rouge écarlate, il a l'air d'un pape et d'un roi.

Plus tard au Showcase pour la soirée Jalouse rocks Paris force est de constater que c'est raté. Pas beaucoup de monde et puis de toute façon l'endroit est trop grand. The Virgins multipliés par les images sur le mur du club, filles délurées qui poussent hors des lieux les filles qui s'ennuient, une DJ qui se cache dans un coin de la scène parce qu'elle a le trac ou parce qu'elle ne veut pas voir qu'il n'y a tout de même pas grand monde. Comme j'ai évolué de manière fabuleuse je ne fais pas ici référence à une soirée passée dans ce même lieu avec A. il y a quelques temps, les plus malins s'en souviennent, tout est écrit un peu plus loin ici. Comme j'ai évolué de manière fabuleuse je ne prends plus la peine d'expliquer la raison de la présence du titre de Love que vous êtes en train d'écouter.

Au matin, se répétant durant les minutes de réveil de mon corps, ces mots de Hölderlin, dans leur opacité grammaticale et leur force transcendantale :
« Le récit nombreux des jours de l'amour ».

Publié par arnaultglamorama à 17:56:06 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

Une engeance supérieure et l'invention d'un langage | 25 juin 2008

(Love / My little red book)

Soirée foudroyante. Les meilleurs moments en pleine semaine finalement. Les groupes Brooklyn, Neïmo, adorables, bosseurs, connaissent les combines, les contrats, les fêtes. Monde absolument hors du monde où chaque note de musique a une importance capitale, où chaque groupe est une position dans l'univers. Pas un point de vue ni une proposition artistique mais bien une engeance supérieure, fondamentale.

Les expressions que j'utilisais avec A. et qui tombent à plat désormais, merveille classique de l'invention d'un langage avec la personne que vous aimez. Comme consolation, pensée de tout ce que nous avons évité et de ce que nous avons fait ensemble et qu'il est rageant de devoir pousser dans le passé. Beaucoup de mal à faire comprendre, même ici finalement et même à elle, l'ampleur qu'elle a eu pour moi. Mais pourquoi m'acharner ? Pour ses rires, son humour, sa beauté furieuse, son style. L'été sans elle miraculeusement sauvé par les circonstances (voyage en Afrique du Sud).

Dans le creux de la nuit je me dis : « C'est exactement la vie que tu as voulu avoir ».  

Publié par arnaultglamorama à 23:39:02 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

CSS et un soundsystem | 22 juin 2008

(Philippe Katerine / Où je vais la nuit)

CSS, c'est de la qualité. Fatiguée d'être trop sexy ? Cansei de ser sexy ? Lovefoxx la chanteuse ne cherche pas à plaire : maillot moulant fushia en lycra qui lui recouvre entièrement le corps et qui lui procure une chaleur qui redouble sur sa peau celle du Bataclan. Elle danse comme une furie et fait des signes de chats au public. Ils jouent de nouveaux morceaux qui sont plutôt très bons et font un rappel de 3 titres du premier album. J. est en transe avancée et en arrive même à dire : « Le whiskey c'est trop bon » au milieu des paroles brésiliennes qu'elle connait par cœur, forcément. On s'amuse à dire qu'elle est la sœur de la guitariste et on prend des photos des lunettes immenses Ray Ban qui sont posées sur une boule à facettes au plafond. Never hide, c'est le slogan. Il y a une fille qui s'appelle Pauline qui a crée un groupe sur facebook intitulé « TRUSKEL BORDEL » qui raconte qu'elle connaît ma tête.
Al. confesse qu'il a couché avec 75 filles en un an et qu'il vient de se faire plaquer et qu'il en a marre. Je me souviens qu'au dernier festival des Inrocks il nous avait filmés avec A. pour une certaine raison.
Les gens qui me disent qu'ils ne pensaient pas que j'aimais tant A., que cela ne se voyait pas.

Comme c'est la fête de la musique il y a un soundsystem en bas de chez moi, sur le bld de Charonne. Le principe, c'est de faire le plus de bruit possible. La joyeuse troupe sale et sans diplôme a installé une tente kaki dans la rue, les trucs les plus improbables s'enchaînent depuis le début de l'après midi jusqu'à minuit. Et la dernière heure est la plus violente bien entendu car ils savent que la fin approche et que c'est le besoin même de limites qui est à la base de leur plaisir. Grande complicité avec la police qui observe de loin et bave à l'idée d'apercevoir un peu de drogues chimiques. Tout cela est très réglé et chacun a besoin de l'autre camp pour se justifier, continuer son activité, en un mot : jouir. La seule question à se poser finalement devant ce genre de scène est : pourquoi policiers et teuffeurs ne s'enferment-ils pas sous la tente humide et chaude d'effluves de vin rouge et blanc et vert et de majijuana pour avoir tous ensemble des relations sexuelles ? Cela ne serait-il pas plus direct, plus simple ?

Publié par arnaultglamorama à 00:22:20 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Julien Doré et Mister Gadget | 19 juin 2008

(Ting Tings / Great DJ)


Guy Debord brille de mille feux après la demande en mariage de monsieur Domenech. C'est fabuleux de s'apercevoir comme le sélectionneur de l'équipe de France souligne le texte, le met en valeur, le justifie. « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. » et juste en suivant, au début de « La société du spectacle » :  « Les images qui se sont détachées de chaque aspect de la vie fusionnent dans un cours commun, où l'unité de cette vie ne peut plus être rétablie. La réalité considérée partiellement se déploie dans sa propre unité générale en tant que pseudo-monde à part, objet de la seule contemplation. La spécialisation des images du monde se retrouve, accomplie, dans le monde de l'image autonomisé, où le mensonger s'est menti à lui même. Le spectacle en général, comme inversion concrète de la vie, est le mouvement autonome du non-vivant. »

Raymond, tu me rends plus visible le mouvement autonome du non-vivant.
Raymond, tu es à mes yeux l'exemple même de l'inversion concrète de la vie.
Dites cela à quelqu'un qui vous ennuie et qui ne vous comprendra pas (c'est encore meilleur) : tu es l'inversion concrète de la vie. Tu es là en train de me parler mais tu ne fais qu'inverser la vie.

Debord aujourd'hui ? cité par Julien Doré, et c'est à peu près tout. Au milieu du spectacle, signe du spectacle lui-même. Ma foi pourquoi pas. Kate me le présente, le type est agréable, aimant vraiment la musique, se balade en haut des charts. Et puis il y a mister Gadget ! Et Doré ne le connaît pas, alors photo avec le type qui allume votre cigarette avec sa montre, se trimballe toute la journée avec des lunettes qui ont des ailes d'abeilles et des pompons, arbore fièrement, ne me demandez pas pourquoi, à pas de loup, des costumes verts pâle et ses probables soixante quatre ans entouré d'un halo de lumières fluorescentes dont l'origine reste un mystère. Il faut fêter les soixante-quinze ans de Lacoste, on est au milieu du court central de Rolland Garros, recouvert d'une fausse pelouse blanche et parcourue de petites animations. « Bonsoir, puis-je vous proposer une animation foie gras ? » «Hey ! il y a une animation tourte à base de tomate » « Putain, t'as vu l'animation homard ? Viens on y va. » Il y Cocoon qui jouent dans l'indifférence la plus totale et des mannequins qui dansent en groupe serré devant un écran immense qui lance des images de gens portant Lacoste au cinéma, dans la musique. Il y a aussi des danseuses qui posent. Et une jeune sirène dont il est impossible de dire qui elle est. Non pas qu'elle porte une queue de créature aquatique à base d'entourloupe d'Ulysse, non mais on a déjà vu sa tête ou son vagin quelque part. Le but du jeu est de s'approcher et d'arriver à dire « qui es-tu jeune sirène ? ».
L. est un charme, blonde, qui aime intriguer par ma présence les gens qui travaillent avec elle. Le plus grand photographe de people de Paris veut que des personnes mettent leur sexe ou leurs seins dans la tête de crocodile immense qui sert de gâteau d'anniversaire. Très bonne musique, je danse sur les Ting Tings exactement au moment thedrumsthedrumsthedrumsthedrums

Publié par arnaultglamorama à 13:21:35 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Des dents de lait et des dents de loup | 16 juin 2008

(Serge Gainsbourg et France Gall / Dents de lait, dents de loup)


Rendez-vous au magazine, il faut aller en proche banlieue, le petit pigiste devant l'immeuble du grand groupe de presse, vous voyez la scène. J'ai une vraie passion pour les grands espaces architecturaux,  vitres teintées et pourtant froides, on n'est pas à la Défense mais c'est tout de même un grand building et il y a de vraies fleurs dans un coin du hall.
Cela fait un an et demi que je travaille pour eux et je n'ai jamais mis les pieds ici, cela prouve que je rends les papiers dans les temps. Je pourrais très bien être vénézuélien, indien apache, pêcheur tout droit venu d'Alaska et envoyer des mails correctement, passer quelques coups de fils, tout inventer en respectant les plus basiques informations que je transmets.
Deux mannequins blondes entrent en même temps que moi. J. qui les envoie me surveiller ? Non, elles viennent pour un casting qui va être un des plus rapides de leur carrière. Elles ne passent pas plus de trois minutes derrière la porte qui s'ouvre et se ferme et s'ouvre dans la pièce à côté. Vengeance des filles qui n'ont pas pu rentrer dans le métier et qui ont un peu de pouvoir dans les magazines. Elles sont aussi sèches que possible. Ah la Russie natale, si maman savait comme on me traite. Et les copines...si elles voyaient comme ce n'est pas marrant.
Présentations. Oui le type qui écrit des papiers sur la musique, l'itw de .... c'est lui. Notre crédibilité rock. Sourire. Elles sont dans leur monde, agréables, coquettes, lunettes. On les imagine comme elles sont, affairées, précises, méticuleuses. Et angoissées, énervées, soucieuses. Et puis douces, représentantes et fières. Bien conscientes de leur influence et des ramifications de chaque décision prise ici pour la lectrice. Il y a des biberons sur les bureaux, il y a des parfums, des échantillons de mille produits, des disques, des photographies, des plantes et des photos d'enfants, des bouteilles d'eau minérales au calcium dans des emballages dorés, des anciens numéros rangés et consignés. Il faut parler de tout et de rien (je sais très bien faire), puis très vite, de ce qu'il faut prévoir pour la rentrée (je sais faire aussi). Alternance rapide dans les dialogues, j'aime bien cela, tout est question de rythme bien sûr. Des papiers sur l'opéra ? Pourquoi pas. Cinéma ? Pourquoi pas. Musique ? Toujours.
Je les fais rire (anecdotes vraies sur Carla Bruni après un concert il y a deux ans), beaucoup rire (en essayant de lire les noms de produits, maquillages, qui trônent ça et là), réfléchir (affaire de Radiohead), frissonner (le sang de Pete Doherty). Voilà je suis accepté, je suis rigolo et « avec mon charme » je peux décrocher une interview de Vanessa Paradis.  

Publié par arnaultglamorama à 19:03:46 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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