Guy Debord brille de mille feux après la demande en
mariage de monsieur Domenech. C'est fabuleux de s'apercevoir comme le sélectionneur
de l'équipe de France souligne le texte, le met en valeur, le justifie. « Toute
la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de
production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui
était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. » et juste
en suivant, au début de « La société du spectacle » : « Les images qui se sont détachées de
chaque aspect de la vie fusionnent dans un cours commun, où l'unité de cette
vie ne peut plus être rétablie. La réalité considérée partiellement se déploie
dans sa propre unité générale en tant que pseudo-monde à part, objet de la seule
contemplation. La spécialisation des images du monde se retrouve, accomplie,
dans le monde de l'image autonomisé, où le mensonger s'est menti à lui même. Le
spectacle en général, comme inversion concrète de la vie, est le mouvement
autonome du non-vivant. »
Raymond, tu me rends plus visible le mouvement autonome du non-vivant.
Raymond, tu es à mes yeux l'exemple même de l'inversion concrète de la vie.
Dites cela à quelqu'un qui vous ennuie et qui ne vous comprendra pas (c'est
encore meilleur) : tu es l'inversion concrète de la vie. Tu es là en train
de me parler mais tu ne fais qu'inverser la vie.
Debord aujourd'hui ? cité par Julien Doré, et c'est à peu près tout. Au
milieu du spectacle, signe du spectacle lui-même. Ma foi pourquoi pas. Kate me
le présente, le type est agréable, aimant vraiment la musique, se balade en
haut des charts. Et puis il y a mister Gadget ! Et Doré ne le connaît pas,
alors photo avec le type qui allume votre cigarette avec sa montre, se
trimballe toute la journée avec des lunettes qui ont des ailes d'abeilles et
des pompons, arbore fièrement, ne me demandez pas pourquoi, à pas de loup, des costumes verts pâle
et ses probables soixante quatre ans entouré d'un halo de lumières
fluorescentes dont l'origine reste un mystère. Il faut fêter les soixante-quinze
ans de Lacoste, on est au milieu du court central de Rolland Garros, recouvert
d'une fausse pelouse blanche et parcourue de petites animations. « Bonsoir, puis-je vous proposer une animation foie
gras ? » «Hey ! il y a une animation tourte à base de tomate »
« Putain, t'as vu l'animation homard ? Viens on y va. » Il y
Cocoon qui jouent dans l'indifférence la plus totale et des mannequins qui
dansent en groupe serré devant un écran immense qui lance des images de gens
portant Lacoste au cinéma, dans la musique. Il y a aussi des danseuses qui
posent. Et une jeune sirène dont il
est impossible de dire qui elle est. Non pas qu'elle porte une queue de
créature aquatique à base d'entourloupe d'Ulysse, non mais on a déjà vu sa tête
ou son vagin quelque part. Le but du jeu est de s'approcher et d'arriver à dire
« qui es-tu jeune sirène ? ». L. est un charme, blonde, qui aime
intriguer par ma présence les gens qui travaillent avec elle. Le plus grand
photographe de people de Paris veut que des personnes mettent leur sexe ou
leurs seins dans la tête de crocodile immense qui sert de gâteau d'anniversaire.
Très bonne musique, je danse sur les Ting Tings exactement au moment thedrumsthedrumsthedrumsthedrums