Que fait-on de nos rêves ? Je ne parle pas d'espoirs,
d'envies, de projets. Non, comment faut-il considérer les images nocturnes ?Ces kilomètres de scènes du milieu du sommeil
plus ou moins originales.
Il faut partir, trouver une issue, les monstres les plus incongrus sont à vos
trousses, tout est très compliqué, bouché, retardé, mal ajusté, pesant, c'est
le trou, la porte dérobée qui se dérobe encore et encore.
Ou bien tout est calme et lumineux, musique, vent frais, matin généralisé,
baisers profonds, elle est là, l'a toujours été et son regard est très explicite
quant à l'avenir doré, cela glisse sans arrêt et cela file vers la joie.
Mais parfois le rêve sort du schéma. Le petit film n'était pas prévu au
programme, on est hors format, il faut utiliser le terme transcendance, est-ce
Dieu qui fait des siennes et interrompt le festival ?
L'autre nuit c'est un jeune garçon au milieu d'explosions, de flammes. Il y a
un château, il est poursuivi, arrêté par une foule qui le lynche, nez cassé, il
hurle, est enfermé, roué de coups. On s'acharne vraiment sur lui et cela dure
très longtemps. On est presque dans une agonie. Il sort d'un sous-sol, me
regarde, oh la belle métaphore christique, mais oui absolument. Il y a de la
musique, je me transforme en larme. Je m'avance vers lui en ressentant une
immense peine et lis une phrase écrite dans sa main : « Car Dieu est
un homme ».
Je me rends compte que les filles m'offrent des cadeaux ayant la même
thématique. Kate, Pléiade des libertins du dix-septième siècle. Ji, Erotica
Universalis, images érotiquesdans l'histoire
de l'art. Et I. dont l'âge doit être caché, qui m'envoie par la poste ses sous
vêtements.
Hier soir, scène calquée sur le dialogue Don Juan / Charlotte / Mathurine, et cela
de manière consciente, en discernant bien chaque étape du texte dans la réalité
qui s'engageait.