Si j'ai vraiment aimé le film de Wim Wenders à Cannes « Palermo shooting »,
c'est qu'il est rare de voir un cinéaste s'intéresser vraiment à la peinture.
Un photographe très en vogue va faire un séjour à Palerme après avoir frôlé la
mort, il y rencontre une italienne qui restaure une fresque du quinzième
siècle. Plan génial sur cette fresque représentant les notables de l'époque et
au centre, un cavalier squelette, la mort elle-même. Durant tout le film, il
est question de photographies, d'objets se dérobant de l'objectif, du viseur.
Le sujet même du photographe ne veut pas être capté, le monde se refuse à l'image
(les scènes tombent, les animaux qu'il veut capturer dans une photo se cachent,
quelque chose retarde et détruit à chaque fois l'initiative). On comprend que
le monde du cinéma n'ai pas fait un grand accueil au film, c'est le moins qu'on
puisse dire (« Tu es le seul à avoir aimé le Wenders sur la croisette »
dit Ch. par exemple). C'est que le cinéma, comme la photographie, est en
rapport direct avec la mort, il y est joint, par sa forme même. Les acteurs
remplacent les acteurs, importance considérable de l'archive, histoire des
palmarès. Personnage excellent joué par Dennis Hopper, archer symbole de la
mort, il fait son boulot. Tendre et amical, jaloux des vivants dans le fond.