A. comme un concept
désormais. Une lettre symbole, hiéroglyphe personnel, fétiche intime. Entièrement
déconnecté de la réalité. Ce qu'elle me reprochait doucement, ne pas écrire
assez sur elle. Maintenant c'est probablement trop, autre temps pourtant si
proche. Ses apparitions dans mes rêves, qui ne sont même pas à analyser tant l'évidence
est là. Dans des foules, ses lèvres. Dans des rues, ses habits. Dans les
métros, ses cheveux blonds.
Bon je ne vous fais pas Sophie Calle / Le blog...mais pourquoi pas.
C'est l'heure de la sublimation... je me récite sous la douche le concept
lacanien du « célibat de l'amour », je fais des petits schémas
mentaux, c'est une prière silencieuse qui ne demande rien, qui appelle juste la
lucidité de la formule...ca marche un peu...je pleure doucement sous les gouttes d'eau...
ca ne dure pas longtemps...petite saignée lacrymale comme ca gentiment...personne
ne voit ca et c'est très bien...et même si quelqu'un voyait, ce serait invisible,
bruit de la douche, chaleur qui expliquerait les yeux un peu rouges...ne pas
devenir une phrase de Duras bon sang...j'essuie la buée sur la vitre de la douche
et juste derrière, contre le carrelage blanc de la salle de bain, une feuille
de papier et l'écriture de A. le troisième
jour est ressuscité des morts, est monté aux Cieux, est assis à la droite de
Dieu le Père tout puissant d'où il viendra juger les vivants et les morts je
crois en l'Esprit Saint...