L'héritage de mai 68 et la lenteur du marché de la mode | 14 avril 2008
(Broadcast / You and me in time)
L'héritage de Mai 68 ?
Un paragraphe, à lire et à comprendre, loin des versions officielles et précis
comme un souvenir peut l'être. Sollers peut dire « J'y étais » .
« Souviens toi de la rue Monsieur-le-Prince, Alix, quand on était si
pauvres et si libres. Tu me reprochais de toujours travailler la fenêtre
ouverte, tu avais froid. Tu partais me chercher, la nuit, dans les bars. Je
rougis en repensant à ma grossièreté d'alors, à mes violences. Tu ne croyais
pas à toutes ces histoires de Révolution, tu avais raison, tu avais tort. Il y
a des moments où il faut avoir beaucoup tort pour avoir raison d'une autre
façon qui ne sera jamais comptabilisée, tant mieux, peu importe. La plupart de
nos amis sont morts, nos ennemis sont des morts vivants, ils ont gagné, ils
écrivent l'histoire comme ils veulent, ils traînent, ici ou là, quelques survivants
dans leur spectacle de dérision. La défaite est dure et amère, mais nous n'avons
pas voulu un autre destin. Pas de jugement, ici, chacun son silence. Avec qui
parler ? Comment s'expliquer ? Laissons. Je te revois, un matin, m'empêchant
de sauter par la fenêtre, et criant, et pleurant. La dose était forte. Je sens
encore tes bras autour de moi, je devais jouer un peu, et toi aussi, le
mensonge est là sans cesse, mais enfin on a fini par rouler par terre, chambre
étroite, lit, quatre pattes sur le plancher, ta main sur mon front, ta
désolation, ta réserve tellement plus criante que toute réprobation. Allons,
debout, descendons prendre un café et regarder la rue vaincue et déserte. On va
se fâcher avec un tas de gens, parfois les meilleurs, tant pis. Jeter l'éponge,
nous ? Jamais. On ne cèdera pas sur le fond, quelle que soit la forme qu'il
prenne, et même s'il faut aller en apparence à l'autre extrême pour ne pas être
coincés et piégés. La police, chérie, est la chose en soi. Filons ici, filons
là. Bonne chance où que tu sois. Je t'aime. » (Studio / Gallimard 1997)
La Révolution qui naît dans le cerveau et qui y retourne et se transforme...
Vous en avez un peu marre, vous ne comprenez toujours pas pourquoi j'ai effacé
le dernier post qui évoquait une cigarette assaisonnée à la cocaïne. La censure
a-t'elle frappé ? Le texte devenait trop triste ? Et puis les
parenthèses sorties de leur contexte, pfffffffff...
« Armani, Gucci... »
« It's slow, it's slow, i don't know why, but my agent wants me to stay. »
« Really like your shirt and really like the music here. »