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Scopitone 2008 et l'été 1986 | 07 avril 2008

Le premier clip de Vampire weekend « Mansard roof » est tourné sur un bateau, probablement dans la baie du New Jersey, ils sont de New York. Ils jouent, guitare, basse, synthé, batterie, ils ont un look d'étudiant (chemise rayée, pantalon blanc pour le chanteur), ils sont installés sur le pont de ce petit bateau blanc, il fait beau, lunettes de soleil noires. Les premiers clips des groupes sont toujours les meilleurs, on vérifie cela ici encore. Ok les gars et si on faisait un clip sur un bateau, il y a trop de soleil, c'est trop bon ! On dirait qu'ils vont rire à chaque seconde, ils se concentrent, il faut jouer en mesure. On dirait un scopitone. Ensuite ils sont dans la soute, ils mangent du poulet, des prunes, tout est coloré et facile, il y a des tasses de thé. Voilà. Ils tiennent la barre en jouant de la guitare, regardent une carte de la côte de New York, le ciel est immense, leur pop song parfaite, elle les devance, les guide. Ils croisent un cargo appelé « Atlantic Superior ». Mais oui New York, de l'autre côté de l'Atlantique, sera toujours la meilleure ville de rock de l'univers, loin du berceau londonien et de son ciel bas et gris. Ils voient les noms de groupes récents à qui ils mettent une sacrée gifle, écritures dans le ciel immense au dessus de Manhattan, Strokes, Walkmen...
Sans que j'aie besoin de l'expliquer ou que l'on entre dans des corrélations surréalistes, ce clip me fait penser à une photo prise durant l'été 1986, dans la maison de mon enfance quelque part dans le sud. J'ai 8 ans, ma sœur 5. Il y a clairement deux parties dans cette image. Au premier plan, l'eau de la piscine, petite vagues, lumière incandescente et omniprésente. Au loin, l'herbe, les bois, et se détachant par une petite silhouette au ventre rond, ma sœur qui s'apprête à courir et à plonger à ma suite : je suis dans l'air, bras bien en avant, slip de bain noir comme mes cheveux, je vais rentrer dans l'eau dans le centième de seconde qui va suivre. On se baigne comme cela toute la journée, tout encourage au jeu infini, il faut toujours parfaire le plongeon, la liberté est absolue.
C'est durant cet été que A. est née.
Mon cri affreux et pitoyable cette nuit au brusque réveil d'un cauchemar où elle entre chez moi et dit dans le couloir « Qu'est ce que tu fais ? ». Hier soir la sonnerie du livreur de sushi qui me fait frémir parce que je crois que c'est elle. Cette après midi enfin, où après avoir donné 469 euros à Apple, je me retrouve à l'endroit précis où il y a un an des gens nous accostaient pour nous demander si on voulait participer à l'Ile de la tentation, casting sauvage.

Publié par arnaultglamorama à 00:02:02 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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