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Glamorama and more

la musique la nuit

Frédéric Beigbeder et Le ministre du tourisme | 29 août 2007

Beigbeder est un personnage excellent. Il ne faudrait rien rajouter. Enfin un écrivain qui avoue tranquillement écrire pour être aimé. Combien de pamoisons, de poses, de grimaces pour en arriver à dire cela ? Alors évidemment on ne doit pas écrire pour être aimé mais la majorité se lève le matin pour cela. (Hier soir à l'émission, la meilleure de l'été, regards outrés de la plupart des gens quand il arrive à moitié endormi pour cause de Baron tardif).

Branle bas de combat à la radio, les nouveaux postes, les attributions neuves, les sourires mesquins. On ne peut pas dire que je devienne directeur de la chaîne, loin de là, mais en quelques jours les gens me considèrent autrement. La jalousie coule aussi vite que le sang dans les veines d'un astronaute au décollage d'une fusée. Je n'en suis pas étonné. J'arrive sur une émission très attendue sur le cinéma, la productrice est drôle, passionnée, elle sait de quoi elle parle. Magie de devoir choisir un générique, d'aller à des projections de films, d'entrer dans un nouveau milieu doucement.

Le ministre du tourisme a rendu visite à des vacanciers dans le sud de la France. C'est son métier. On le voit arriver sur une plage, le service de presse ayant choisi quelques heures avant son arrivée des touristes comme il faut, triés sur le paréo, assez habillés tout de même, oups ce sein qui dépasse, on cache on cache. S'ensuit un petit dialogue où est évoqué le temps, la famille, le bronzage. Et puis il commence à faire chaud sous le costume, le cuir des chaussures est abîmé par les grains de sable qui s'immiscent, il faut rentrer à Paris. Quelques photos et puis s'en va l'équipe du ministre. Sans manger de glaces, sans s'assoir sur cette plage ensoleillée. Les chiffres sont bons de toute façon, malgré le mauvais temps sur la majeure partie de notre pays, il n'y a jamais eu autant de japonais, les américains, même avec un Euro fort sont de retour. Ca roule.

Publié par arnaultglamorama à 17:41:46 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Franz Olivier Giesbert et Yannick Haenel | 27 août 2007

Franz Olivier Giesbert : imposant, sûr de lui comme personne (il ne cesse de répéter qu'il n'a pas la grosse tête, un signe.) Sors tout juste d'un entretien avec "le Président" comme me dit sa secrétaire. Evoque la campagne (entendez la nature, la normandie, un berger), quelque chose de très terrien, on sent le corps proche de la terre. "J'écris des livres parce que j'ai des lecteurs". C'est entendu.

Livre époustoufflant de Yannick Haenel, que je lisais déjà il y a sept ou huit ans, aux débuts de sa revue littéraire "Ligne de risque". Son livre "Cercle" aux éditions Gallimard collection l' "Infini" commence par le refus d'un homme de se rendre à son travail le matin. La poésie s'installe, s'infuse dans ses veines. Des pages sur la Seine, la NATURE, là où elle est comme en surimpression, évidente : en pleine ville.

Et puis la revue l' "Infini" et Sollers plus vivant que la plupart des êtres humains en France, la question qu'il est le seul à poser depuis des années : comment se fait-il qu'Aragon soit passé d'une liberté absolue (Le paysan de Paris) au stalinisme concret et passé dans la poésie fade et forcée (Le fou d'Elsa) ?


Publié par arnaultglamorama à 22:49:27 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Bernad Laporte et une femme qui ne sait pas lire | 19 août 2007

Dans un supermarché de mon quartier, une femme noire m'accoste et me demande quel produit elle doit utiliser pour nettoyer la moquette de son appartement. Elle ne sait pas lire et donne ce pretexte pour que je lui trouve le produit. Il faut croire qu'elle est habituée à certains articles, de la nourriture reconnaissable, recouverte de plastique transparent ou encore des boîtes présentant un dessin fidèle au produit. Elle n'est pas du tout gênée, mais ce nettoyant lui echappe, il pourrait être n'importe lequel des tubes et récipients qui se trouvent en face de nous. C'est moi qui baisse la tête, essaye de me contenir, farfouille chaque recoin du rayon en vain : la bombe en question n'est plus disponible. Je me demande comment Kafka aurait décrit cette scène, la honte qui aurait transpiré sur lui à coup sûr.

Bernard Laporte fait de la publicité pour un jambon, cela n'a l'air de choquer personne. A quelques semaines de son entrée au gouvernement, le sélectionneur de l'équipe de France de rugby est sur les ondes de radios, dans des écrans publicitaires à la télévision. On appelle cela la droite décomplexée, à l'aise, bling bling. Je voudrais savoir si le contrat publicitaire passé avec lui par la marque a été conclu avant le choix politique de Nicolas Sarkozy. Mais même dans ce cas, je suis choqué par la procédure.
Quelle crédibilité accorder à quelqu'un qui va avoir des responsabilités politiques, sportives, nationales tout en apparaissant comme un vendeur de jambon.
Le parti socialiste doit espérer en douce que l'équipe de France fasse une mauvaise coupe du monde, soit éliminée rapidement pour que l'entraîneur devenu politique ternisse l'image dorée d'un président flamboyant qui m'évoque certaines sculptures ou peintures religieuses où le personnage central a cette attitude imposante que l'on appelle "en majesté".
Mais tout de suite se superpose pour moi dans le cas de notre président un visage vernis, terne sous le masque : celui d'une poupée bling bling.

Publié par arnaultglamorama à 16:22:18 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Irak et Usa | 16 août 2007

99 soldats américains se sont suicidés en 2006 durant leur service en Irak. Les phrases qui se suffisent à elles même me conviennent très bien.

Publié par arnaultglamorama à 20:35:16 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

Florian Zeller et Interpol | 16 août 2007

Depuis le début du mois je collabore à une émission littéraire à la radio le soir. Oh pas de chronique, mon accent toulousain et mon amour des ombres ne me l'autorisant pas. Mais je vois évoluer des écrivains. Florian Zeller ce soir, il est plus jeune que moi, parle sur un ton autonome, il endort presque, noie le poisson. Pas méchant, prix inter allié en 2004, passionné de théâtre. Justifie l'idée du couple dans son roman "La fascination du pire". Beaucoup de bruit pour rien. Homme de réseaux assurément. Pourquoi pas. 

La productrice et la réalisatrice ont de l'expérience, on échange des informations, je prends mes marques. Ont de terribles anecdotes, le dessous de l'affaire, le monde de l'édition, secret des secrets. Très gentilles avec moi. On parle chiffres, noms, sorties. J'avance Rimbaud, j'ose Sollers, les présocratiques, pas trop de réponse, pas grave, je suis pas là pour cela. J'observe.

Brigitte Giraud: aime la musique anglaise, parle comme un psychothérapeute, elle a envie de comprendre, de savoir, d'analyser. Toujours des histoires de papa et maman finalement, les livres se vendent par milliers, allez hop, plus d'un prix littéraire par jour en France, rendez vous compte !
Ils sont dedans. Manies plus ou moins honteuses. Le crayon a tel endroit, pas cette couleur sur le bureau, le chat qui dort. Vénus Khoury Gatah qui écrit dans son lit, avec ses chats. Passionnante femme...Figure de salons littéraires qui n'existent plus. Ment probablement sur son âge, elle a bien plus de 70 ans...grande princesse, oublie l'heure de l'émission, descend de Ranelagh en voiture. "Mes enfants excousez moi...". Libanaise de la grande heure, prend sans cesse la défense de la poésie...
Jean Rouaud, prix Goncourt pour son premier roman en 1990, "Les Champs d'honneur". Timide, réservé, étrange.
Duong Thu Huong, la vietnamienne réfugiée en France, sauvée de la prison communiste par Danielle Mitterand back in the eighties, on s'arrache les cheveux pour savoir si les auditeurs comprennent la dame...on comprend une phrase sur deux...et puis le lendemain les mails affluent, mais oui grand succès, bravo, je suis fan, je suis heureuse, les lotus devant les yeux, je cherche la librairie la plus proche de la plage...on prend des photos, on se congratule...

N'oublions pas que l'on est au midi de l'été. Et c'est une musique sombre, hivernale, sensation de brouillard sans gêne qui s'impose. Le nouvel album d'Interpol s'intitule "Our love to admire", peut être "Notre amour à admirer". C'est le premier enregistré dans la ville d'origine du groupe : New York. Imaginez l'hiver à New York, juste cela. Une sensation pesante et compacte, le béton, le verre, une guitare électrique.

Publié par arnaultglamorama à 00:19:44 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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