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Glamorama and more

la musique la nuit

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Pete Doherty et Kate Moss | 16 novembre 2006

Ces deux filles à République qui parlent à côté de moi, étudiantes internes en hôpital psychiatrique. Elles se moquent d'un patient qui dit vouloir sauver la terre et qui fait des signes kabbalistiques. Elles donnent les détails avec des grands yeux et des gestes près de leurs poitrines, se congratulent, trouvent des explications. Elles portent des manteaux verts kaki, gros culs, tresses, pantalons larges. Je les connais par coeur. A l'université il y a dix ans je devais côtoyer des filles comme elles. Pas sexy pour un sou. Toujours se déambulant par deux comme des pigeons sur une piste de pétanque pourrie. N'allaient jamais voir un concert de rock. Fumaient joints sur joints. Idiotes éternelles. Au lit elle se contorsionnaient (il fallait tout de même que je vérifie ma théorie), poussaient de faux cris. Certaines branlaient bien, rapides, sèches comme leur corps. Fascinées par la boulimie chez l'adolescent, le suicide des enfants, les problèmes les problèmes. La différence sexuelle après le mariage. L'absence du père (leur sujet préféré pour les siècles et les siècles). Les rêves du nouveau né, les conséquences psychologiques et psychomotrices de la pauvreté... On avait des travaux à rendre en groupe, il fallait trouver un sujet en commun et c'étaient toujours ceux là qui les fascinaient, j'étais à chaque fois tout seul à vouloir me pencher sur un texte de Lacan que je lisais en cachette. Ou Freud, les textes, les textes bon sang. La base, la pensée...Regard désolé de la prof, tu vas devoir travailler tout seul. Et puis le jour de l'examen de deuxième année, le sujet tombe : L'inconscient a une structure de langage. Elles faisaient moins les malignes, elles étaient perdues, regardaient en douce ma copie.
C'est que je suivais des séminaires lacaniens. Je prenais ma Renault Cinq blanche et je disais que je sortais voir des amis. Mais je filais à l'université la nuit, je poussais des portes, je me trouvais au milieu d'analystes purs et durs et d'analysants au travail. Et là c'était un élan dans les textes. Valse du Moi, du Ca et du Surmoi. Ca m'enchantait, mon esprit bouillonnait. Dire la Vérité, entière, toute...L'assemblée ne comprenait pas trop, me regardait prendre des notes furieusement. Déréalisation subversive, références à n'en plus finir...

Vitalité à République toujours, je le croise par hasard. Il est pressé, de toute façon je n'ai rien à lui dire. On se serre la main, il connaît bien mon prénom, grand professionnel. Il a des dizaines de grammes de cocaïne sur lui, planquées dans ses chaussures, ses gants, ses plombages dentaires. Son téléphone coincé dans son casque de scooter, juste sur l'oreille. Ca me fait sourire et il s'en aperçoit.

Babyshambles lundi soir pour la fin du festival des Inrocks. Doherty joue deux ou trois titres des Libertines. Les filles lui balancent des strings, les mecs des écharpes ou des drapeaux anglais. Au bout de vingt minutes de concert Kate Moss apparaît et chante le refrain d'un titre. Elle sort de scène comme elle défile (pieds sur la même ligne pendant la marche) puis revient chanter à nouveau le même refrain après donc le couplet. Manteau en fourrure blanche éblouissant. Vraiment belle. Texto immédiat à Kate pour balancer l'info.

Hier Lemonheads, le groupe d'Evan Dando à la Maroquinerie, merci J. pour la place, tout comme celle des Babyshambles d'ailleurs. Nul doute que c'est là un groupe américain. Cheveux longs, regard vers le sol, titres courts. Ca devrait être obligatoire d'aller voir un groupe de rock américain des années 90 pour chaque indie person. Disons au moins une fois par an.
 

Publié par arnaultglamorama à 00:06:28 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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