Les Inrocks la suite, soirée furieuse.
A la Cigale tout le monde se prépare à voir les Pipettes et en attendant tout le monde écoute le concert de Plan B. Un anglais blanc qui a écouté du rap et qui sait jouer de la guitare il n'en faut pas plus pour que les directeurs artistiques se soient affolés il y a quelques mois en espérant trouver le nouveau Mike Skinner monsieur The Streets. Sur scène le voilà qui enchaîne un titre au micro en rappant d'une façon non douce et un morceau seul à la guitare acoustique comme un...adolescent.
Voilà les trois filles de Brighton, jupes à pois collants noirs, le backing band s'appelle The Cassettes. "On est venues ici pour vous faire danser ! " Le problème c'est qu'elles sont tellement jolies que l'assistance ne bouge presque pas, figée devant leurs danses et leurs trémoussements sur scène. Désaccord fondamental avec A. sur la pipette à mettre dans son lit, blonde à lunettes contre blonde sans lunettes. A. est plus jolie qu'elles de toute façon et la pipette qui irait dans son lit y gagnerait au change. Clap your hands if you want some more, clap your hands if you want some more. Ca y est les spectateurs lèvent les bras. Certains prennent pour eux les paroles du titre Judy :
"Judy, que va tu faire quand tu seras vieille et que personne ne voudra plus te connaître ? Je prendrais soin de toi si tu prends soin de moi."
Tête d'affiche de la soirée, le come-back de Jarvis Cocker. Les morceaux sont fidèles aux derniers albums de Pulp son ancien groupe. A un moment il dit : "J'ai quarante trois ans et je suis content." Il danse sans cesse, toujours les mêmes mouvements qu'il est le seul à maîtriser, à base de contorsionnements rapides, de vrilles et de flexions des bras et des mains. La foule applaudit le retour réussi de l'anglais et j'applaudis cette foule.
Vite il faut aller voir Sean Lennon, fils de John et Yoko, à la Boule Noire. Sam est des plus malheureux de devoir aller au Baron pour le karaoké qu'il organise les dimanches soirs et de ne pas assister au concert. Ce qu'il ne sait pas à ce moment là c'est qu'il va jouer avec Sean Lennon quelques heures plus tard au Baron justement et que cela sera féerique.
Le concert est moyen, pas assez de volume semble t'il, les gens sont déçus et ils boivent de l'alcool, prennent de la cocaïne ou font la queue à l'extérieur de la salle, jauge explosée, la valse des badges a ses limites, beaucoup ne sont pas rentrés.
La malicieuse C. est dans le coin, il y a aussi S. et V. d'Autour de Lucie, J. n'est pas loin non plus.
Nous voilà à l'after show minable de Jarvis au KitschUp à Pigalle. Avec Beigbeder et C. on commande des vodkas qu'on boit très vite et on part sans payer, parce que c'est comme ca et qu'il faut aller au Baron on veut chanter Wonderwall, je suis toujours très en colère que Beigbeder ait chanté le titre mardi dernier alors que nous devions le faire avec Kate, cette fois on est réconciliés. Le taxi nous mène vers l'entrée rose du club dans l'allégresse. "Vous pouvez mettre du rock monsieur le chauffeur ? Du ROCK." Coups de fil de une heure du matin bonsoir tu ne m'a pas oublié tu es mon plan C. ou D. je sais plus on se voit ? On veut s'arrêter dans des sex shops mais on ne sait pas si on pourrait trouver la fente pour la pièce. Il ne faut pas oublier de se moquer de Christine Angot et de Doc Gynéco. L'ennui ce n'est pas qu'ils aient couché ensemble finalement, mais que cela ait eu lieu à Brives. En entrant on crie ou plutôt on hurle Nous sommes venus pour chanter où sont les micros ?
Maybe you're gonna be the one that saves me and afterrrrr all you're my wonderrrrrrwall
Applaudissements fournis et plus intenses que sur l'ensemble des concerts du soir à la Cigale
+ de vodka, avancée dans l'ébriété violente puisque désormais ce sont des shots qui tournent. Beigbeder a cette réplique excellente en apportant les verres : "Je sais recevoir hein ?"
Sam est donc à un moment à la guitare et Sean Lennon au chant et cela s'inverse aussi, tout le monde danse et s'aime, c'est ce qu'on appelle une fête : un point de joie dans le temps. Lennon branche une guitare sur l'ampli pendant que le DJ joue quelques titres, le voilà qui se met à la batterie et qui suit les beats.
Il faut qu'on chante un titre de Polnareff, on s'exécute.