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Glamorama and more

la musique la nuit

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Richard Borhinger et Arthur Rimbaud | 24 octobre 2006

Vous faites quoi la nuit, vous dites de manière bien ringarde "c'est beau une ville la nuit" (imaginez un peu Richard Bohringer qui vous susurre cela avec son haleine alcoolisée), vous masturbez votre petit(e) amie, vous regardez la télévision, vous pensez à la fin de l'univers et à la météorite dont je parle plus bas, vous vous réconfortez en pensant à l'argent que vous avez, vous voulez tout changer pour devenir graphiste parce que finalement le dessin animé c'est cool et cette expo Disney vraiment on apprend quantité de trucs ?
A quel moment et de quelle manière vous endormez vous ? Comment votre corps prend il place dans la ville ?

En mai 1872 Rimbaud a 17 ans, il habite rue Monsieur-le-Prince, il écrit à Ernest Delahaye quelques semaines plus tard :

"Maintenant, c'est la nuit que je travaince. De minuit à cinq heures du matin. Le mois passé, ma chambre, rue Monsieur-le-Prince, donnait sur un jardin du lycée Saint-Louis. Il y avait des arbres énormes sous ma fenêtre étroite. A trois heures du matin, la bougie pâlit ; tous les oiseaux crient à la fois dans les arbres : c'est fini. Plus de travail. Il me fallait regarder les arbres, le ciel, saisis par cette heure indicible, première du matin. Je voyais les dortoirs du lycée, absolument sourds. Et déjà le bruit saccadé, sonore, délicieux des tombereaux sur les boulevards. - je fumais ma pipe-marteau, en crachant sur les tuiles, car c'était une mansarde, ma chambre. À cinq heures, je descendais à l'achat de quelque pain ; c'est l'heure. Les ouvriers sont en marche partout. C'est l'heure de se soûler chez les marchands de vin, pour moi. je rentrais manger, et me couchais à sept heures du matin, quand le soleil faisait sortir les cloportes de dessous les tuiles. Le premier matin en été, et les soirs de décembre, voilà ce qui m'a ravi toujours ici."

De minuit à trois heures, Rimbaud écrit, il travaince. Entre trois heures et cinq heures, il contemple, il est silencieux, il lui faut regarder le spectacle de ce qui est la première heure du matin, bien avant le lever du soleil. C'est une nécessité, c'est obligatoire, la fenêtre est là, les ouvriers commencent à se lever, les dortoirs sont sourds. Le vrai matin est dans le creux de la nuit. Puis ils se lève, va dans la rue, boit du vin dans deux ou trois endroits différents, mange un peu, c'est le retour déjà vers la chambre, le soleil va se montrer, il va alors dormir.

Publié par arnaultglamorama à 00:03:52 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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