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Soirée au Batofar, excellent groupe espagnol Dolerian, entre les Rapture et !!! (mieux vaut une copie des Rapture au groupe lui même finalement).
ML., prénom qu'elle a dû traduire du suédois. Brune, yeux bleus, 22 ans. Bottes noires, jupe orange et rouge assez sixties, manteau rouge. Elle parle français, anglais, espagnol, italien. Rencontrée il y a quelques semaines à la sortie d'un club, envie immédiate de l'embrasser à la seconde où je l'ai vue, fascination du cervelet, parlez d'amour si vous voulez, je me sens un coeur à aimer toute la terre (Dom Juan), c'est pas prêt de s'arrêter, chacune confirmant la prochaine, mais là on est dans le coeur du fantasme...Oui, la Suède. Va publier son deuxième roman si sa maison d'édition veut sortir ce qu'elle annonce comme un roman "des plus vulgaires" (imaginons à loisir le terme dans la langue originale !). L'histoire ? Une jeune suédoise s'installe à Paris, elle est enceinte. Elle rencontre un garçon prénommé Arnault dans un bordel (qu'on me brûle sur le champ si je ne dis pas la vérité, même orthographe...!). Différentes perversions, pas de fil d'histoire, ils s'aiment, fin heureuse.
On regarde l'aquarium dans la salle du fond, bière, silence et musique, collants noirs rayés, frange bénie, lèvres de perle. The Stills, Editors, Interpol. On s'embrasse doucement.
Comme chaque fille que vous rencontrez vous fait aussi revisiter en pensée les filles que vous avez croisées dans votre existence, je pense à S. qui était danoise et avec qui j'avais flirté il y a quelques années. Là aussi quelque chose d'évident, je m'en souviens à l'instant, elle était passée dans le musée où je travaillais, regard à travers la fenêtre, cour discrète, numéro de téléphone, rejoint sa classe devant un tableau de Picasso et puis le soir parking dans Toulouse, lettres...
Alors quoi ? Fantasme récurrent de l'européen moyen concernant les beautés du nord ? Oui, complètement, en plein stéréotype, pure plastique, très classique. J'ai une grande capacité à généraliser, à confirmer les habitudes de séduction, c'est comme ça, c'est pas inventé voyez vous, il y a quelque chose qui se passe avec elles...ce sont les noires du nord, leur charme est évident.
Les latines hurlent au scandale...
Quoi ? Suédoise même pas blonde ? A quoi bon? Ecrivaine ? Encore une invention !
Ou alors c'est un coup de la nature, détermination biologique, s'éloigner le plus possible de son patrimoine génétique, croisement à opérer avec ces filles là, direction le nord toute !...Pas si loin que ça du pôle, aimant direct, radical, prioritaire ! Attirés par les étoiles, les voiles, que des choses suédoises...En avant, ami ami avec les vikings, au delà des siècles, on fait la paix on est de la même famille finalement...qui sont-elles ces filles si grandes et si belles ? Contes d'Andersen, mannequins pour l'éternité, sirènes mais oui mais oui...Et le langage, absolument hors de portée, minéral et plus exotique qu'un dialecte arabe ou australien. Et l'accent, tout rentré dans le cerveau, intime, doux, ce sont les lèvres qui dirigent les mots, les yeux aussi, à mille lieux d'une italienne qui vous aiguisera avec ses expressions et ses mains ou d'une espagnole qui s'engouffrera dans ce qu'elle vous raconte en hochant la tête à chaque seconde. Sans parler des anglaises avec qui on a vraiment trop couché, qu'on connaît par coeur, nos vraies cousines ne sont pas canadiennes mais bien anglaises, nouveauté des dernières décennies, qu'on se le dise...passons par dessus l'Angleterre sans hésiter...Suède, Norvège, Danemark, ajoutez même l'Islande si ca vous chante...Titre de roman à écrire pour mes suiveurs dans les siècles à venir : Eloge de la jeune suédoise brune.
A fait Barcelone Paris en autostop : "Le type, un camionneur, plaisait à ma copine. Le matin au réveil il était en train de se masturber, on l'a tapé avec des bouteilles de vin. Il lui suffisait d'attendre, il a tout gâché."
Elle me montre des photos de l'île sur laquelle son père a un élevage de chevaux. Là voilà, dix huit ans, portant un chapeau noir, grand sourire, près de trois élégants chevaux aux yeux de diamant qui se découpent sur le paysage gris et blanc de cabanes, d'arbre et de ciel.
"-Tu étais mariée à dix huit ans ? (je remarque la bague qui brille sur la photo noir et blanc)
-Fiancée durant trois ans."
Elle détourne le visage, pas d'autres questions, pas de gêne, de toute façon ça ne m'intéresse pas, je vois les bulles de l'aquarium qui bullent à travers ses cheveux, près de son cou. Je remarque qu'il n'y a pas de poissons.
Publié par arnaultglamorama à 16:15:15 dans Glamorama and more | Commentaires (0) | Permaliens