Les débuts d'une relation. Disons un flirt de plus de deux semaines. Humain après tout ? Pas sûr. C'est une fille qui me ressemble. C'est cela qui me plaît. Un coup de fil par là, une esquive, des informations à échanger. Mais aussi des textos dans l'après midi, des messages sur Myspace, un humour implacable, des métaphores filées sur France Gall. Quel vêtement à quel moment ? La couleur blanche qui lui va si bien. Les copines délurées, le non sens fondamental de tout ca. La gratuité et la fête.Allons c'est reparti dans le nombrilisme, et vas y qu'il parle de ses conquêtes, de ces soirées dont on ne sait pas si ce qu'il dit est vrai ou pas, de tous ces morceaux de musique qu'il doit passer des heures à télécharger, impossible d'y voir clair dans son jeu, et puis de plus en plus de redondances sur lui même, des hésitations à n'en plus finir sur l'avenir de son blog dont il doit mentir sur la fréquentation, c'est évident.La fille qui m'a menacé avec des skinheads, souvenez vous, à la soirée hier. Elle vient me faire la bise avec un regard de chien battu, je suis à côté de la cabine des filles DJ, je parle avec une amie de C. Elle dit :"Ah bonjour Monsieur..." Elle semble hésiter, elle veut me donner un nom mais elle ne sait pas trop. Monsieur l'Enculé ?(comme dans ses mails et textos d'insultes) Monsieur Charme ?(Je porte tout de même un pull noir rayé de blanc flambant neuf sur une chemise blanche, vieux jean Levi's parfaitement adapté aux jambes, Converses blanches à scratches) Monsieur Je t'aime encore ?(Elle s'accroche à la conversation pendant qu'on essaie de l'éviter, me dit qu'elle m'a vu depuis une demi heure et me demande si je l'avais remarquée, ce à quoi je réponds par la négative) Elle finit par partir, désolée, malheureuse, l'au delà de l'agressivité. Et puis elle se reprend, dernier petit jet de bile là derrière ses yeux, ca l'irrigue un peu : "Je vais voir le concert de XXX demain, avec ton pote YYYY." Elle tente le coup de la jalousie transversale, mais non ma chère, ca ne marche pas avec moi. Si tu as été jalouse que je sorte avec une amie d'une de tes amies, tu peux même tenter de séduire un ami, je mords pas à l'hameçon.
Scène classique de la peinture moderne. (Tableau à exécuter, j'en donne l'idée aux peintres qui liront ceci, avec des détails, ce qui est agréable vous en conviendrez) Martin Rappeneau et Camille improvisant quelques titres sur un piano désaccordé d'un endroit où l'on peut boire du vin dans le 11ème arrondissement. Les murs sont bleus marine et bleu clair, il y a des bouteilles de vin partout, un serveur qui découpe des tranches de saumon sur des assiettes couleur chocolat. Ce que je fais là ne regarde personne, pas plus que ce que je pense des artistes cités. Il ne s'agit que d'une note pour un peintre que je ne connais pas. C'est deux mille six pour les gens qui n'ont pas besoin de regarder des sitcoms puisqu'ils les vivent tous les jours. L'univers est simple, tout est ordonné. On cite allégrement Véronique Sanson, Michel Berger, on est tous très beaux et on a bien fait de s'accrocher à l'Ecole de Commerce, ca commence à porter ses fruits. Ils sortent de scène (Café de la Danse) où ils ont interprété "La fièvre" de NTM, Camille dansant comme si elle avait treize ans, ce qui n'est pas important.