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Glamorama and more

la musique la nuit

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Arthur Lee et l'amour | 11 août 2006

Arthur Lee est mort d'une leucémie il y a quelques jours. Il était le leader du groupe Love qui a composé trois albums dont le plus fameux est le "Forever changes" de 1967. On considère que c'est la réponse américaine au Strawberry des Beatles. C'est bien plus qu'une réponse, c'est une mise au point que le groupe créa cette année là sous le soleil orange de la Californie : on oublie les Doors, Captain Beefheart et Frank Zappa. Si si j'y tiens.
"-Il s'appelle comment ton groupe ?
-Amour.
-Tu te prends pour qui ?"

En fait Arthur Lee pense qu'il va mourir dans l'année où le disque est écrit. Ce sont en quelque sorte les dernières paroles, le fameux troisième album d'un groupe dont on pense qu'il ne sera jamais vraiment étincelant. Vous en connaissez autant que moi des formations qui ont du talent sur leur premier album, trop d'argent pour enregistrer le deuxième et forcément une quantité importante de drogues quand la bise fût venue frôler la porte du studio d'enregistrement du troisième.
Dans Forever Changes que vous pouvez tout à fait traduire (vous étiez en train d'y penser) par Changements éternels on a des orchestrations puissantes, des guitares fines, un chant aérien, rien de moins.
"I think that i could fall in love with almost everyone. I think that people are the greatest fun."
Ou même, des plus actuels:
"More confusions, blood transfusions, the news today will be the movies of tomorrow."

Août 2004 Bénicassim en Espagne, Arthur Lee est entouré d'un jeune groupe, il joue sur une petite scène (le scandale) Forever Changes. Il sait probablement déjà qu'il a une leucémie, ca n'a pas d'importance, ca ne retient pas sa consommation de cocaïne, les musiciens sont vraiment lassés, le guitariste doit chanter à sa place sur la majorité des titres, ils remontent sa sangle de guitare, le positionnent face au micro, l'encouragent comme on encourage un vieillard à signer un testament. Il a un bandeau gitan sur les cheveux et même un chapeau noir, il est fabuleux.
Comme les gens sifflent ce qui leur semble une mascarade, il refuse de continuer à jouer, sors du plateau en marmonnant, comme je suis sur le bord de la scène je vois bien une sorte d'infirmière lui préparer deux traces de coke vers les loges. Il revient, enchaîne les titres avec un peu plus d'allant et quand le concert est terminé il ne veut plus sortir de scène, insulte le public qui est déjà parti voir un concert sur un autre site du festival. On est trois à l'applaudir en l'accompagnant vers l'extérieur, il nous serre la main, un clin d'oeil qui veut dire : l'histoire jugera.
Dans "The red telephone”:
"If you want to count me, count me OUT."

Publié par arnaultglamorama à 01:11:33 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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