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Glamorama and more

la musique la nuit

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Galliano et un mot sur un mur en moquette | 15 juillet 2006

E. dont le prénom est si beau. Encore que je ne puisse pas dire qui est cette jeune fille.

Rencontrée dans "l'arrière scène" du Paris Paris, vient, comme tant d'autres, de s'installer ici. Etait à Perpignan. Sa robe est noire, à pois rouges et bleus. Cheveux bruns, queue de cheval portée fièremment. Derrière elle, sur le mur de moquette rouge, un mot est tracé : LUCIDE. On est dans un cabinet de curiosité ouvert pour la nuit. Vrai journée du patrimoine, en pleine nuit. Pas de videur à l'entrée de cette porte, au fond du club. Elle me donne son mail car il est tard, la première partie de celui-ci contient le mot homéostasie.
La définition : l'homéostasie se définit comme la capacité de l'organisme de maintenir un état de stabilité relative des différentes composantes de son milieu interne et ce, malgré les variations constantes de l'environnement externe. 
Exactement, on ne pourrait pas l'inventer : son port assuré (ligne de dos), sexy (front, cou, menton, yeux noirs) et le bruit autour de nous (guitare acoustique et chant de divers énergumènes, jets de sandwichs destinés au groupe du soir, assemblée de cinq personnes qui passent quarante cinq bonnes minutes à se prendre en photo dans diverses positions ca-va-pas-comme-ca-plus-près-on-voit-pas-les-seins-de-Clémentine-qui-est-ce-qui-est-en-train-de-me-toucher-point-d'interrogation)

Je la complimente sur le choix de ce mot pour son mail tout en le notant. Et puis comme elle sourie et qu'elle est très jolie :
"- Tes joues sont belles au milieu des colliers.
- Merci.
- Ton cou est beau au milieu des rangées de perles.
- J'ai en effet tout ce qu'il faut."


"- Mais enfin personne ne va croire tes histoires. Quoi ? La franche camaraderie, laisse moi rire bien fort. Pas dans ce genre d'endroit, pas possible tout bonnement. De la racaille du septième arrondissement oui...de toute façon c'est du buisness, tu vas pas me la faire à moi...listings commerciaux doublons de liste d'entrée au Paris Paris oui ! Et puis plus personne ne sort...contamination américaine depuis septembereleventh...les gens on peur, s'ils sortent c'est juste pour se montrer...rien de nouveau sous les soleils artificiels de la nuit parisienne..."

Mais c'est la fête. Le vrai défilé est là, depuis toujours. Le seul valable d'ailleurs, autant jouer la comédie jusqu'au bout. Donc j'en rajoute des tonnes quand je fais rentrer L. et L. devant une trentaine de personnes agglutinées devant les videurs, je les sauve des eaux, les gens me regardent d'un oeil envieur ou irrité, peut être même les deux à la fois, ils crient "On est sur la liste". Certains sont près à payer pour rentrer, à donner leur petite amie, ils savent qu'ils en trouveront une nouvelle à l'intérieur, plus jolie, elle aussi étudiante en droit, ca ne changera pas trop dans la famille, maman, s'il le faut, ne s'en apercevra pas, alors oui, il y en a un sur la droite, je le vois en embrassant L. et L., il pousse sa copine vers les videurs, tire son string au dessus de la ceinture du jean, fais rebondir ses seins sur la barrière qui bouche l'entrée, fais des signes au chef videur, pense que ca peut marcher. Sauf qu'on est pas à Saint Tropez. La meilleure soirée de l'univers aura lieu quand les gens invités ne pourront pas tous rentrer. Au dernier défilé de Galliano, sous les titres de The Killers (I'm breaking my back just to know your name...) des filles habillées en homard filent sur le podium. Ce soir c'est pareil, il suffit de laisser traverser les métaphores, d'imaginer là aussi Dali derrière les scènettes. Il y a des photographes qui cherchent et trouvent la posture, le sourire, comme dans les backstages du défilé.
Qu'est ce qu'il dit Galliano d'ailleurs ? Qu'il évoque les femmes "à travers les époques, maîtresses de leur destin." Beau résumé John.

Publié par arnaultglamorama à 00:32:19 dans Glamorama and more | Commentaires (0) |

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