Texto de M. : "Je te signale que je suis en train de me carresser en pensant à toi." Je réponds : "Il faut que cela soit bien fait dans ce cas." Cinq minutes après : "Je m'applique, je suis rigoureuse." Puis, un peu plus tard : "C'est fait."
C'est la jeune comédienne, le truc classique, la chambre de bonne à République, le père grand acteur alcoolique, le conservatoire, n'aime pas passer des soirées avec des "Viaïpy" comme Clémentine Célarié amie de sa mère, parce que décidémment c'est pas son genre, tout le monde est faux blablabla. Elle est grande, brune, je vous en ai déjà parlé il y a un moment (le vomi dans le théâtre). Il y a quelques années elle me faisait essayer toutes ses copines et se mettait à les détester ensuite. On se touchait avant de travailler le soir, on était ouvreurs dans un théatre. M'avait même prêté son lit pour que je couche avec sa meilleure amie Lo. petite et dont le visage était celui d'un ange (un ange, je parle bien d'un ange.) Elle se détestent désormais, forcément, elles sont toutes les deux "comédiennes".
Texto de L. dans la nuit : "Le Paris Paris sans toi c'est comme une tarte aux fraises sans fraises."
Diverses tractations pour la rentrée à la radio. Dîner de fin de saison avec des gens dont je ne peux pas trop parler. Et puis si, tout de même, Sous many DJ's, ceux qui voient de qui il s'agit comprendront. Il veut arrêter les bootlegs, ce qu'il aurait dû faire il y a trois ans, peut être quatre, pour éviter d'être out out out. Il est pas méchant, assez simple, a pris un gros cachet (d'artiste) sur une soirée sponsorisée par une grande marque de téléphone dont vous avez vu les affiches dans le métro et qui avait lieu dans un endroit prestigieux. Soirée ratée, tout le monde part aprés Franz Ferdinand, ou pour être plus précis aprés s'être fait photographié en compagnie de Franz Ferdinand devant le panneau publicitaire blanc et bleu comme il est écrit sur le contrat d'image de la soirée. Tout les people se voient offrir un portable à mille euros, la plupart sont là pour cela et seulement pour cela d'ailleurs, il n'y a pas de honte. Dieu n'existe pas donc tout est permis. Un responsable prévient même notre sous many DJ qu'il "ne veut pas le voir avec un autre portable durant un mois partout où il peut y avoir quelqu'un qui puisse être susceptible de le prendre en photo ou de reconnaître qu'il est lui même, en personne, SMDJ."
On l'imagine mixant devant une cinquantaine de personnes qui sont posées sur du marbre ? On le voit poser le portable bien en évidence, tenter de capter un signal à l'intérieur de cette prestigieuse enceinte ? Essayer d'appeller sa messagerie où ne l'attend aucun message, juste pour que ca fasse un peu de lumière, peut être uun bruit qui se perdra dans la salle, entre deux bootlegs? On entend le son plastique et qui déchire les oreilles d'un mix dans une salle dont le sol est de marbre ? (Justice, qui joue aprés, a tout compris, il faut salir la soirée, essayer d'avoir le son le plus pourri possible) Un dernier coup d'éclat pour SMDJ : il prépare un album de bootlegs de Téléphone, le groupe, tout est vrai, c'est pas des blagues, allez à la fnac en octobre, il y aura un album de bootlegs du groupe Téléphone. Je ne sais pas quoi écrire de plus à ce sujet, peut être qu'il n'y a pas besoin. Attention, je ne me moque pas, c'est un type agréable, pas trop prétentieux. Mais ces situations sont énormes.
Au même dîner un écrivain annonce qu'il travaille sur un roman qui se finira dans le déluge de la Nouvelle Orléans. La femme en face de lui et à côté de moi parle d'un auteur de chez P.O.L, il "capture l'essence du rapport homme femme, la subtilité du rapport, l'angoisse existensssielle qui nait de ce rapport, et très bien retranscrite dans son texte." Comme je relis en ce moment "Femmes" de Sollers et comme j'ai du mal à me taire (il faut toujours se taire, on est jamais assez muet) je dis que c'est là le roman le plus lucide sur la grande affaire, qu'il est urgent de le lire, vingt trois ans après sa parution, dans une période ou une femme va peut être accéder à la présidence de la République. Ils parlent tous les deux en même temps et pourtant j'entends très bien ce qu'ils disent et que voici :
L'écrivain (qui collabore aussi au Figaro) : "Sollers est trop intelligent pour écrire des romans, par contre ses articles dans Le Monde sont excellents."
La femme : "Sollers ? Non."
Je me souviens à ce moment là, entre un verre de vin italien et trois coupes de champagne de Philippe Sollers venant présenter son livre sur Dante dans le théâtre dont je parlais plus haut. Il esssayait de se concentrer, il était fatigué. Juste avant de répondre à la première question, il serait les poings, il faut toujours convaincre, défendre l'essentiel, défendre l'infini.