Trés grosse soirée au Paris Paris, une de plus dirons les voyous en tous genres. C'est Housse de raquette qui jouait hier soir, déguisements de tennismen (biensûr), chansons rock, bon esprit. Il y a les Hushpuppies et les Plasticine dans le club. Il y a aussi des filles qui ont quatorze ans et qui passent leur soirée à regarder qui est connu, elles ont une position stratégique en bas de l'escalier de lumière que les nouveaux arrivants descendent fièrement. Il y a M. qu'un de mes amis a baisé il y a peu et qu'il croise d'ailleurs régulièrement un peu partout la nuit dans Paris en essayant de l'éviter, comme ce soir. En deux centièmes de secondes elle me demande en regardant le bracelet du Furia Sound Festival : - "C'est quoi ca?" Je lui réponds. Elle essaie de déterminer si la couleur rouge est celle des VIP dans les deux centièmes suivant.
Il y a aussi N. qui va partir dans quelques semaines à Sydney, je l'ai rencontrée à la BNF pour la fête de la musique. Elle me dit à plusieurs reprises dans la soirée que je lui ai dit une phrase qui l'a vraiment marquée : "Il y aura toujours un parapluie entre toi et moi." Il s'agit d'une phrase-type, utilisable à volonté : il y aura toujours ton petit ami entre toi et moi, il y aura toujours un pays entre toi et moi, il y aura toujours des problèmes de drogue entre toi et moi. Il y a quelques années, trés amoureux d'une fille splendide, encore plus ou moins adolescent, je lui disais : "Il y aura toujours la psychanalyse entre toi et moi." S'en était suivi un regard d'une violence maléfique contre moi, puis des pleurs et puis sa décision d'entrer en psychanalyse. N. donc m'invite à sa soirée la semaine prochaine, elle a de petits seins mangeables (vus vers 5 heures du matin près d'une fontaine à Opéra), un doigt blessé "Je retrouverais la sensation du doigt dans dix ans.", des fossettes sublimes, une queue de cheval violente, un sourire coquin. Elle me demande si je serais pas quand même un peu pédé comme tous les garçons, je réponds que je serais pédé quand j'aurais 65 ans. Elle estime un peu plus tard en ayant raison que la fille en jupe blanche à pois verts devant nous m'excite. En fait c'est le fait que cette fille se met en scène complètement : elle danse sur Nirvana ou Gorillaz ou Daft Punk, elle s'assoit quelques secondes, met ses mains et ses coudes entre ses cuisses, regarde si on la regarde, hésite un peu à ouvrir ses jambes déjà si écartées, vérifie à nouveau que c'est bien son corps qui fait cet effet là sur les autres et sur elle même, va chercher un verre de vodka, danse à nouveau...
Oui N., cette fille m'excite, c'est entendu, et ce n'était pas la peine de me le faire remarquer pour m'avouer implicitement qu'elle te plait aussi..d'ailleurs tout le monde est sexy au Paris Paris, la file d'attente à l'entrée est la frontière de la coolitude. Vais je être cool ce soir ? Suis-je suis la liste des deux cent cinquante personnes qui seront cool cette nuit ? Surtout pas trop de people, des trentenaires journalistes, des filles sexy et qui s'embrassent, une horde de gens qui font du droit (c'est le cas de N.), les groupes indés du moment amis pour quelques mois avant qu'un d'entre eux soit signé sur une major, là ce sera la guerre, vous connaissez la chanson de Morrissey "Your friends will hate you when you become successfull". On est mardi soir et on est au bcbg ou dans un cratère bruyant de la lune, le dj est torse nu et tout le monde boit de la vodka : tout le monde danse sur les fauteuils du Paris Paris.