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François Hollande arrive vers 18 heures derrière le cordon de CRS, je lui dit où se cache Julien Dray. (Dans l'immeuble Jaques Chaban Delmas au dessus de nous.) Il est un peu perdu, il improvise plutôt bien devant les quelques journalistes et les manifestants qui l'interpellent, évidemment il est très maquillé, certains se moquent. Autour de l'attroupement je commence à parler avec un garçon qui l'insulte de maniére confuse. Il a mon âge et il ne sait pas ce que veut dire "nihiliste", je vous laisse imaginer l'échange en ajoutant simplement que l'adjectif s'adressait à lui. Il me dit que je suis socialiste. Voilà ce que j'aurais du lui dire: "Dans toute haine se cache la dépendance la plus insondable à l'égard de ce dont elle voudrait au fond constamment se rendre indépendante, ce qu'elle ne peut pourtant jamais faire et qu'elle peut toujours d'autant moins qu'elle hait davantage."(Heidegger. Qu'appelle-t-on penser?)
On prevoit avec L. de boire du champagne dans la manifestation de mardi prochain. Elle est très à l'aise, elle tend son micro comme si elle s'adressait à des enfants dans une fête forraine.
La mesure de l'agitation autour de moi, l'étendue de la foule rendent plus profonde et plus nécessaire ma lecture de Heidegger la nuit. Je vérifie ce soir là que tout le bruit de la journée s'appuie sur le silence de 3 heures du matin.
Spectacle d'Omar et Fred à la Grande Comédie, Omar est trois fois plus drôle que Fred.
Le lendemain soirée avec E. dans un appartement où on doit retrouver C., bassiste d'un groupe que je ne peux pas nommer. Il y a là le chanteur espoir de la scène rock, accompagné par la jolie brune qu'il vient de faire entrer dans le Crack. Elle en a perdu la parole, elle s'assoit sur un frigo rouge. Quelqu'un prend des photos de ses talons. C'est un garçon qui a les lèvres si percées qu'on confond de longues minutes avec du rouge à lèvres noir. Sur une étagère tapissée de rouge je fouille dans un petit porte monnaie rose et j'y trouve trois pailles, un billet de dix euros et un de cinquante. Je bois du Chardonnay et je parle avec une fille qui s'appelle Mélody et qui porte comme toutes les filles de la soirée un jean moulant avec un dessin rouge au niveau des fesses. Comme un tatouage externe. Elle tient absolument à ce que je sache que son prénom se termine avec un "Y". E. pose des questions techniques à C. : "Combien d'albums vendus? Qui détient les droits du titre écrit pour Indochine?". Elle fait exactement ce qu'il y a à faire avant d'être ivre. Une vingtaine de personnes sont comédiens ou vont le devenir, cinq ou six autres le prétendent (différence entre ceux qui ont les numéros et ceux qui les cherchent). On donne à E. et à moi un disque d'un groupe nommé "Sugarbeans" (inécoutable, très mauvais Dandy Warhols.) accompagné de cocaïne et de cartons d'invitations rouges pour un concert à la Scène Bastille où il est écrit en très gros caractères "Invitation X 2". N'allez jamais à un concert dont le carton est écrit en anglais si le concert a lieu à Paris et, pire, si le "cost" de l'entrée est de cinq euros. Une fille aux yeux exhorbités me caresse la jambe en me demandant comment faire des voix à la radio, elle a elle aussi une démo dans son sac rouge. Elle dit "je suce mais je veux pas me faire enculer, je veux pas me faire enculer".
Publié par arnaultglamorama à 11:59:33 dans Glamorama and more | Commentaires (1) | Permaliens
29-03-2006 10:39
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Humm humm