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Plusieurs vraies illuminations.
Au nord ouest dans les montagnes de Magaliesberg, cent fois plus vieilles que l'Himalaya
et formées à partir d'un volcan intérieur de la terre. Une sorte d'Auvergne à l'envers.
Au loin, le flanc sombre d'une imposante colline découvre une myriade de points
et de traits géométriques. En s'approchant c'est une rangée de soldats que l'on
croit disposée parfaitement et prête à tomber sur des ennemis plus nombreux. La
perfection de la formation puissante et implacable ne laissera aucune chance de
sortie de terrain aux guerriers qui lui feront face. Ce sont plusieurs hectares
d'Aloe Marlothii qui font illusion dans le silence de leur posture. Mais les
collines voisines sont vierges de ces arbres et je crois voir des soldats
préparés et éduqués par Sun Tzu, ici, dans l'hiver de l'Afrique du Sud. Une
armée nombreuse et silencieuse d'une force démente.
Réserve animalière de Pilanesberg à la tombée de la nuit. Le chauffeur du 4x4 coupe
le moteur et le véhicule glisse doucement dans le froid du crépuscule à mesure
que le bruit du moteur s'estompe. C'est qu'un animal s'approche, aussi
silencieux que nous, à vingt mètres.
Deux cornes de kératine, un corps lourd et agile. C'est un rhinocéros noir, un
des plus rares au monde. La bête est agressive, solitaire, furieuse. Et
silencieuse. Les deux billes des yeux sont figées, les pattes foulent le sol
sans bruit et le corps file droit dans l'herbe, par petites accélérations sans
dévier sa course, comme si celle-ci le conduisait au bout du temps dans le fin
fond du fin fond du plus lointain futur, comme si ses chromosomes laissaient
présager sa route depuis la préhistoire qui a vu naître sa race. Il a tout son
temps le rhinocéros noir, il est absolument inattaquable ; un coup de corne et vous êtes propulsés à cinq
mètres au dessus de lui. Un éléphant ? Il attaque au foie. Un des animaux
les plus cités par Lautréamont. Le peintre vénitien du dix huitième Pietro
Longhi et son tableau « L'exposition du Rhinocéros », chef d'œuvre de
la scène de genre montrant le premier rhinocéros vu par des européens et exposé
dans une foire. L'autoportrait discret de Longhi, seul à regarder vraiment l'animal,
à droite, à côté d'une femme accompagné par son gigolo officiel...
Au théâtre lyrique de Johannesburg
c'est la fête. La restauration du lieu a coûté vingt millions d'euros et est
plutôt réussie. Le lustre dans la salle est imposant, cliquant à bon escient.
Miss Afrique du Sud 2007 est accompagnée par son gigolo qui finalement est
peut-être son petit ami officiel. Elle est blanche, a dû trop grossir depuis l'élection,
la vie est dure, elle voudrait être dure avec la vie mais elle est trop
gentille, elle n'avait pas envie de venir à cette soirée ou alors elle pensait
à cette soirée depuis plusieurs jours pour redorer un blason fané, elle essaye
de capter le regard et l'objectif des photographes sans succès...ils sont trop
occupés par l'arrivée de mister Afrique du Sud 2008 qui profite de son quart d'heure
de gloire auréolé de gel coiffant proéminant et mis en valeur devant des
caméras excitées. Miss Afrique du Sud 2008 arrive bientôt, elle est noire et
belle. Bonheur d'être dans une soirée VIP sans reconnaître le moindre VIP à
part les corps ciglés (miss et mister). Madame la femme du producteur, robe
rouge éclatante, ses seins ont cinquante ans et donnent tord à l'utilisation du
viagra (plusieurs types jettent des pilules après lui avoir parlé). Elle se
taperait bien un journaliste français madame la femme du producteur, elle est
enchantée, demande sans cesse si j'ai une question pour elle, fait signe aux
serveurs de remplir ma coupe de champagne et m'explique dans un sourire figé la
sortie de prison de Mandela. « J'étais avec ma mère devant la télévision
et on voyait ce terroriste entouré de gens qui l'applaudissaient dans la rue et
on se disait que les gens étaient devenus fous et qu'ils ne comprenaient pas
que Mandela était dangereux. » Je pense qu'elle voit un peu que cela me
choque. « On a beaucoup évolué depuis et nous avons encore des efforts à
faire ».
Mesdemoiselles les filles du producteur. Samantha la brune, Natasha la blonde.
«- Je suis dans une école de commerce à Dublin.
-Je suis dans une école d'art dramatique à Capetown. »
Elles multiplient l'image de la réussite de leur père dans l'avenir en se
divisant la base de son métier.
« -Alors toi tu vas gagner beaucoup d'argent et toi tu ne sais pas encore ! »
On rit et comme je me plains de ne pas avoir vu de lion dans le parc de Pilanesberg
elles me disent qu'elles en ont un depuis qu'elles sont toutes petites. A
Capetown on peut se baigner, la vie est facile et papa qui est roux a beaucoup d'argent. Un
photographe s'approche oui pourquoi pas. Ma tête au milieu des deux grandes
robes et la journaliste du Parisien dans notre groupe est choquée et me
demandera plus tard ce qui peut bien m'intéresser dans les filles de vingt ans.
Après avoir mangé avec un grand plaisir du crocodile et sans que cela en soit
la cause, j'achète un petit collier bleu pour A. , cadeau que je ne lui
donnerais pas.
Publié par arnaultglamorama à 00:00:48 dans Glamorama and more | Commentaires (0) | Permaliens